‹ En AllemagneChapitre 187 sur 294 · VAT · texte numérisé non relu

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4 SI le point de vue à la fois historique et administratif 4 4 ASE d’un futur ministre de l’Empire. + Hi — Il existe à notre prospérité, disait-il, des rai- # LL sons sans mystère. Avant tout il y a, tous les mois, ‘4 80,000 bouches de plus à nourrir ! Songez que depuis | ! no trente ans notre population s’est augmentée de 20 mil- Oh st | lions d'habitants. Tout un royaume! Il à bien fallu 4 EE leur construire des maisons, les habiller, les nourrir 4 à : — et leur donner de l’ouvrage ! Ce simple fait suf- l Bo: firait à expliquer l'accélération de nos affaires. L: 2 ARTE — Non, interrompis-je, car les nègres aussi pul- 3 CEE Ë lulent, de même les Chinois, de même les Russes. É fl À SL te [Il corrigea : Î RE — C'est vrai, mais nous sommes un pays civilisé… + CE SE « Certes, reprit-il, la conclusion de la paix de Franc- Î L: jt fort fut le signal d’un essor nouveau de notre Com-

D merce ct de notre industrie. Pourtant ce ne fut qu'un Hors signal. Notre métallurgie existait déjà, vous n'en CLS doutez pas; nos mines de charbon étaient en exploi- ÉSRES tation, notre industrie chimique datait de vingt ans, rs trente ans même, si nous la faisons remonter à Liebig.

n ui Et si nous ne progressions pas alors avec la rapidité Air à. d'aujourd'hui, c’est que les conditions économiques LTÉE et politiques n'étaient pas les mêmes.

FE « Car il faut songer à notre histoire; on oublie

2 trop ce que fut pour nous la guerre de Trente ans : un

cataclysme sans exemple en Europe. Après ce carnage et ce désordre, l'Allemagne fut réduite à rien pendant un siècle. Gette affreuse guerre avait complètement anéanti toute la vieille culture, la vieille civilisation et la richesse des cités. Depuis le moyen âge, notre industrie florissait. Nous avions inauguré l’industrie minière, inventé la science chimique, l'horlogerie, la

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rayure, etc. Des cités comme Nuremberg, Augsbourg, etc., etc., étaient des centres de richesse ! Tout fut ravagé par le cyclone, la population elle-même réduite à moins de 10 millions d'habitants. Il fallut réparer. Ledix-huitièmesiècle toutentiern’y suffit pas. Vinrent les guerres avec Napoléon, léna, nouvelles ruines. Les villes de l'Est finissent seulement aujourd'hui de payer les dettes que Napoléon leur avait imposées. (Le comte de Posadowskt, tenez, erand-père du ministre qui vient de quitter le pouvoir, fut complètement ruiné par Napoléon.) L'Allemagne ne commença à respirer qu'après Waterloo. Depuis lors, nous nous sommes refaits. Les deux guerres victorieuses de 1860 et de 1870, après cinquante ans de paix, préparérent l'expansion qui suivit. L'Empire détruisit les obstacles qui s'opposaient à l'essor définitif de l'Allemagne, el ce fut là surtout la grande et féconde idée de la Prusse.

« Jusqu'en 1870, il n'y avait pas de monnaie allemande. On se servait des gulden, des heller, des florins, des thalers:; les r‘publiques de Hambourg el de Brême conservaient des monnaies à elles; jusqu’en 1 890, 1l existait des douanes entre la Prusse et la Bavière; l’unité de poids et mesures, l’adoption du système métrique ne datent que de 1873. Ces faits, d'apparence minime, constituaient des obstacles réels à notre développement économique.

« Aujourd’hui tout va bien. Les villes augmentent comme par enchantément. Voyez Düsseldorf, qui jette des ponts colossaux sur le Rhin, achète des terrains immenses pour y planter des parcs, fonde une cité nouvelle à côté de l’ancienne; Voyez Nuremberg qui, tout en conservant son caractère Moyen âge, ses VIEUX

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quartiers pittoresques comme endormis sous les restes du passé, s’industrialise d'un autre côté, grandit et prospère d’une façon sasissante. De ses 66,000 habilants Far nt la guerre de 1866, elle en est aujourd . à pe ès de 300,000!

« Prenez une ville au hasard en France, Orléans, Lois. Poitiers, que sais-je, regardez-la et dites-moi ce qu'il y a de changé depuis trente ans... Comparez votre apathie de rentiers avec notre activité de producteurs, hier pauvres et aujourd'hui pas encore très riches, et vous aurez l'explication de la situation actuelle de nos deux pays. C'est qu'on travaille dur Chez nous, vous savez! Vous me dites qu'en France aussi on travaille... Out, certes, mais dans combien de régions, dans combien de villes? Vous pouvez les Dee Paris, out, l'Est et le Nord aussi, mais voyez le Gentre l'Ouest, ie Midi — à l'exception de quelques rares vi iles, et comparez, comparez... Dans toutes les provinces de l'Allemagne, au nord, au sud, à l’est, à l'ouest, au centre, c’est une poussée d’activilés, c’est nne course d'initiatives à l'assaut des affaires. Vous avez connu cette période de fièvre, au milieu du siècle dernier, au moment de la fondation de l'industrie et de la création des chemins de fer. Elle peut revenir. Actuellement vous souffrez =

catégorie-de nationaux qui vont se multipliant, qui sont à la fois votre puissance, et un os ds mort pour vos élans : les petits rentiers, le bonhomme fils de son père, ou le bonhomme fils de ses œuvres, qui sest retiré des affaires à quarante ou à cinquante aus, et qui place son capital en rentes sur l’État ou en obligations à lots. Is sont plusieurs millions chez vous. Ici tout le monde travaille, et

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presque toute sa vie auranti. Le petit rentier esi un type exclusivement francais. »

Le lendemain, en dinant dans un cercle renommé de

rhin avec un homme de lettres célèbre et un financier très connu, ce dernier me parla ainsi :

— Voulez-vous que je vous fasse en quelques mots le bilan de lAllemagne ? À Factif, son sous-sot; Fe qualités morales des classes moyennes, employés et contremaitres, dévouement, savoir, conscience. Voyez les deux cents chimistes d’une orande usine, dont les travaux étonnent le monde; rs sont contents de leur sort, ne PR 1É pas autre chose ou pas grand’ chose de plus que ce qu'ils ont...

— Le là une si grande qualité ?.…

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— }solée, non, unie aux autres, our... Ajoutez-v le | œénie d'OTLamis: tion servi par lc abéissance et la disci- ! : > Qi | pline de fa machine h nai individualiste par son

| cerveau, passive et soumise pour toutes les choses de la vie matérielle. « Où trouver un tyran, disait Leibnitz, dont les exigences lasseront notre servilité? » Pensez encore aux qualités négatives de la race : ignorance du luxe, aucune ambition exagérée.

« Quant à notre capital, petit en comparaison du

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; vôtre, 1! a cette supériorité de travailler tout re il a confiance. Chez vous, il se cache, ik est timoré.…. Je sais qu'il fut souvent trompé par de mauvaises $ affaires; en Allemagne aussi, d’ailleurs, moins sou- : vent il est vrai, car beaucoup de promesses faites furent tenues.

« Notre passif est important : notre désavantage

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