‹ En AllemagneChapitre 215 sur 294 · RE TE TS DT · texte numérisé non relu

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d'une terre considérable, veut la vendre, et loyalement s'adresse à la commission germanique qui lui en offre un prix dérisoire, de 600 à 700,000 marks. Comme il ne veut pas ruiner ses pupilles, il ne vend pas. Sur ces entrefaites, le comité polonais lui offre14 ,200,000 marks, c'est-à-dire le double. Il accepte ef se voit aussitôt révoqué par l'Empereur.

« Le comte Kospot, directeur de l’Académie de Lignitz, est destitué pour un fait analogue.

« Et toujours, nous avons devant les yeux cet article 4 de la Constitution qui proclame l'égalité de tous les citoyens devant la loi. Or les fonctionnaires de PÉtat prussien n’ont pas le droit de vendre leurs biens à d’autres citoyens prussiens parce que ceux-ci sont d'origine polonaise ! N'y a-t-il pas là un arbitraire choquant, inacceptable pour des peuples libres ?

€ On comprend encore que le gouvernement, ayant décidé de lutter contre l'élément polonais, n’appelle pas à ses hautes fonctions ou à des postes de faveur des Polonais même méritants, même exceplionnellement capables ; il considérera en effet que, se méfiant de leur loyalisme politique, il ne doit pas leur confier le sort des questions d'intérêt général prussien. Ceci admis, est-il soutenable qu'un gouvernement qui représente ou est censé représenter la nation tout entière, s’arroge le pouvoir de décréter qu'une partie de la population n'aura le droit de manger, par exemple, que si les fonctionnaires veulent bien ly autoriser? Et s'ils refusaient cette autorisation, Y aurait-il assez d’indignation dans le monde civilisé pour les rappeler à la pudeur? Or, le gouvernement en agit ainsi à l’heure qu’il est avec plusieurs millions de ses sujets prussiens. Car, si je n'ai pas d’abri où 33,

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saire,. se mit à bâtir une maison pour y finir ses Jours 0 avecsesenfants. Mais, après un nouvelexamen,unfonc- #4 res tionnaire prussien reconnut que la maison:é tait située et dans une zone de colonisation où les Allemands seuls pouvaient.bâtir. Et il dut cesser d’habiter sa maison. il alla avec sa famille dans une grange voisine, y mit un poêle. La grange devenait habitation. On lenex- © pulsa. Alors, ïl creusa dans la terre un trou. L’administration voulut l’en expulser encore.

« — Cest. la loi, lui disait-on.

« Lui, devenu furieux devant la bureaucratie 1mplacable qui s'acharnait à le torturer, tua le gendarme. qui venait l’expulser. Puis il se tua à son tour. …

« Vous avez du mal à me croire, n’est-ce pas? dit mon interlocuteur, en voyant mon air incrédule. C’est pourtant de l’histoire prussienne moderne. Et, si vous le voulez, nous vous conduirons devant une maison, près d'ici, qui tombe en ruine. Vous croiez « peut-être vos yeux... » |

Un après-midi, en effet, deux des chefs du parti | polonais m'emmenèrent en voiture aux environs de ! la ville — dans une sorte de faubourg extra muros. ! La voiture s'arrêta devant une maison inachevée qui | se-dressait, seule, à une cinquantaine de mètres. des |

MES 300 DE HAMBOURG AUX MARCHES DE POLOGNE MS reposer ma tête, je deviendrai malade et je mourraï, | L FRS et mes enfants comme moi... | Mt | « J'ai l'air d'inventer une parabole, continue : ji te l’homme qui me parlait ainsi, et je ne raconte que A 1 + €. la vérité. Un:ouvrier mineur en retraite, ayant écono- «4 ER misé 3,000 marks, après le labeur de toute sa vie, | Re acheta un terrain et, muni de l'autorisation néces- 4 Qt

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