‹ En AllemagneChapitre 230 sur 294 · SUITE) LE CÔTÉ ALLEMAND · texte numérisé non relu

SUITE) LE CÔTÉ ALLEMAND

Ce que répondent les Allemands. — Psychologie du Polonais : brouillon, batailleur, et sale... mais travailleur, intelligentet vif. — L'éveil d’un nationalisme universel. — Boycottage des Allemands par les Polonais. — Les Allemands persécutés quittent le pays. — Envahissement de Slaves pullulants. — Le Gouvernement prussien organise la lutte. — La Commission de colonisation. — Les aristocrates polonais vendaient d’abord leurs terres avec enthousiasme. — À présent, ils crient à la persécution. — Les Banques polonaises. — Episodes de la lutte. — Parlez l'allemand! — Lois d'exception. — Tous les peuples en ont fait. — Mauvaise foi polonaise. — Insurrection scolaire. — Pas de concession. — Faculté d’absorption de la race polonaise. — Trop grande plasticité des populations germaniques. — Danger pour la Prusse.

— Si vous voulez comprendre quelque chose à la question polonaise telle qu’elle se présenté aujourd'hui, me dit un des plus hauts fonctionnaires de la province de Posen — qu’il m'est interdit de nommer, — ji] faut absolument penser à l’histoire de la Pologne, car elle résume toute la psychologie des Polonais, peuple brouillon, querelleur, inconséquent et léger.

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Ge peuple, d'esprit assez prompt et dont le paysan est laborieux, n’a Jamais su se gouverner. Sa vie nationale fut une guerre civile perpétuelle. Il avait une telle aversion pour la paix, effort tranquille et patient, il craignait lant de voir un jour cesser l'anarchie où 11 vivait, qu'il inventa un moyen sublime lui garantissant à Jamais le chaos, l’incohérence et la discorde : une clause constitutionnelle unique au monde exigeait l'UNANIMITÉ des voix pour l'élection du monarquel Ainsi, 1l suffisait d’un seul dissident pour faire éternellement durer le gâchis. Les Polonais étaient donc tranquilles pour l'éternité, ils se chamailleraient jusqu’à la mort de la Pologne, et son histoire finirait dans le tohubohu.

€ Aujourd’hui que, grâce à l’ordre prussien, ilne peut plus y avoir d’émeutes, de batailles, de conspirations entre les partis, il faut pourtant que se manieste le génie de la race, génie désorganisateur, intrigant, déréglé, irréfléchi et confus.

€ Et ce que vous voyez en ce moment s’agiter dans cette province de Posen et dans la Prusse orientale, c'est ce génie-là!

— Soit, fis-je. Pourtant, dites-moi si, dans ces résistances et ces revendications, il ne faut pas voir surtout le réveil de la race, ce nationalisme qui n’est pas spécial à la Pologne, mais qu’on voit partout se lever en réaction prévue contre les idées de fraternité des peuples et d’internationalisme ?

— Certainement! répondit sans hésiter le haut fonctionnaire. Et ce sentiment est trop légitime pour que l'Allemagne s’en offusquât s’il se manifestait à l’état pur et sincère de patriotisme polonais. Je vous demande en quoi l'Allemagne serait choquée de voir

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les enfants et les hommes de la province de Posen parler polonais, lire la littérature polonaise, chanter, danser en polonais, sien même temps ils consentaient à parler enfin l'allemand — puisqu'en définitive ils sont des citoyens d'Allemagne. D'un autre côté, imagine-t-on le gouvernement prussien assez sot, assez dénué de sens politique pour entraver la petite propriété rurale qu’il encourage par ailleurs, st, tardivement, il ne s'était enfin aperçu du boycottage exercé par les sujets polonais contre les sujets prussiens.

— Boycottage ?

— Mais oui! Depuis trente ans et plus, si un Allemand va s'installer dans l’Est, les Polonais, qui détiennent la majorité en beaucoup d’endroits, le boycottent, s'entendent pour l'isoler, l’aflamer, le ruiner, lui rendre la vie si dure que finalement 1lest bien forcé de s’en aller. De sorte que, peu à peu, en eflet, les villes et les villages devenaient purement polonais et que les Allemands se voyaient traités comme des étrangers, que dis-je, comme desennemis. Admettezvous que la Prusse pouvait tolérer cela? Admettez-vous que, au moment où la France annexa Nice et la Savoïe ou, dans l’ancienne monarchie, une province quelconque, les Français conquérants eussent pu être chassés par des moyens détournés de la province conquise ? Si vous êtes juste, vous ne pouvez y Consentir. Or, je le répète, voilà ce qui se passait exactement dans la province de Posen. De plus, l’immigration polonaise russe et autrichienne augmentait chaque année : c'était la Prusse décidément colonisée par les Slaves. Et quels Slaves ! Des paysans ignorants et sales, rétrogrades, et des juifs sans scrupules. Si encore tout ce monde avait consenti, en entrant dans

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