‹ En AllemagneChapitre 146 sur 294 · DES EEE CLR PR EEE ES TE Dr rue · texte numérisé non relu

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KŒNIGSBER G 287 Le bois ainsi découpé et trié est porté dans d’im-

menses CUvVes qui sont des puits d’une contenance de 290 mètres cubes. J’en compte quatre pareils. On met dans ces puits 80 mêtres cubes de bois qu’on éboutllante pendant trois heures avec de la vapeur pour amollir les fibres, puis on l’inonde avec un produit chimique, du bisulfite de calcium, qui demeure là trente-six heures. Alors, toute la résine que contenait le bois sort avec l’eau et se perd (car la chimie n’a pas encore trouvé le moyen de la conserver), et le bois devient tout à fait mou. On le pétrit dans des pétrins à hélices, et quand il est bien réduit en pulpe on le fait couler dans des bassins où les Impuretés qu'il contenait encore se déposent. De nouveau brassée et de nouveau épurée, Ja pâte canalisée automaliquement s’élend en nappe épaisse et clisse sous des rouleaux où elle se coagule. C’est maintenant une bande de pâte solide qui passe sur des feutres chauds, de là sur des rouleaux de fer brûlant qui font évaporer l’eau qu’elle contient encore.

Toutes ces opérations se suivent sans disconti= nuité.

Le bois de tout à l’heure est devenu à présent une longue bande de carton mou que l’on coupe et que l’on crève de place en place en la faisant passer sur

des dents d'acier. Comme je ne comprenais pas Puti-

lité de ce massacre, il me fut expliqué que, pour entrer en France, en Italie et en Angleterre, cette matière, si elle demeurait à l’état de carton fabriqué, payerait

irès cher, tandis que sous forme de cellulose — et les

déchirures en question témoignent de sa destination — elle entre sans payer de droits. De plus, en Allemagne, pour favoriser l’industrie de la pâte de bois,

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l'État diminue les tarifs de chemins de fer qui la transportent.

Donc cette cellulose va dans les fabriques de papier françaises, anglaises, italiennes, est rendue à son état préalable, c’est-à-dire remise en pâte, et sert alors à fabriquer les quantités de papier désirées par les différents pays, qui ont ainsi évité les premières transformations décrites plus haut. Ici, en effet, le bois est bon marché : il vient des forêts de la Prusse orientale ou de la Pologne.

Chaque jour, l’usine de M. Emil Teppich expédie ainsi 9 wagons de cellulose, d’une valeur de 16,000 à17,000 marks, soit 20,000 francs, soit 600,000 francs par moIs.

M. Teppich nous conduit sur le Pregel, où sont accostés des quantités de chalands, les uns remplis de bois qu'on est en train de débarquer et qui entre directement dans l'usine, les autres qu’on charge de cellulose.

Ces opérations se font sans bruit, dans un ordre tranquille.

Ce n’est pas tout. J’ai dit qu'il fallait des produits chimiques pour amollir les fibres du pin et en extraire la résine. On les fabrique ici même, entre l'usine et la rivière. Autrefois, on achetait du soufre de Sicile et de la chaux de Suède avec lesquels on obtenait le bisulfite de calcium nécessaire. A présent, le fabricant fait venir d'Espagne et de Norvège des pyrites dont on extrait l’acide sulfurique. Mais il reste de l’oxyde de fer dans ces pyrites dé-

4. À part cette cellulose, les fabricants allemands trouvent le

moyen d'exporter du papier à l'étranger, malgré les droits de douane.

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pouillées de leur acide sulfurique. Il vend donc les résidus d'oxyde de fer à des usines métallurgiques qui en ont besoin. Certaines fabriques s'entendent même avec de grandes métallurgies qui leur envoient le minerai sulfureux et à qui elles retournent des oxydes de fer, ce qui constitue une économie notable pour les deux !

Les hommes qui travaillent à l’usine chimique sont des ouvriers russes. [ls gagnent 3 fr. 79 par jour et travaillent dix heures. [ls sont enchantés de ce traitement malgré l’affreuse atmosphère où ils vivent. En Russie ils travaillent douze à quatorze heures pour 3» sous. Ils ont trouvé que cela valait la peine de passer la frontière.

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