‹ En AllemagneChapitre 270 sur 294 · LS RS EE · texte numérisé non relu

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produits de l'étranger. Pourquoi ne pas continuer à accepter de bon cœur et sans arrière-pensée la collaboration de nos activités entêtées, réfléchies, tenaces, qui sont le contrepoids de votre charmante légèreté, de votre spontanéité, même de votre utile vanité ?

« Puisque votre langue ne suffit pas à la traduction des sciences et de la haute philosophie, parlez allemand! Vous serez, en outre, compris de plus de 100 millions d'hommes civilisés.

« Ne haïssez pas, ne méprisez pas vos voisins allemands. Acceptez leur bienveillance un peu lourde, leur pédantisme mal gracieux; ils ne sont pas méchants. Vous verrez que peu à peu, si vous leur communiquez de la délicatesse et du charme, ils vous rendront de la rectitude, du solide et du gründlici. Ainsi, bientôt les Polonais allemands auront repris leur ancienne suprématie, augmentée des qualités définitives qui feront de la Posnanie la plus brillante province de l’Empire. »

Je fus invité un après-midi, par le haut fonctionnaire dont j'ai déjà parlé, à faire en sa compagnie le tour de la ville de Posen.

— je vais vous montrer d’abord le quartier neuf, bâti 11 y a deux ans.

Nous traversämes de jolies rues bordées de belles maisons modernes, percées de larges baies, aux balcons tout fleuris, aux toits de tuiles rouges. Elles étaient situées devant un parc déjà tout vert, créé de

toutes pièces depuis peu, en même temps que le

reste du quartier.

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— Voilà ce que produit ici l'élément allemand, me dit-1}.

Puis, ayant traversé de nouveau le centre de la ville, nous arrivâmes au pont Jelé sur la Warthe.

Je vis des maisons basses, creusées de caves qui sont des boutiques sordides et ténébreuses.

— Îci commence la Pologne, murmura mon compagnon.

Et je vis flotter sur ses lèvres un sourire où se lisait un vague sentiment de triomphe mélangé ile pitié.

Des deux côtés de la longue rue mal pavée s’entassaient les masures. Des enfants sales, pieds nus, barbotaient dans les mares; par les vitres, on apercevait d'étroites pièces en désordre éclairées d'un lumignon, car le soir tombait.

Le contraste était saisissant, mais facile. de le fis observer à mon compagnon :

— [l'est vrai que ces gens ont l'air bien misérables, mais tous les Allemands ne roulent pas sur l'or...

— En effet, répondit-1l; mais, puisque vous avez traversé toute l'Allemagne, citez-moi une seule ville, un seul village allemand, où vous ayez vu un tel abandon, une telle saleté.

Je me tins coi, car ce fonctionnaire avait raison.

— Le direz-vous? interrogea-t-1l gravement et comme s’il doutait de mon impartialité.

— N'en doutez pas, fis-je étonné.

Et nous revinmes vers la ville par un autre chemin.

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Un soir, je me rencontrai à une table de la brasserie Métropole, à Posen, avec le rédacteur en chef du Posener Tageblalt, M. Welcker, et quelques profes-

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