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creusés le long des galeries, et nous nous mimes en marche, barbotant dans des flaques de boue, courbés en deux pour éviter de nous cogner la têle au plafond bas. La chaleur augmentait par instants, Jusqu'à devenir étouffante; à d'autres moments, des courants d'air glacé fouettaient nos poitrmes en sueur, et je grelottais.
La mine a‘trois kilomètres de long. Quand nous arrivämes à lextrémité, les ouvriers étaient en train de-piocher la « terre bleue » (blaue Erde), ainsi qu'on appelle le terrain tertiaire, qui se trouve entre dixhuit et quarante-deux mètres de profondeur, et dont la couche contenant l’ambre s’étend sur une épaisseur moyenne de deux mètres. De temps en temps, leur pioche les avertissait de la présence d'un morceau de résine. Ils le ramassaient et nous montraient une sorte de caillou sali qu'il fallait approcher de la lampe, pour en percevoir le reflet jaune. Je pris une-pioche, car je voulais extraire de l’ambre comme j'avais extrait de l'or et de l'argent des mines du Colorado. Je ne fus pas long à en découvrir un fragment qui renfermait justement une mouche, et que je serrai dans ma poche en souvenir de cette visite.
Quand les ouvriers trouvent un bloc important, ils le mettent de côté; et toute la terre piochée est charoée dans de petits wagonnets qui sont portés au jour où la terre passera au tamis.
La mine emploie 330 ouvriers, dont 290 mineurs.
On retire par an environ 700,000 petits wagonnets de terre qui représentent 2 millions d’hectolitres, desquels on extrait 400,000 kilogrammes d’ambre,
soit une moyenne de 559 grammes par wagonnet de
300 litres.
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Les wagonnets sont remontés au Jour par des
ascenseurs et renversés aussitôt dans un étroit bassin d'où l’eau est projetée en jets puissants qui lavent la matière extraite une première fois. Du bassin, Feau etla terre mélangées tombent sur des treillages superposés et de plus en plus étroits (de 3 centimètres À millimètre) qui tamisent les morceaux d'ambre. [l y a là des sacs et des paniers remplis qui sont la récolte du jour.
Quand l'ambre a été relavé dans des cylindres tournants avec du sable et de l’eau pendant quatorze heures, il est porté dans un bâtiment voisin de la mine où à lieu un premier travail de triage. On met de côté les plus gros blocs — certains pèsent plusieurs kilos. On distingue les bons des mauvais par le son qu’ils rendent quand on les frappe. Les uns se fendront, les autres resteront solides au débit : ce sont les plus chers, dont on fera de longs portecigares ou de longs tuyaux de pipes de quinze où vingt centimètres. Des blocs qui ne pèsent pas un kilogramme valent 509 marks (625 francs). Le bon ambre vaut, en moyenne, 32» francs le kilogramme. On sépare aussi les morceaux selon leur couleur. Î ya peut-être deux cents sortes d’ambre commercial, ét même plus. Une partie, ta meilleure, sert à fabriquer des objets; une autre est pilée, fondue, transformée en « ambroïde »: enfin, les qualités tout à fait inférieures deviennent de la laque ét de la colophane. On les vend jusqu’à 75 centimes le kilogramme.
Le premier triage une fois fait et les gros Morceaux mis de côté, les petits passent entre les mains d'ouvrières dont le travail consiste à les gratter à l'aide d'un couteau très pointu et à en retirer jusquà la
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