‹ En Allemagne; de Hambourg aux marches de PologneChapitre 38 sur 46 · K UE HAMBOURG AUX HA · texte numérisé non relu

K UE HAMBOURG AUX HA

d'jr «lier les jours de la semaiite. Probablement I«b petits cognacs servis par ana joiva le tentent î

H. l'eœplnjrè de l'adminiitratioa dei domaines de Lobasch et H. In..., de SlawBO, prenaeit leur houlangerie chez im juif. Noua n'avons qu'un seul boulanger, et on ne le &tt pas rivre 1 Un apprenti menuisier de Urbanowo a l'intention de contracter un mariage mixle. Les F... de Sitzkowo prennent part aui plaiiirsd'un Vereiu allemand, c'est pourquoi U ne leur reste pas de temps pour participer aux réjouissances polonaises. H. te menuisier n'est pas aTare, il dËpenae beaucoup dans ks taToroes, même dans les taTernea étrangères.

Vincent de Maciejowka, du quartier de la Boule-d'Or, commande des vêlements au c lièvre peureux > de Gnesen'. Ebl Vincent, corrige-loi I

La cousine du docteur Sw... fait des acbats chei un juif de la Breslauerstrasse, bien qu'elle ail à cOté une boaUqne psionaise.

H. Jean K... de Gurezyn a acheté un habit chez un étranger.

D'Obornick, les parents de Mlle Ezer nous font savoir qu'il n'est pas vrai qu'elle ait acheté des souliers chei ui étranger. Que le correspondant nous donne des éclaircissaments sur cette affaire pour que notre responsabilité soit misa en garde eonlre la calomnie.

Gœrchen. Quoique nous ayons ici dix grands magasins polonais e seulement deus jui^ (Q n'y a pas d'allemands), Mme Bor... le: évite et fait sci emplettes ehez un juif. Aine-tH>n t&Bt i Srœben l'odeur de l'ait?

t. Ce sont les Jults que les Polonais appellent des s lièvres peu-

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Miloslaw.

Mlle Pr... et d'autres flirtent le soir a?ec un c lièvre > ; est-ce la faute de M. le secrétaire ?

Mme F... achète, comme toujours, sa marchaudise chez un étranger.

Samter.

Mme la.... a vendu un morceau de terre à une personne d'une autre religion; elle en était propriétaire depuis plus de trente ans. Était-il donc impossible de s'adresser à une de nos banques en cas d'absolue nécessité et s'il s^agissait d'une somme importante, au lieu de se sauver grâce à l'argent d'un étranger ?

M. Vincent P... sait de belles chansons, mais pas de polonaises, et probablement il chante en allemand parce qu'il se trouve dans un restaurant allemand.

Brankau.

Le boucher firz... demande que ses compatriotes le soutiennent, mais lui-même ne s'abonne qu'à des journaux allemands et sa femme ne parle que l'allemand à tout le monde.

Bruch.

Quelques marchands se plaignent qu'ils sont trop peu sou^ tenus par leurs compatriotes, mais, peut-on les louer de ce qu'ils ne sont pas entrés dans nos Vereins comme le Yerein de Saint-Michel, le Verein de chant, le c Violette i Yerein, etc. ? Pourtant ils font partie du € Verein de la guerre » et du c Yerein de gymnastique >•

Mme B... a acheté pour 30 marks un châle de soie chez un étranger.

Buk.

Dimanche dernier, il y a eu bal à la salle de M. Kneeàtel. Des jeunes filles et jeunes gens de la ville y assistaient; il y avait beaucoup de monde et quelques personnes se promenaient avec des jnifs sur la route, la nuit. Quelques fermiers polonais des environs se sont grisés dans les tavernes juives

Ui DE HAMBOURG A

comme des bélei. On char

on cochon; il ne pouTait f

dans son ivresse, débtatér

m£me les protestants éikieot révoltés. A la fin il quitta la ta-

Terne i quatre paltes.

Un certain citoyen crie dans les réunions : c Souteuez les vAtresI i Mais lui-même achète sa mode chez l'étranger. A quoi bon tant de bruit î

Essen-siir-la-Dubr.

Nous aTODs ici beaucoup de célibataires polonais qui sont membres de Vereins polonais; ils ont l'iatention de se marier non avec des jeunes elles de leur raee, mais avec des étrangères... Ou bien ces messieurs se moquent de tout, ou il n'y a plus ici de Polonaises i marier? Hais il y a pourtant irôis jeunes Biles pour un célibataire. Peut-être ne chercfaenl*ils que la fortune étrangère? Une telle âpreté sera plus tard punie. Des remords perpétuels les tourmenteront, car qui renie sa nationalité et sa foi ne vaut pas une goutte d'eau.

Donc, revenez de cette erreur maintenant qu'il est encore temps.

Liberum veto.

— Je pourrais vous citer des milliers de faits pareils, continua mon interlocuteur. J'ajoute que ce patriotisme commercial ne va pas pour les Polonais jusqu'à refuser la clientèle des Allemands. Au contraire I Ils la recherchent et l'appellent par tous les moyens, y compris une politesse qui va jusqu'à la platitude. Et ceci, vous en conviendrez, retire un peu de brillant à ce boycottage unilalérat.

( Ne croyez donc pas tout ce que vous disent les Polonais sur l'intolérance des Allemands. Ils sont beaucoup plus intolérants que nous.

€ Vous en avez la preuve dans ce système de dénonciations qu'ils emploient les uns contre les autres.

Vous le verrez mieux encore peut-être dans leur conduite vis-à-vis de leurs coreligionnaires. Il n'y a pas que des Allemands protestants dans les provinces orientales, il y a aussi des catholiques allemands. Or, croiriez-vous qu'ils ne permettent pas à ces catholiques d'entrer dans leurs églises? Sur les quinze ou vingt églises catholiques existant à Posen, par exemple, une seule est ouverte au service en allemand. Et notez qu'il y a plusieurs milliers de catholiques non polonais dans cette ville de 140,000 habitants.

€ Le plus triste, je vous l'ai dit, c'est que les prêtres eux-mêmes encouragent ces mœurs déplorables I Yoici un fait tout nouveau.

« L'employé d'une société commerciale de Posen, M. A. Gœbel, doit se marier avec la fille d'un fonctionnaire de la poste. Le fiancé est protestant, la fiancée, catholique et Polonaise. Lui — comme tous les Allemands — appartient à une société chorale. Il demande au curé la permission pour ses camarades de venir chanter quelques hymnes en allemand à l'église, comme cela se passe partout. Le curé s'y oppose, n'autorisant que l'usage de la langue polonaise ou de la langue latine. De plus, il défend l'entrée de l'église à tous les membres protestants de ladite société. Il ne s'en tint pas là. Lorsque les fiancés arrivèrent, il refusa de laisser passer le cortège par le portail principal, voulant le forcer à entrer par une porte latérale. Les fiancés quittèrent l'église et allèrent tenter de se faire marier ailleurs. N'y ayant pas réussi, ils revinrent près du premier curé et le persuadèrent de leur ouvrir le portail central, moyennant trois marks de plus. Mais la cérémonie eut lieu sans cantique.

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€ Tous les jours il C'est TOUS qui nous di des Polonais ou dea i d'ailleurs, et ils en .naires, ne devons pa celle voie. Il nous fau sen Liment de notre de' querelles d'un jour, l'œuvre dont nous se

doit garder la Prusse u-uo .» «.•..™ —

voulons pas que vous croyiez que nous sommes des barbares, comme les Polonais le crient à l'univers. Car, tout compte fait, le Germain a plus de douceur et de raison que le Slave...

— Pourtant, ces récits de brutalités effroyabjes rapportés par les journaux, ces enfants roués de coups, mourant quelquefois des suites des violences exercées contre eux par des instituteurs allemands

— Mensongesl monsieur, mensonges! Entoutci exagérations et exceptions très rares. Vous saveï q dans toute la Prusse on a conservé le aystème é punitions corporelles dans les écoles pour maÎQlei

Ja discipline et l'obéissance, je veux parler des coups de baguette sur les mains et des taloches. Bon ou mauvais, beaucoup de pays l'emploient racore, et, il y a trente ans, on le trouvait partout en usage en France.

« Comment voulez-vous éviter que sur des centaines de mille instituteurs il n'y en ait pas un se"' — ■ "" laisse aller un jour à plus de brutalité? Im patience qu'il faut à un maître allemand is «n village polonais, en butte à mille vexati» pan des parents et de ses élèves mêmes. Il

quelquefois d'une mansuétude» d'une raison, d'une sérénité surhumaines ; la plupart du temps il se montre à la hauteur de sa tâche. Quelcpiefois l'un d'eux s'oublie peut-être jusqu'à frapper plus fort qu'il ne devrait, et c'est en effet très malheureux. Croyez bien que ces cas deviennent très rares, extrêmement rares et qu'ils se produisent beaucoup plus souvent dans les provinces allemandes que dans les provinces polonaises. Les Polonais s'en emparent, les exagèrent jusqu'à l'horreur et envoient à toute l'Europe des télégrammes qui sont des romans-feuilletons mensongers et ridicules auxquels on ne devrait jamais croire.

— ^ Et ces histoires de persécution de Sokols, qu'en est-il exactement? Vous les croyez donc dangereux?

— Pas du tout, protesta mon interlocuteur, pour l'instant du moins. Mais il ne faut pas favoriser l'instinct brouillon de la race. Si on la laisse faire, dans son besoin d'agitation, de mouvement, de changement, de lutte, de conspiration, ils pourront devenir dangereux.

€ Les Sokols forment une importante partie de l'élément slave agissant. Nous les connaissons bien. Sous couleur de gymnastique, ils se réunissent en secret, se donnent des airs importants, et conspirent en un mot, ce qui est et fut toujours le plaisir national de la Pologne. Ils se recrutent en Pologne, en Bohême, en Galicie, etc. Les Sokols, au nombre de 6,000, se répartissent en 440 sociétés environ, reliées entre elles par une Fédération dont le siège est à Posen.

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f Ce Bont, au poiii les plus implacables, violence les modéréï Jamais eotre eus qu polonais dont l'esprit mais révolutionnaire, contre « l'oppresseui

c Voulez-vous un leurs chants patriotit vers :

En a Tant I aucun pas C'est toujours le mot ...A bast vous, enneii

Sur leurs corps en a C'est notre sol. Jama Ne défendra aux Sok

f En voulez-vous '

L'aigle blanc qui a si Et qui est opprimé p ISourrit l'espoir qu'il Que l'heure de la dél

C Etc., etc.

f Peut-on vraiment appeler cela de la gymnastique ?

f Les Sokols prussiens vont de temj rendre visite aux Sokols de Galicie. Et il qui se passe dans ces réunions I A Boch neurs présentent aux Sokols une figure fi représentant un porte-faux avec ces m « ^ort aux Hakatistesl > (Les Hakatist

r-;*-^ -y-ï — n-wf- , .^

savez, sont les membres de la- ligue allemande qui s'est dressée devant les ligues polonaises.) Un autre jour, lorsque les Sokols entrèrent avec leurs lances dans le gymnase de Lemberg, ils crièrent : « L'armée de Pologne! >

« Où permettrait-on ces écarts, dites-moi, dans quel pays ?

« De plus, les Sokols font partie de l'organisation électorale polonaise.

€ Sachant cela, quand les Polonais vous racontent hypocritement qu'on empêche des Sokols de Galicie de boire un pauvre verre de bière chez un innocent aristocrate, un dimanche qu'on avait convoqué les populations d'alentour, dites-vous que des farceurs profitent de votre ignorance et exploitent votre indignation. La police traite en effet les Sokols comme les autres citoyens qui s'occupent de politique, et les soumet à la loi sur les réunions publiques, c'est-à-dire qu'on interdit aux femmes, aux élèves des écoles, gymnases, et aux apprentis d'y assister, comme cela se pratique dans toute l'Allemagne. L'histoire qu'on vous a contée n'est pas autre chose qu'une des nombreuses niches journellement tentées par les Polonais pour se réunir clandestinement et tenir des réunions politiques anti-allemandes, ce que, vous l'avouerez, l'État ne peut tolérer sans coupable faiblesse. >

Les Polonais m'avaient donné leur avis sur l'état d'esprit du clergé dans la lutte entre Polonais et Allemands. J'étais curieux de savoir celui du gouvernement prussien.

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Je demandai donc

— Et l'Église? Qu( Uonacluelle?

— Lorsque Mgr di épiscopal de Gnesenque, chef religieui et< des anciens primats i Reichstag où il avai droits de la Pologne pacifié son diocèse. J avaient toujours moi une confiance et une absolues au clergé, et eicusable.

4 Mais il vit bientj Le tiers-état se levai

et très modernes, sav^ ,r r r

démocratiques de l'Ouest, qu'on pouvait être un bon caUiolique et se gouverner en dehcvs des prêtre: des nobles.

I L'archevêque commença dooc, de concert a sou adjoint politique, M. de KoscieMi, une politi< de Do ut àet, qui comportait certains rapprocheme du parti polonais avec t'Ëtat prussien. M. de Kosciel fut persona grata à la Cour où la jolie Mme de Koscielska obtint de grands succès, mais cette politique et ces succès n'eurent pas l'agrément des nouvelles couches radicales. De telles concessions parurent faites pour affaiblir le sentiment national polonais, et, dès 1894, une chose se passa, inouïe dans l'histoire polo- .naise : le peuple critiqua les mandements poUtico- ,religieui de l'archevêque, s'en moqua. Mieux, on le blâma. Son courage personnel fut mis e ' ^

lui reprocha de ne pas risquer le martyre pour la défense des intérêts catholiques polonais, comme l'avait fait son prédécesseur,

« Bref, il avait perdu pour toujours la confiance de ses ouailles. Son adjoint, M. de Koscielski, plus libre de ses mouvements, obéit tout de suite aux indications du tiers parti et rompit ses relations avec la Cour pour conserver son influence.

« Tous les autres aristocrates suivirent son exemple. La scission était faite entre le haut clergé et le parti populaire. »

(SDITB)

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