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lés et à peine vêtus de loques trouées courant sur la route. Je descendis de voiture et adressat quelques mots à un ouvrier paysan qui se tenait debout appuyé à l'encadrement de sa porte. Je constatari que ce Polonais comprenait fort bien a et le parlait suffisamment. Je lui demandai ce qu'il gagnait :
— Soixante centimes par jour, me répondit-1l, plus 6 kilos de pommes de terre et de seigle, assez pour faire le pain nécessaire à moi et à mes enfants.
C’est, en effet, l'usage, en Pologne, que les proprié- {aires ne payent aux paysans qu’ils emploient que le minimum d'argent, et « compièlent » leur salaire en nature. Ils v ajoutent géicralement le droit de pâture pour une vache et la nourriture d’un porc. Gelui-ei travaillait environ 250 jours par an ee les fêtes relioieuses sont très nombreuses dans la catholique Pologne). Il se trouvait donc, au bout du compte, ioucher annuellement 440 marks (175 francs), plus des pommes de terre et du pain. [l devait pour cela tout son travail à son maitre. Je ne lentendis pas se plaindre, et le ton de ses réponses n’était pas celui d’un homme qui les trouve étonnantes... Quel terrain pour le socialisme agraire Quoique... tant de résignation abrutie paraisse bien loin d'un sentiment de révolte.
Je jetai un coup d'œil à l’intérieur de la masure. Une seule pièce basse éclairée par une petite fenêtre, meublée d’un grand lt, d’une table et de quelques sièges de bois grossier. Sur le sol en terre baitue sautillaient quelques lapins et picoraient des poules; clouées au mur, de grossières images de la Vierge.
Un peu plus loin, à Morasko, le fonctionnaire me