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dernière apparence de tache. En effet, le moindre corps étranger, le plus petit grain de poussière suffirait à troubler la fabrication de l’ambroïde à laquelle ces menus fragments sont destinés. Les filles etles femmes ont devant elles des tas de petits morceaux éclatants comme des sucres d'orge frais; elles se dépêchent, mais regardent avec soin sur toutes les faces s’il reste quelque impureté à enlever, car les morceaux mal nettoyés leur reviennent avec des amendes. Elles sont payées aux pièces : 7 marks le kilogramme d’ambre gratté. L’ambre est léger, et le kilogramme leur demande trois jours de travail assidu.
Dans une petite usine attenant aux salles de triage et du deuxième lavage, ont lieu la distillation et la fonte de l’ambre. On retire différents produits de cette distillation : de l'acide ambré qui sert à blanchir la soie et se vend 25 francs le kilogramme, de Phuile d’ambre, d’autres produits chimiques encore, utilisés dans l’industrie et dans la médecine. On ne lâche la résine que lorsqu'elle est bien épuisée. Mais le produit principal est la laque employée pour les wagons et la carrosserie.
Üne autre usine est installée à Kænigsberg même, dans un vaste bâtiment qui renferme aussi les bureaux commerciaux de l'exploitation et le Musée de l’ambre. [ci, trois cents jeunes femmes, gratteuses et trieuses d’une agilité extraordinaire, et cent cinquante ouvriers sont employés, les premières au grattage, comme à Paimnicken, les hommes à débiter l’ambre en morceaux destinés au commerce. Leur habileté consiste à n enlever que juste les parcelles mauvaises et inutihsables pour la fabrication des objets.
Sous la surveillance jalouse de l'administration
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royale, d’autres ouvriers fabriquent « l’ambroïde ». J'ai eu beaucoup de peine à être admis à pénétrer dans les ateliers. Soit qu'il y ait là des secrets qu’on ne veuille pas livrer à l’étranger — et on se demande la raison de cet occultisme, puisque la concurrence n'existe pas et ne peut pas exister, — soit que, révélés, les mystères de l’ambroïde pourraient nuire à son commerce, on a soin de ne montrer au visiteur, difficilement admis, que la surface des choses. Et encore, fus-je reçu avec des regards méfiants et conduit avec une hâte qui me rappela mes courses à travers les usines chimiques de Hœchst.
Ce que j'ai pu apprendre de sûr, c’est que les morceaux d'ambre trop petits pour être transformés en bibelots — après avoir été gratlés avec le soin minutieux que j'ai dit et séparés en différentes teintes, — sont moulus fins comme du sucre; cette poussière est ensuite traitée par l’éther, pour donner, paraît-il, plus d’uniformité à la couleur, puis chauffée dans des moules en même temps que pressée dans des appareils hydrauliques d’une très grande puissance, et enfin moulée en forme de cylindre ou de pain rectangulaire du format d’un in-12. On peut, m'assure-l-on, changer la couleur de la poussière d’ambre en la cuisant à 120 degrés dans l'huile.
Dans l’atelier d'expédition, on me montre un grand nombre de caisses prêtes à partir. La plupart sont à destination de la Turquie, où se fabriquent des bouts de chibouque et des colliers. D’autres colis sont adressés à Vienne, où se vend la plus grande partie des fume-cigarettes et des fume-cigares. En Allemagne on en fait peu.
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