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29 DE HAMBOURG AUX MARCITES DE POLOGNE ü 3€
Le chef d’une grande banque de Westphalie me fit cette remarque :
— On bavarde trop chez vous dans les bureaux d’affaires, dans les grands comme dans les petits. Nous sommes toujours étonnés, quand nous allons à Paris pour traiter une affaire, du temps perdu à « causer », Rendez-vous est pris pour un matin à 10 heures. On se salue, on se congratule, on « cause », on entame le sujet par le plus long, comme si l’on craignait d’avoir à se décider. À partir de 11 heures et demie, les gens regardent leur montre, et il se trouve toujours quelqu'un pour s’écrier : « Ah! si on allait déjeuner, à présent ? Nous discuterons mieux à table ! »
« À table, la conversation roule sur toute autre chose que les affaires. Bon repas, vins exquis, café, liqueurs. La journée est perdue... C’est à recommencer.
« De même, dans vos grandes entreprises industrielles ou financières, trop d’administrateurs vien-
nent tous les Jours, passez-moti le mot, « embêter »
le directeur. Les aflaires quotidiennes ne regardent pas ces messieurs, ou du moins ne devraient pas les regarder. Ayez un directeur qui vous inspire confiance, deux si vous voulez, pour plus de sûreté. Mais laissez-les agir, puisqu'ils ont la compétence que vous n'avez pas et les qualités qui vous donnèrent confiance en eux, À quoi servent ces flâäneurs riches, incompétenis et touche-à-tout, sinon à empêcher les travailleurs de travailler ?.., L’Angleterre souffre du
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même défaut que vous. De très bonnes affaires anglaises périclitent par l'excès de pouvoir des administrateurs, presque toujours ignorants, qui brident les initiatives du directeur et le découragent. J'ai as-
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i sisté à ces duels malheureux. Un directeur avait passé | un mois à étudier les mille détails d’une affaire ; 1l la | possédait sur le bout des doigts, la trouvait bonne et | | allait la traiter, Un administrateur arrive, l'interroge, | discute. Il prétendait savoir, sans avoir rien appris, À ce que l’autre avait mis un mois à apprendre. Temps #4
perdu. Bavardages et finalement brouille. »