SS8 DE HAUBOIRG AUX MARC
lares. Mais la malernelle adiu veillait. Comme Bismarck s'i absorber, comme les fraternels de Dous banoir de notre patri( la loi de 1904 qui nous empêc nous un vaste terrain aux pori village?
< — Soit, dit la commissio struirez pas.
f Un père partage sa terre ei naturellement leur bâtir à chac sible. La commission de colon l'autorisation, à moins que le par écrit à ne revendre sa ten Si vous voulez élever une cahui défense ! Si vous voulez rép l'agrandir, des gens viennent, q cherchent à savoir si ce n'est j loger des Polonais.
< En deux ans, sur plusieurs d'autorisations de bâtir, la cou quatre.
€ Cette commission a une sti cboisit, par exemple, un petit Polonais, achète tous les terra crée autour comme un cercle allemands viennent s'y installt sins, des ateliers, de façon à atl boutiquiers polonais qui, ne augmenter en nombre, puisqu par les Allemands, sont forcés lieux.
( Un colonel allemand, luteu
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d'une terre considérable, veut la vendre, et loyalement s'adresse à la commission germanique qui lui en offre un prix dérisoire, de 600 à 700,000 marks. Gomme il ne veut pas ruiner ses pupilles, il ne vend pas. Sur ces entrefaites, le comité polonais lui offre 1 ,200,000 marks, c'est-à-dire le double. Il accepte et se voit aussitôt révoqué par l'Empereur.
« Le comte Kospot, directeur de l'Académie de Lignitz, est destitué pour un fait analogue.
« Et toujours, nous avons devant les yeux cet article 4 de la Constitution qui proclame l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Or les fonctionnaires de l'État prussien n'ont pas le droit de vendre leurs biens à d'autres citoyens prussiens parce que ceux-ci sont d'origine polonaise I N'y a-t-il pas là un arbitraire choquant, inacceptable pour des peuples libres ?
« On comprend encore que le gouvernement, ayant décidé de lutter contre l'élément polonais, n'appelle pas à ses hautes fonctions ou à des postes de faveur des Polonais même méritants, même exceptionnellement capables ; il considérera en effet que, se méfiant de leur loyalisme politique, il ne doit pas leur confier le sort des questions d'intérêt général prussien. Ceci admis, est-il soutenable qu'un gouvernement qui représente ou est censé représenter la nation tout entière, s'arroge le pouvoir de décréter qu'une partie de la population n'aura le droit de manger, par exemple, que si les fonctionnaires veulent bien l'y autoriser? Et s'ils refusaient cette autorisation, y aurait-il assez d'indignation dans le monde civilisé pour les rappeler à la pudeur? Or, le gouvernement en agit ainsi à l'heure qu'il est avec plusieurs millions de ses sujets prussiens. Car, si je n'ai pas d'abri où
reposer ma tète, je deviendrai malade et je;ia0urxsà^ et mes enfaots comme moi....
c J'ai Pair d'inventer uae parabole^ eontinafi
rhomme qui me parlait aissi, et je n^ rEconte qae
la vérité. Un ouvrier. mineur en.retraile, ayant écoa^fr-
mifté 3,000 marks, après, le labeur d& toule. sa vîe,
acheta un terrain et, muni de rauLorisation. nôee»?
saira, se mit à bâlir une maison pour y ÛBir.SQ& jo^rs
avec ses enfants. Mai^, ^prèsuii nouvel exameiL, im&BCf
tionnaire prussien.reeonnut que la-maiseda étaiisituée
dans une zone de colonisation: ou les Allemands sefttls
pouvaient bâtir. Et il dut)ce&ser. d'habiter sa mâiseai^ Il
alla. avec sa famille dans une grange: voisine, y^ mit
un poêle. La grange devenait 'habitaii4>n; On Peniexr
puisa. Alorfij il creusa dans la terre un trou. L'adsoir
nistration voulul. Ten expulser encore.
a — C'est Ia«loi> lui disaitron*
c Lui, devenu. furieuKdeivant. la buneaucratie:inir
placable qui s'aoharnait à le torinFer, tua Le gea^
darme qui venait rexpula^. Puisil se tuarà.s^itouc.
« Vous av6& du mal kme cmke, n'esfrieepâS:? dit
mon. intei^beuteur, en voyant moUi air incradtikh.
C'est pourtant de Tbistoine' prussienne modeifae. El;
si vous le voulez, nous: v^ius conduirans devaakt use
maison, près::d'ici, qui tombe en. ruiaeu Vous creârez
peut-être vos yeux*.. ».
Un après-midi, en eiïeî, deux des ckiek du.pacti polcKoais m'emmenèrent ren . voiture aux envinoiks de la ville — dans une sorte de faubôtargior^ra wmtwfii La voituner s'arrêta devant une- maison ioaebefvéeiqm se dressait, seule, à une cinquantaine de mè^ea des autres babitatiotts.
— Elle- eat ainsi depuis trois ans, me dit-on^ lie
■g^.'frii ■» ,1 >î
LA QJUËSTiGN P(MiONAI£(Ë^ 391
propriétaire;,, ua^ bxaAra Polonais^ petU hûuUqiiier retké, a^sait. mis làrd^dans uoôr dizaine, de: Buille mark&,.toule^a<fojrtjaii6i Quand Ja bâtisse futi presque achevée, la police arriva et lui interdit de continiien, âojofi.p^étexte qu'/elle.s'éleyaii en delâors des: limites permises.
— E&tnce possible? fisrja, nepôuvani^croireià celte hisloire;. n!y arit-il paS)quek]|i6 chose que vcms me cachez,, une: .raison^. fûl-elle:st«rpide ?.
— AuGEne, me néiKuidn-enii ensâsx^ble les deus chefs^ On a démontj?4qiierr>immâubIô. n'aurait paâ>dû èlre..élevé à cet endroit,. qu!il y avaix. eu: un malenr* tendu^ que^Bisrjie !
€ QaaditiLc^ihomme. :
« — Mo^tËez, que. vous êtes, un bon^ citoyen aUa^ mand, ei vous'pousr^ee comtindief à bâtir. vot]?e.maiaâfii
^ — Qvi6l puis-je^iains? gedgnailril: Je suisctrop vieux paur.i4)^prendr<e raliLemand....
€ — Eh bien> je vais vous dine^ continuaile.tentar teuceynique. Changez. dû nom^ prenez.un nom. aller*mandi appelezTVOiu& MûUar., ouSchmidi^ ouauicemeiii:, vou£>aurez fait pneuve de bonoose voIoaLéj^ûelaiSulTinai
« L'h^xmme n!at pafirConsentL
€ La.permissionc de; maître unô. toiture lui; fut même re&ksée^.et, \(aus voyez, .aujourd'hui le mai^^ lier s'effrita,, le&i bmque& commencent ai tomber. La vente publique^ est,, je; croie, aQiu>noée;.Uji ÂiUemaBd rachètera. peutrâtre; pour une: misèdre,, et il pourrn l'habiter».
— Et voua êtesr^ûrsi qitô: lîautûârisaitiôni avait été donnéoeAde bâtir ?
— Absohirmenl 94rs^ Le& bureaucrates- l'ont, re^ prise,, V4)ilà tout; NouS: pourrions voas: citer oin-
ne se proposait que d'infliger aux parents une simple amende, le gouvernement, ayant eu vent de l'incident, ordonna un grand procès pour violation de domicile. Tous les parents furent condamnés à deux, trois et cinq ans de prison. On distribua même de la prison à ceux qui assistèrent à l'émeute sans intervenir. L'indignation fut générale en Pologne. Des souscriptions furent lancées au profit des victimes de Wreschen, et l'on recueillit plus de 100,000 marks en quelques jours. L'argent fut réparti entre les enfants des condamnés dont quelques-uns s'enfuirent en Galicie. M, de Koscieîski, chef du parti polonais, Tiniliateur de la souscription, fut poursuivi à son tour, sous prétexte qu'il facilita l'évasion de malheureuses femmes. C'était vrai, mais on ne possédait même pas un commencement de preuve, et il fut impossible de le condamner, malgré toute la bonne volonté des juges.
« Tout se tient dans les persécutions. Dès que vous commencez, vous ne pouvez plus savoir où vous allez : vous voulez forcer des enfants de huit ans à prier dans une langue étrangère, et vous voilà entraînés à emprisonner des parents, à poursuivre des députés. Vous en arrivez même à des sottises et à des injustices plus grandes.
« Ainsi, on n'instruit les sourds-muets qu'en allemand, de sorte que les petits sourds-muets polonais ne peuvent communiquer avec leurs parents qui, eux, ne parlent point l'allemand.
« Un instituteur allemand qui a épousé une Polonaise n'a pas le droit de parler polonais, même chez lui. Si on l'y surprend, il est destitué.
€ Les élèves d'un gymnase de Gnesen se réunis-
3di DE HAMDOJURG AUX MAACttfiS D£ POLOGNE
saient, dans leacfi heures de loisin, pour, apprefibdre la liitérature et rhUloire poloaa^&es : on les chassa du gymnase.
« Des étudiants avaient formé une société ^\À donnaitdes ccnférenœs m. polonais ei dans laquelk oa chantait des chansons pak)nai«e& La poliee la découvrit, put établir quîelle avait .des relatioïKiaYtt d'autres sociétés similaires de Berlin, .de. lilaai€diy.elfi:, et leurs membjies fureail emprisonnés oomme/cottpables de vouloir attenter àla^sûreté de TÉtatl.
( Dans les écoles et peoasionnatst privés, teiuijS:par des Polonais, il est mierdit d'enseigner; le. polosaisi Il faut, donc, puisque les. pareaits^ne parieiLtt^^.le polonais, que les.âèfveâ prennent' deux leo^xis dîffér rentes : l'une en allemand, .rauire dans Laianguerds leurs parents^, l'une, en.classe, l'autre enndehi)rs5dès classes.
« Cela même n'est pas commode, car ici dénoua veau intervient la police.
« Ainsi,. il plaît.à une femme du inonde detdonofir des leçpns gratuites de polonais aidées enfants du peuple, c'esl'àTdire de. leur apprendRe à. lire : elle n'en a. pas le droit. L'.uned'ielLes aidait de: la priaoB pour avoir enfreint cette interdiction i
« En généra], ce sont les coups cpi constituent encore l'arme en usage, pour essayer de: mater les petites volontés. Oa. bat; les gargc^ns: et les filles jusqa'âu..sang,.quelque£oiS;mêsne.jusqu'à la mort^&if les plaintes des pareaits, onfail l'autopsie des cadavres, et. les experts allemands^ naturellement, trouvent
'LA QUESTFON POLONAISE 395
toujouFS que 'la* mort edt due à quelque maladie. Mais les estropiés sont nombreux. Ce qui révolte davautage les enfants et lespareuts, c*est le moyen employé par les mafltres 'pour ^battre hs victimes à leur aise lils :obligerit leurs petits camarades à les maintenir allongés sur la table, pendant qu'ils firappent'à tour debras. Les parents où t vainement pétitionné^ contre cette horrible com]^licifé imposée par'ie'génie'persécuteur des Prussiens.
« ïï y eut souvent (tes procès, vous le pensez bien. Les enfants revenaient les mains bleuies de coups, gonflées, tuméfiées. ^L'avocat établissait que les petits ne pouTOÎent'plus.rien tenir dans leurs mains après ces* exécutions. Et les tribunaux décidaient que, les punitions corporelles étant autorisées en Prusse xians tes écoles, Fin'Stituteur'n'*ayaït pas outrepassé son droit.
« 'Si la Ptusse" maternelle se contente, en général, d- user des' coups pour conquérir raraour de ses* sujets polonais, il arrive que, pour faire un exemple, elle va plus loin. Je vais vous raconter l'histoire d'un petit garçon du nom de Biskoupski.
« Il avait, comme tous ses camarades, refusé de répondre en allemand à la leçon de religion. Le maître lui dit : « Biskoupski, vous allez être rossé. — Ros- « sez-moil » dit-il simplement. Il fut rossé, et terriblement, mais il ne se plaignit pas, et continua à sourire. Le maître exaspéré fit venir le père, qui lui dit : « C'est moi qui lui ai ordonné de ne pas répondre « en allemand. Nous sommes des Polonais, notre Dieu « est Polonais, et je suis sûr qu'il ne comprend pas « l'allemand. Mon fils doit donc le prier, comme moi, « en polonais. » Quelques jours se passèrent, et un
M!?jfi"'" O* •' '»""' f »"- ^ ."i. ~~ ^- . - .- • ^ -—ST'V -»—t7|l' —-—-»■> -ï ->.^-
(SUITE
Vexations diverses. — Ingéniosité. — Appelez-vous Neumann 1 — - Pas de ramoneurs polonais. — Le bureau de poste introuvable. — Les Sokols. — Comment on comprend la liberté du vote en Pologne. — Le haut clergé germanisé. — Le pape refuse la lutté. — 11 dit : c Nous sommes bien plus à plaindre en France >. — Un mariage difficile.
11 n'y a pas que les enfants et les paysans qui aient à souffrir de l'administration prussienne. Écoutez encore ces doléances :
— Il faut connaître, disent les Polonais, les vexations au milieu desquelles nous devons vivre tous les jours et dans toutes les circonstances de la vie.
« Vous représentez-vous, par exemple, des Polonais de quarante ou cinquante ans ne sachant pas un mot d'allemand, et ne pouvant s'adresser pour les affaires officielles qu'à des Allemands qui ne disent pas un mot de polonais ?
« Les lettres écrites en polonais subissent des retards considérables, parce que les employés de la poste ne parlent et ne lisent que l'allemand. Il y a bien un bureau de traduction à la poste de Posen
pour la lecture des adresses, mais la correspondance s'y accumule.
( Qu'une troupe théâtrale polonaise demande à donner des représentations : on refuse.
c Les médecins polonais sont mis à l'index par le gouvernement lui-même : aucune fonction officielle ne leur est confiée, ni dans les chemins de fer, ni ailleurs. Jamais un fonctionnaire n'ira se faire soigner par un docteur polonais. Mieux que celai Qu'un médecin polonais aille s'installer dans une petite ville ou un bourg qui grandit et n'a pas de médecin, aussitôt le gouvernement appelle un médecin allemand el rinstalle en face de l'autre. Et, comme il lui faudra du temps pour lutter, même s'il donne ses consultations à moitié prix, le gouvernement lui alloue plusieurs milliers de marks afin de l'aider à chasser le Polonais.
« Il n'y a d'ailleurs pas de fonctionnaires polonais, ou si peu, que ce n'est pas la peine d'en parler : quelques facteurs, quelques gardiens de nuit, quelques subalternes, des ouvriers des usines de l'État, c'est tout. Et encore faut-il qu'ils changent de nom I Ainsi, un brave homme qui se sera toujours appelé Nowakoswsky (qui veut dire Nouveau) devra consentir à s'appeler Neumann, qui signifie nouvel homme, ou bien il perdra sa place.
« A vrai dire, il n'existe donc pas de carrière ouverte aux jeunes gens polonais, sauf celle de médecin ou d'avocat.
<L Les avocats ne peuvent devenir notaires. C'est l'Etat qui les nomme. Depuis dix ans, pas un seul Polonais n'a pu obtenir une charge. Pas de juges polonais, naturellement.
€ C'est aussi l'Etat qui désigne les ramoneurs de districts : il n'y a plus de ramoneurs polonais !
« Il est interdit aux employés, aux officiers, de demeurer dans des maisons appartenant à des Polonais ; ils déménagent aussitôt qu'un Polonais devient propriétaire d'un immeuble qu'ils habitaient.
€ Dans les gares, défense aux marchands de vendre des journaux polonais.
« Certains employée des chemins de fer — pas beaucoup — sont Polonais. S'ils ont le. malheur de dire un mot dans leur langue, en parlant entre eux, ils sont chassés impitoyablement.
« Le gouvernement veut à toute force germaniser les noms polonais. Des parents, à l'état civil, déclarent leur enfant sous le nom de Wojciech, par exemple, qui est celui du père; les employés traduisent : Adalbertl On sait que les noms féminins slaves se déclinent en a : M. Landowski, Mme Landowska; ainsi le veut le génie de la langue. Eh bien! ces messieurs entendent réformer la langue slave, ils ne veulent plus écrire : Mme Landowska. c Gela ne se fait pas en allemand », disent-ils. Et les tribunaux donnent raison aux employés.
( Les noms polonais des villages disparaissent pour faire place à des Wissembourg, à des Wœrth, à des Sedan!... Quand un voleur a volé un mouchoir, son premier soin est de le démarquer. On démarque la Pologne. Et vous n'avez pas idée des vexations qui sont la conséquence de ce changement. Un mari veut envoyer de Kissingen une dépêche à sa femme qui est à Tamovo. Or, depuis trois semaines, Tarnovo s'est transformé en Schlehen; l'expéditeur écrit donc Schlehen. Mais le changement ne figure pas encore
100 DE HAMDOURG U'X MAR(
sur les index, et l'employé de poche pour Schlehen. Le P« écrit une nouvelle dépêche av Le bureau de Tarnovo ne l'acci importante et pressée, n'arrivi
i Les trois lettres sie se pi nais. Les bureaucrates chang tioDS aze en sch. La mère d'un lui envoie des saucisses à s»
pas distribuées.
I Tous les jours, des traça:
sont infligées par l'insupporl mande.
c Maisqnelquefoislesburea eux-mâmes par leur sottise. Il un village nommé Swinary, des cochons. Ils l'ont appelé :
pensez si l'on fait des « calera
c Les journalistes polonai dimanche dans une auberge d quilles pour se disiraire. On 1
f Si un restaurant loue sa !
naises, on lui cherchera mille à fermer son établissement i exemple, ce qui le ruinera. El
< ]l existe dans tous les pa Sokols (Sokol veut dire : fai gymnastique, de tir, etc. L d'Autriche une quarantaine, exercices, se réunirent à Nov d'un riche Polonais de Tendre qui avait invité tout le voisina] l'interdit.
« — Comment! protesta l'hôte. Je n'ai pas le droit d'inviter chez moi qui bon me semble?
< — Non, répondit la police, quand il s'agit de la sûreté de l'État.
« — Soit, nous nous plaindrons à qui de droit de cet abus de pouvoir.
« Et M. de Miemoje.wsky invita les Sokols à boire un verre de bière dans sa maison. Ils étaient tous en train de vider tranquillement leurs verres, quand le commissaire de police, accompagné de huit agents, ayant forcé la porte cochère, s'introduisit chez l'hôte, les jeta dehors, tous, y compris un député qui se trouvait là aussi et qui eut beau arguer de sa qualité, et — incroyable gageure! — le propriétaire luimême!
€ Que dites-vous de cela?
« Au moment des élections, il faut voir ce qui se passe ici. Si par hasard un employé de l'Etat, un instituteur, ne vote pas pour le candidat allemand, on le révoque. Vous savez que, pour les municipalités et pour le Landtag, le scrutin est public et oral, chaque électeur devant dire tout haut le nom de son candidat. Le contrôle est donc facile. Pour le Reichstag, où le scrutin est secret, les chefs envoient à leurs employés des bulletins de vote marqués de coups d'épingle ou d'autres signes cachés. Si, après les scrutins, ces bulletins ne se retrouvent pas, les coupables sont révoqués.
« Quand l'Assistance se charge du placement d'un
orphelin, s'il est protestant, on l'envoie toujours dans une famille protestante, et vous croyez logique et équitable que, s'il est catholique, on le confie à une famille catholique? Pas du tout. Les fonctionnaires prussiens mettent les orphelins catholiques entre les mains des protestants.
< Un enfant allemand meurt dans un village. Le pasteur arrive chez les parents. Vous pensez que c'est pour les consoler? Non, c'est pour leur dire que s'ils commandent le cercueil du petit chez un menuisier polonais, il n'enterrera pas religieusement le petit cadavre. Je puis vous dire le nom du village el celui des parents.
« Lorsque des Polonais russes ou galiciens passent à Posen, pour rendre visite à leurs amis ou à leurs parents, point de tracasseries qu'on ne leur fasse. La fille d'un Polonais de Posen, mariée en Russie, vient faire ses couches chez sa mère. Il lui faut une permission en règle. Et l'homme de la police vient lui demander mille renseignements inutiles, sur son passé, son avenir, oui, ses projets, le nom de son médecin, etc., etc. Le prince ^Antoine Radziwill, d'une vieille famille polonaise, mais ralliée depuis longtemps à l'Empire, favori d'ailleurs de Guillaume I" et son aide de camp, meurt l'an dernier. Une princesse Radziwill, se rendant de Russie à Berlin pour assister aux obsèques de son oncle, tombe malade en route et s'arrête à Posen. La police fait une descente chez elle! Et, pendant ce temps, l'Empereur, en tête du cortège, assiste à l'enterrement de l'oncle.
« On expulsé en masse tous les Polonais russes et galiciens. Il y a vingt ans, 40,000 expulsions eurent lieu.
— Mais, fis-je, pour changer de conversation, vous avez le clergé avec vous?
— On croit cela! C'est vrai pour une partie du clergé des campagnes, curés catholiques et polonais, patriotes et antiprotestants, qui répondent à la guerre du gouvernement et des pasteurs par une énergique résistance. Mais notre archevêque, Mgr de Stablewski (mort depuis), malade, vieilli, mal entouré d'ambitieux, ne nous soutenait pas. Au contraire I II défendait à ses curés, par une circulaire, de faire partie des sociétés polonaises. Nous nous plaignîmes à Rome. Le pape écrivit à l'archevêque pour approuver sa conduite. Cependant tous les patriotes polonais le blâmèrent. Le gouvernement de la province obtint de lui 30 p. 100 des cures pour ses créatures, et le véritable archevêque, c'est M, de Waldow, gouverneur. Au séminaire, des élèves se font ses espions et le tiennent au courant des sentiments des futurs prêtres. Déjà on commence à ne plus nommer que ceux soumis au gouvernement. On les récompense en les plaçant aux cures les plus payées; il en est de 10,000, de 20,000, de 30,000 marks. Celle de Saint- Martin, de Posen, rapporte 40,000 marks. Vous pensez qu'on a l'œil sur celles-là ! Et le gouvernement obtient qu'on y appelle ses créatures.
< Chaque fois que l'on se plaint à Rome, le pape répond qu'on ne peut rien faire contre le gouvernement, que, d'ailleurs, les populations catholiques allemandes sont bien mieux traitées que les populations catholiques en France, etc., etc. D'une manière
iOi DE HAMBOURG AUX MARCHES DE POLOGNE
rrénérale, le haut clergé est contre nous, il voudrait ous soumettre complètement à la Prusse. C'est ce ni se passe aussi en Alsace-Lorraine, d'ailleurs. Les rélats sont du côté du manche, toujours, quand le lanche est solide et énergique. L'histoire du député olonais silésien Korfauiy est topique. Korfanty avait crit des articles contre le clergé silésien, qui abuse e son pouvoir dans des buts politiques, en faveur de ï Prusse. Il voulut se marier. El comme il est bon atholique et Polonais, il se rendit à l'église. Le curé efusa de lui donner le sacrement. Le député porta lainte devant le fameux cardinal Kopp, archevêque tlemand de Breslau, qui approuva son curé. Korfanty Ha prendre domicile à Cracovie, dans la Pologne utrichienne, et, après six semaines, s'y fit marier pai m curé polonais. Alors Kopp se plaignit au nonce du ape à Munich, qui lui déclara ne pouvoir discuter îs actes de l'évêque de Cracovie. Kopp se tourna vers lome, et demanda un blâme contre son collègue, l'obtint-il? On ne l'a jamais su. »
Ainsi parlent les Polonais.
Mais que disent les Prussiens de ces accusations Qcroyablesî
(suite) LE CÔTÉ ALLEMAND
Ce que répondent les Allemands. — Psychologie du Polonais : brouillon, batailleur, et sale... mais travailleur, intelligent et vif. — L'éveil d'un nationalisme universel. — Boycottage des Allemands par les Polonais. — Les Allemands persécutés quittent le pays. — Envahissement de Slaves pullulants. — Le Gouvernement prussien organise la lutte. — La Commission de colonisation. — Les aristocrates polonais vendaient d'abord leurs terres avec enthousiasme. — A présent, ils crient à la persécution. — Les Banques polonaises. — Épisodes de la lutte. — Parlez l'allemand 1 — Lois d'exception. — Tous les peuples en ont fait. — Mauvaise foi polonaise. — Insurrection scolaire. — Pas de concession. — Faculté d'absorption de la race polonaise. — Trop grande plasticité des populations germaniques. — Danger pour la Prusse.
— Si VOUS voulez comprendre quelque chose à la question polonaise telle qu'elle se présente aujourd'hui, me dit un des plus hauts fonctionnaires de la province de Posen — qu'il m'est interdit de nommer^ — il faut absolument penser à l'histoire de la Pologne, car elle résume toute la psychologie des Polonais, peuple brouillon, querelleur, inconséquent et léger»^
assez prompt et dont le paysan est is su se gouverner. Sa vie nalio- ; civile perpétuelle. 11 avait une t paix, l'efTort tranquille et patient, 1 voir un jour cesser l'anarchie inveota un moyen sublime lui s le chaos, l'incohérence et la dis- ^nstitutionnelle unique au monde
des voix pour l'élection du moufïisaiL d'un seul dissident pour
durer le gâchis. Les Polonais lilles pour l'éLernité, ils se cha- \ la mort de la Pologne, et son s le tohubohu.
le, grâce à l'ordre prussien, il ne émeutes, de batailles, de conspi- :tis, il faut pourtant que se maniace, génie désorganisateur, intri- Ëchi et confus.
voyez en ce moment s'agiter dans Dsen et dans la Prusse orientale,
'ourtanl, dites-moi si, dans ces ;vendications, il lie faut pas voir la race, ce nationalisme qui n'est ogne, mais qu'on voit partout se évue contre les idées de fraternité ernationalisme ?
I répondit sans hésiter le haut : sentiment est trop légitime poar n offusquât s'il se manifestait à de patriotisme polonais. Je vous Ulemagne serait choquée de voir
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les enfants et les hommes de là province de Posen parler polonais, lire la littérature polonaise, chanter, danser en polonais, sien même temps ils consentaient à parler enfin l'allemand — puisqu'en définitive ils sont des citoyens d'Allemagne. D'un autre côté, imagine-t-on le gouvernement prussien assez sot, assez dénué de sens politique pour entraver la petite propriété rurale qu'il encourage par ailleurs, si, tardivement, il ne s'était enfin aperçu du boycottage exercé par les sujets polonais contre les sujets prussiens.
— Boycottage?
— Mais oui ! Depuis trente ans et plus, si un Allemand va s'installer dans l'Est, les Polonais, qui détiennent la majorité en beaucoup d'endroits, le boycottent, s'entendent pour l'isoler, l'affamer, le ruiner, lui rendre la vie si dure que finalement il est bien forcé de s'en aller. De sorte que, peu à peu, en effet, les villes et les villages devenaient purement polonais et que les Allemands.se voyaient traités comme des étrangers, que dis-je, comme des ennemis. Admettezvous que la Prusse pouvait tolérer cela ? Admettez-vous que, au moment où la France annexa JSice et la Savoie ou, dans l'ancienne monarchie, une province quelconque, les Français conquérants eussent pu être chassés par des moyens détournés de la province conquise ? Si vous êtes juste, vous ne. pouvez y consentir. Or, je le répète, voilà ce qui se passait exactement dans laprovince de Posen. Déplus, l'immigration polonaise russe et autrichienne augmentait chaque année : c'était la Prusse décidément colonisée par les Slaves. Et quels Slaves ! Des paysans ignorants et sales, rétrogrades, et des juifs sans scrupules. Si encore tout ce monde avait consenti, en entrant dans
la communauté allemande, — je ne disîpas à l'accepter — mais à ne pas la combattre... On a donc expulsé, en elîet, des milliers d'étrangers qui n'avaient pas d'intérêt fixe dans ce pays. Nous avons assez déjà de nos Polonais sans prendre encore les Polonais des autres 1
— Jevoudrais,dis-jeàmonéminent interlocuteur, vous soumettre les griefs des Polonais qui se résnment en deux principaux : la Commission de colonisation créée pour favoriser l'accession des Allemands dans les provinces orientales de la Prusse, et les mesures prises pour obliger vos sujets polonais à parler la langue allemande.
— Voulez-vous, me répondit-il, que nous examinions successivement ces deux griefs? Nous aborderons ensuite les anecdotes qui illustrent l'opposition.
— Ce sera parfait ainsi, fls-je.
— A vos ordres, ajouta poliment le fonctioonaïre . prussien.
< La question de la terre, d'abord.
( L'idée de coloniser la Posnanie et les autres provinces orientales de la Prusse n'est pas nouvelle. Les opposants d'aujourd'hui crient à la persécution parce qu'on essaye de fertiliser par le travail des terres ■ qu'ils laissèrent en friche de toute éternité. Mais déjà du temps de la domination polonaise, les ducs de Pologne avaient expressément cédé à l'Église catholique de Pologne le droit d'établir des colons allemands en Posnanie. Et bientôt des villages, puis \ des villes allemandes s'érigèrent sous la domination des princes et des évoques polonais. Gnesen et Posen, :
qui datent de la première moitié du treizième siècle, sont de celles-là.
€ Les Polonais d'aujourd'hui vous disent couramment que les provinces baltiques furent civilisées par l'influence polonaise, et ils les revendiquent. En vérité, ce fut rOrdre teutonique qui répandit la culture allemande chez les Slaves barbares.
€ Voilà pour les origines.
€ De nos jours, c'est encore à l'Allemagne, à ces Teutons maudits, que les Polonais doivent ce qu'ils sont. Avant la domination prussienne — et même, malgré nos efforts, longtemps après, — toute la Pologne, à l'exception des nobles, n'était qu'un ramassis de misérables brutes croupissant sans instruction, sans culture, sans rien. Grâce à la Prusse — et ceci ne peut être contesté, car c*est un fait archi* connu, — grâce à ce caporalisme si méprisé, chaque citoyen apprit à lire, à écrire, à compter, à se laver, à voter, à travailler, et bientôt un tiers-état polonais naquit, composé de paysans, de petits boutiquiers, d'artisans, de bourgeois, de médecins, d'avocats^ puis de marchands et de fabricants. Et c'est ce tiersétat qui nous doit tout, qui n'eût pas existé sans nous (et ceci je le répète avec force), c'est ce tiers-état qui s'est mis en tête ce rêve fumeux de la reconstitution de la Pologne, patrie incohérente et d'ailleurs chimérique qui serait incapable de vivre en liberté six mois. Mais le génie delà race parle ! Aucun jugement dans ces cervelles brouillonnes, aucun bon sens, aucune raison droite. Voyez-les en Russie, en 1834, en 4863, essayer leurs révolutions enfantines... Je n'insiste pas.
« Devant l'échec des émeutes romantiques de leurs
ilO DE HAHItOURG AUX Mahlhës un puluukk
hefs essayèrent ici des moyens r les Allemands de leurs terres puis dea siècles. lia y arrivaient comb>.lif et de passion chauvine, l'ai dit, nos provinces orientales Uemands; les Germains doux et aient rien à ces mœurs déraisonigués d'une lutte stérile et sans t la place, aux applaudissements
1, comment s'y prenaient-ils?
alors comme ils agissent aujourle autour de l'Allemand, boycots produits agricoles, lui refusant soin, ne le fréquent ime un pestiféré. 0 it un certain temps.
Et comme elles se :e, l'heure approch en prussien d'habiti
gouvernement se mt des lois ayant { rotéger et de facili cette région, sent : € On a fait d > vrai. On a fait des allemande et permi
un coin de Prusse it d'égalité avec d'ai t. Oui, les persécul mais abusèrent tel 'il est devenu un p< I de l'employer coni
n'y a qu'un persécuté au monde, le fait ne se discute plus, et c'est le Polonais.
— Et en quoi consistaient ces lois de défense allemande ?
— Elles datent de 1886, 1887, 1888, 1890 et 1898, et décidaient la création d'une Caisse nationale de colonisation en même temps que d'une Commission chargée d'acheter systématiquement des terres dans les provinces de Posnanie, de Prusse orientale et de Prusse occidentale, et d'y établir exclusivement des paysans allemands. Le prix des terres monta aussitôt. Et notez ceci, qui est bien topique, quand vous entendez ces farceurs se plaindre aujourd'hui des lois d'exception faites contre eux, notez que les aristocrates polonais se précipitèrent eux-mêmes alors au siège de la Commission de colonisation et lui offrirent avec empressement leurs propriétés ! Puis, bien munis de l'argent prussien, ils partirent joyeusement pour Paris, où ils ne pensèrent pas, je vous l'assure, à protester contre les lois qui les enrichissaient.
« Ce ne fut que plus tard, lorsque la classe moyenne, ce tiers-état radical, se leva et commença à s'agiter, que les nobles se virent forcés, au risque de perdre toute influence, de suivre le mouvement antiprussien, car on traitait de traîtres tous ceux qui s'étaient rapprochés du gouvernement, du Hofpartei. Au fond, Taristocratie déteste ces meneurs radicaux qui la mènent à la baguette et dont les opinions beaucoup trop avancées pour elle l'effraient et la rebutent. Elle suit, pour faire croire qu'elle commande encore. Ce sont simplement des jouisseurs égoïstes et ambitieux que les radicaux conservent à leur tête en raison de leur fortune mais que Ton fait marcher.
412 DE HAMBOURG AUX Hj
f En réponse à la Caisse nationale de colonisalion, les Polonais fondèrent des banques puissantes dont le rôle fut d'acheter des terres allemandes et d'y établir des paysans polonais. Tout le monde s'en mêla : la presse polonaise, le clergé et les agitateurs populaires, et ces banques où afïluaient les petits capitaux eurent un grand succès, tellement grand qu'il paralysa partiellement l'activité de la Commission.
c 11 fallut se défendre. Une nouvelle loi fut votée par les deux Chambres prussiennes dans le but d'empêcher les Polonais de s'établir sur les terres nouvelleîs. Pour cela il suffit d'interdire la consuvelles maisons sans l'autorisation delà Commission. C'était, en même temps, une mesure politique très sage. Les malheureux paysans polonais s'en allaient travailler un an ou deux ou trois dans les mines de Westphalie, puis, lorsqu'ils avaient pu économiser quelques sous, on les rappelait en les installant sur des bouts de terre insuffisants à les faire vivre. Un nouveau prolétariat dangereux pour la paix sociale s'est créé ainsi dans ces provinces.
fl La nouvelle loi fit éclater une tempête de colère dans le camp polonais. Pour se défendre, il fonda l'alliance du Straz (la Garde), chargée de déprécier les institutions de l'État et de dénoncer publiquement les Polonais qui vendaient leurs terres. On déc traîtres à la patrie, pécheurs devant Dieu, dei l'Église, devant la nation polonaise, les malheur qui émigraient. Un livre noir fut publié avec le r des apostats. L'agitation contre l'État prussien, fonctionnaires et les Allemands devint effrayai Dne presse démagogTie excitait la foule contre tou qui était allemand, des réunions s'organisaient, i
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le pays eut Tair de conspirer. Sur ces entrefaites, un incident malheureux se produisit à Pschow, près de Rybnik, dans la Silésie supérieure. Un Polonais avait acquis un bout de terrain d'une banque polonaise de colonisation. Aux termes de la loi du 10 août 1904, la permission lui fut refusée d'y bâtir une maison. Il la bâtit quand même. Un gendarme, qui accompagnait un maçon chargé de démolir le poêle de la maison, fut fusillé par le malheureux exaspéré, que les agitateurs avaient poussé à bout. Puis il eut peur de la justice, et se tua lui-même.
c On exploita contre nous ce fait déplorable dont sont responsables surtout les forcenés qui excitent le peuple à s'insurger contre les lois.
— De sorte qu'il est bien vrai, fis-je, qu'un Polonais achetant une terre n'a pas le droit d'y bâtir?
— Il n'en a pas le droit en dehors de l'enceinte d'une ville ou d'un village, non, sans l'autorisation légale.
— ... Que vous ne donnez jamais...
— Que nous ne donnons que très rarement aux Polonais, parfaitement.
— C'est un peu fort tout de même, fis-je. Et ils ont raison de se dire hors la loi.
— Ils ne sont pas hors la loi, puisque c'est la loi qui a créé cette interdiction, mais ils sont, en effets hors la loi commune. Pour vous étonner de cela, il faut que vous oubliiez que nous ne sommes pas en état de paix avec les Polonais, qu'ils nous ont déclaré la guerre, qu'ils la mènent très durement contre nous, contre le gouvernement, contre le Roi, contre tout ce qui est allemand. A un état exceptionnel, il fallait des lois exceptionnelles. Tous vos citoyens, en France, sont à la longue devenus Français, vous n'avez pas besoin de
de la langue. Pourquoi la Prusse ne veut-elle pas laisser parler leur langue à ces Slaves passionnés? N'entame-t-elle pas là une lutte impossible? Mon interlocuteur me dît :
— Jamais l'État prussien n'a voulu empêcher les Polonais de parler leur langue. Mais il trouve utile et bon qu'ils parlent aussi Tallemand, N'est-ce pas naturel? N'obligez-vous pas vos Bretons à parler le français à l'école ? Or, vous rencontrez ici une multitude d'hommes de quarante et cinquante ans qui ne parlent pas un mot d'allemand. Et voilà plus d'un siècle que la Pologne est prussienne. Vous devez voir dans ce fait la preuve indubitable de notre longanimité, tout le contraire de la brutalité dont nous accusent les Polonais.
— Ce que vous reprochent surtout les Polonais, c'est l'interdiction de donner des leçons de religion dans leur langue. Ils prétendent, et me paraissent avoir raison en cela, que les enfants arrivant à l'école et qui, par conséquent, ne parlent pas encore l'allemand, ne peuvent recevoir d'instruction religieuse efficace, ce qui, disent les curés, est déplorable pour leur moralité.
— Encore une fois, mensonges, monsieur, mensonges, toujours ! Dans toutes les petites classes primaires, dans toutes les classes préparatoires des gymnases, les enfants reçoivent l'instruction religieuse en polonais. Ce n'est que dès qu'ils sont assez avancés en allemand pour comprendre tout ce qu'on leur dit, que l'instruction religieuse est continuée en allemand. Le maître le décide quand le moment est venu. C'est une question de fait et d'espèce.
€ On vous a présenté l'insurrection scolaire
il6 DE HAMBOURG AUX m
actuelle comme une coo mesures anlipolonaises di erreur I
( Il est vrai que l'obligati en allemand dans les classes des écoles primaires s'est gé années. Mais celle mesure plus stricte de règlements q époque, le premier présider ordonna que l'enseignemeii les écoles en langue allems l'enseignement religieux, o; en langue allemande dès qu une connaissance suffisante
c Ces prescriptions légal dant trente-trois ans, et c'e d'années d'efforts pour fai allemande, qu'on nous den emploi dans l'enseignemenl
< L'opposition des élèves polonais a une double origine que nous connaissons fort bien :
f La première, c'est, je tous l'ai dit, l'application plus stricte des règlements de 1873. Jusqu'en 1894 on toléra l'enseignement religieux polonais dans les classes élémentaires et les classes moyennes. A partir de ce moment, l'usage de la langue polonaise ayant été supprimé dans toutes ces classes, l'enseiguenaent relieïeux oolonais ne fut nlus toléré aue nour les pet cro mo m6
nais. La preuve, c'est que la rébellion se manifeste aujourd'hui dans des écoles où l'enseignement reli* gieux fut donné durant des années en allemand sans la moindre opposition. La révolte se fomente au sein des familles et sous l'influence paternelle.
c La deuxième raison des troubles actuels, cherchez- 1 a dans l'influence qu'exercèrent sur la population polonaise les récents événements politiques de la Pologne russe. Vous savez que les Polonais, profitant de l'embarras du tsarisme absorbé par la répression de la révolution, défendirent à leurs enfants d'assister aux leçons données en russe dans les écoles. Le gouvernement du Tsar, si occupé par ailleurs, consentit à faire des concessions. Et depuis, les Polonais de Prusse nourrissent la vaine espérance d'en obtenir de semblables. Voilà pourquoi ils excitent leurs enfants à l'insurrection.
— Et pourquoi, en effet, ne pas faire une concession en ce qui concerne l'enseignement religieux?
— Ce serait là une grosse faute dont les consé-> quences pourraient être immenses. Car où s'arrêter dans la voiedes concessions? Unefoislavictoireobtenue sur le terrain de l'enseignement religieux, soyez sûr que les Polonais, en excitant toujours la résistance chez leurs enfants, exigeraient le rétablissement du polonais dans tous les ordres d'enseignement. Que deviendraient alors nos prescriptions fondamentales de 1873? Et surtout que deviendrait la colonisation germanique?
« La race polonaise est une race très absorbante dont il faut se méfier. Des familles bavaroises et catholiques venues de Bemberg en 1860 et assez riches déjà, sont à l'heure actuelle complètement poloni-
irs membres sont incapables aujourd'hui de
mot d'allemand. Et cela en moins de elnmsl Nous sommes convaincus qu'en deux plus de 300,000 Allemands furent ainsi i par la race polonaise. On voit, en effet, us, une multitude de HûUer, de Schulz, de ., etc.
in laissait parler le polonais dans les écoles,
ans ce serait l'allemand qui sérail oublié.
y a-t-il quelqu'un au monde qui puisse nous d'obliger ces Slaves ignorants et incapables i e une langue parlée par cent millions , es ci\ilisés, plus utile, par conséquent, que ilecte compris par quelques millions de pay- Ttant à peine de la barbarie? D'ailleurs, ne )a3 mieux savoir deux langues qu'une? Aussi, ant discuter cela devant les peuples civilisés, iventé le préteste de l'enseignement reïigieui ^itimer le soulëvemenl des enfants. Hais les
bonne foi ne se laissent pas prendre ossières... i
(SUITE