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LES KARTELS 3 11 Passau. (Car généralement les fabricants de parauets © 1

s’installent près des frontières, le bois et la marn- E y étant meilleur marché.) Voilà «donc six hommes qui se déplacent, font un long et coûteux voyage, “dé P ensent de l'argent et du temps —:pourquoi? pour se concurrencer, pour offrir leur travail moins cher que leurs rivaux? N'est-ce pas absurde? Au lieu de cela, un kartel se fonde, dont le siège est à Berlin. fl soumissionne sans concurrent à des prix rémunérateurs les 2,000 mètres de parquet et les répartit entre ses membres

€ Mais si les patrons n’ont qu'à gagner aux kartels, l’ouvrier n’y perd pas. Je vous aï dit le résultat atternt par la corporation des tvpographes dont.les patrons et les ouvriers s'entendent; plusieurs'autres syndicats ont fait comme les typographes, et de jour en jour le système progresse dans l’industrie. [ls évitent les grèves et les chômages, et les risques de diminution desalaires. Autrefois, une usine ayant surproduit s’arrêtait, oubien, vaincue par un concurrent, fermait pour toujours. Des mines de houille ruinées par lavilissement des prix étatent abandonnées. Les mineurs se voyaient forcés d'aller offrir leurs bras plus loin, au rabais; ils chômaient souvent. Aujourd’hui, les mines prospères paient l’ouvrier des prix raisonnables et permanents, les bras manquent, les salaires monteront encore.

— Alors, puisque Zrâce au kartel vous avez relevé le prix des choses, c’est lepublie qui doit se plaundre des kartels; le public, dont lintérêteæest de payer le moins cher possible ce qu’il'achète.

— Vous devez comprendre, pourtant, fit-il, qu'il est indispensable à la fortune publique elle- même,

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— Le RESTE.

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que les prix ne tombent pas trop bas. Votre idéal me paraît être que toutes les choses soient vendues pour rien! Que deviendraient alors ceux qui les produisent? Déjà, avec notre organisation actuelle, le fléchissement des cours amène des cataclysmes, et pour des raisons inattendues. Exemple : quand le fer devenait trop bon marché, des gens se disaient volontiers : « Bâuissons ». Et l’on voyait s'élever des fabriquesinutiles quiaugmentaient la surproduction, cause de la crise. [en va ainsi pour la plupart des industries et des négoces. Ge qu'il faut pour la prospérité, c’est le maintien de prix normaux, raisonnables, avec des variations peu importantes en plus ou en moins pour assurer le libre jeu des forces économiques.

— Oui. Mais où est la garantie qu'il n’y aura pas d'abus?

— L'intérêt même des kartels. L'opinion publique, aujourd’hui renseignée sur tout, les gouvernements chargés de veiller à la moralité, auraient vite rappelé à la raison un kartel qui sortirait des bornes permises. Ce qui se passe aujourd’hui est une garantie de ce qui se passera demain. S'il n’y avait pas de kartel de la laine et du coton, les produits ne coûteraient pas meilleur marché, au contraire. Vous verriez des hauts et des bas terribles dont les spéculateurs seuls profiteraient. Les industriels et le publie payeraient. C’est ainsi que les choses se passaient dans l’état anarchique d’autrefois, les prix des objets les plus nécessaires à la vie étaient livrés à l’arbitraire et à l'inconnu. La spéculation faisait bondir les cours, ou suivant les intérêts des spéculateurs les laissait sombrer. Aujourd’hui, le prix moyen des

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