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€ En réponse à la Caisse nationale de colonisation, les Polonais fondèrent des banques puissantes dont le rôle fut d'acheter des terres allemandes et d’y établir des paysans polonais. Tout le monde s’en mêla : la presse polonaise, le clergé et les agitateurs populaires, et ces banques où affluaient les petits capitaux eurent un grand succès, tellement grand qu’il paralysa partiellement l’activité de la Commission.
€ Il fallut se défendre. Une nouvelle loi fut votée par les deux Chambres prussiennes dans le but d’empêcher les Polonais de s’établir sur les terres nouvellement parcellées. Pour cela il suffit d'interdire la construction de nouvelles maisons sans l’autorisation dela Commission. C'était, en même temps, une mesure politique très sage. Les malheureux paysans polonais s’en allaient travailler un an ou deux ou trois dans les mines de Westphalie, puis, lorsqu'ils avaient pu économiser quelques sous, on les rappelait en les installant sur des bouts de terre insuffisants à les faire vivre. Un nouveau prolétariat dangereux pour la paix sociale s’est créé ainsi dans ces provinces.
« La nouvelle loi fit éclater une tempête de colère dans le camp polonais. Pour se défendre, il fonda l'alliance du Straz (la Garde), chargée de déprécier les institutions de l'Etat et de dénoncer publiquement les Polonais qui vendaient leurs terres. On déclara traîtres à la patrie, pécheurs devant Dieu, devant l’Église, devant la nation polonaise, les malheureux qui émigraient. Un livre noir fut publié avec le nom des apostats. L’agitation contre l’État prussien, les fonctionnaires et les Allemands devint effrayante. Une presse démagogue excitait la foule contre tout ce qui était allemand, des réunions s’organisaient, tout
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lé pays eut l'air de conspirer. Sur ces entrefaites, un incident malheureux se produisit à Pschow, près de Rybnik, dans Îa Silésie supérieure. Un Polonais avait acquis un bout de terrain d’une banque polonaise de colonisation. Aux termes de la loi du 10 août 1904, la permission lui fut refusée d’y bâtir une maison. Il la bâtit quand même. Un gendarme, qui accompagnait un maçon chargé de démolir le poêle de la maison, fut fusillé par le malheureux exaspéré, que les agitateurs avaient poussé à bout. Puis 1l eut peur de la justice, et se tua lui-même.
« On exploita contre nous ce fait déplorable dont sont responsables surtout les forcenés qui excitent le peuple à s’insurger contre les lois.
— De sorte qu'il est bien vrai, fis-je, qu’un Polonais achetant une terre n’a pas le droit d'y bâtir ?
— [ln’ena pasle droit en dehors de l’enceinte d’une ville ou d’un village, non, sans l'autorisation légale.
— Que vous ne donnez Jamais.
— Que nous ne donnons que très rarement aux Polonais, parfaitement.
— (C'est un peu fort tout de même, fis-je. Et xls ont raison de se dire hors la loi.
— Ils ne sont pas hors la loi, puisque c’est la loi qui a créé cette interdiction, mais ils sont, en effet, hors la loi commune. Pour vous étonner de cela, il faut que vous oubliiez que nous ne sommes pas en état de paix avec les Polonais, qu'ils nous ont déclaré la guerre, qu'ils la mênent très durement contre nous, contre le gouvernement, contre le Roi, contre tout ce qui est allemand. À un état exceptionnel, 1l fallait des lois exceptionnelles. Tous vos citoyens, en France, sont à la longue devenus Français, vous n’avez pas besoin de