‹ En AllemagneChapitre 213 sur 294 · BE E · texte numérisé non relu

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On ne les imagme pas bien cirant avec délices les bottes prussiennes.

€ Ces premiers 100/millions furent vite dépensés, nous verrons comment, et suivis d’autres centaines de milhons. Aujourd’hui, on en est à 450 millions de marks (002 millions de francs), sur lesquels il en reste une quarantaine qui sufliront pour cette année.

« Les lerres aïnsi achetées sont vendues et affermées aux paysans prussiens, sous certaines conditions leur interdisant de les revendre à des Polonais.

‘€ Passons — ét arrivons à la troisième étape, 1887, au moment où furent supprimés l’enseignement du polonais et l'emploi de la langue polonaise dans toutes les écoles. Pourtant les lecons religieuses continuèrent en polonais. Il y a quatre ans, nouvelle interdiction : la religion serait désormais enseignée en allemand. Nous reviendrons plus tard sur cette question de la langue.

€ De 1891 à 1893, sous le ministère Caprivi succédant à Bismarck, un répit se produisit. Caprivi avait dit, dans une commission militaire au Reichstag, qu'il faudrait un petit État-tampon entre l'Allemagne et la Russie. Tout le monde comprit que la Pologne pourrait être ce tampon.

€ Mais, en 1894, une grande association prussienne fondée dans l'Est par trois augures, Hansemann, Kennemann et Tidemann, et qu’on appelle Hakatistes, des trois lettres initiales de leurs noms H K. T5 se mit à prêcher le combat à mort contre les Polonais, et réussit à convaincre l'Empereur du danger que nous représentions dans l'Etat. Les Hakatistes sont 30,000, presque tous employés du gouvernement, pasteurs, protestants, etc. Leur agitation aboutit à faire

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voter la loi du. 10 août 1904, interdisant à chacun, pour cause d'utilité publique, de bâtir sans une auto- "sation de la commission de colonisation. Cette loi est dirigée exclusivement contre nous. On n’a pas pu dire : « Il est défendu. aux Polonais de bâtir des mai- Sons ». On a dit : « IL leur faudra la permission de la commission créée pour les combattre, laquelle leur fera mille ruses,. rendra vains leurs achats de terres, etc. » Car il faut que vous compreniez exactement le mécanisme de cette loi inique, bien trouvée pour révolter un peuple. En réponse aux achats de terres faits par le gouvernement prussien avec l’argent du pays — qui est aussi le nôtre! — nous cré: mes des banques territoriales polonaises. Nos paysans y ont déposé 100 millions de leurs économies, qui servent à racheter les terres vacantes, et les Polonais quittant le pays prennent bien garde de ne pas laisser tomber leurs propriétés dans des mains allemandes.

€ Le paysan polonais a l’amour de la terre et travaille beaucoup. S'il économise, son rêve, comme celui de l’épicier français, est de vivre dans une maisonnette de banlieue, entourée d’un jardin garni d’une gloriette. Or on entrave la satisfaction si légitime de cet instinct profond. de notre race. On l'empêche, alors que l'idéal de tout État civilisé devrait être au con traire de l’encourager. C’est une barbarie indigne d’une humanité organisée au vingtième siècle, et qui place la Prusse au dernier rang des pays d'Europe.

€ Nous achetions donc de-grandes propriétés, nous les parcellions pour qu’un plus grand;nombre de nos compatriotes pussent en profiter, et nous en:achetions tant, au nez et à la barbe de la commission officielle, qu'endixansles Polonaiss’enrichissaient de40,000 hec-

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