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mille d'Américains est justement assise en face de moi. Hs parlent allemand; impossible de s’y tromper : avec leurs grosses têtes à lunettes, leurs barbes touffues, l’air éteint des femmes, c’est une caravane d’émigrés qui viennent se retremper dans leur patrie.
Jé me mêle au groupe qu’un cornac entraine derrière ses explications. Il montre, à l'extrémité de la salle, un Bacchus entouré de satyres, trônant audessus d'un tonneau datant de 1624 et qui contient 40,000 bouteilles de vin du Rhin; d’autres tonneaux voisins sont d’une capacité de 20,000, 30,000 bouteilles. L'un d'eux reste vide depuis que les Français, au commencement du dix-neuvième siècle, Pont bu jusqu'à la dernière goutte. Une autre salle, ornée de peintures murales, renferme un singulier groupe en bronze : Les Musiciens de la ville de Brême, d’après le petit conte bien connu de Grimm : un âne, un chien, un chat et un coq montés les uns sur les autres et chantant à tue-tête.
À deux heures tapant, tout ce monde se lève, et bientôt la cave est entièrement vide : c’est l'heure du repas,
Les Brêmois aiment les fleurs. Déjà, aux petites gares avoisinant la ville, j'avais remarqué les buissons de roses qui grimpaient gaiement aux becs de gaz. Sur le Ring, les maisons blanches à un ou deux étages précédées de vérandas un peu surélevées, auxquelles on accède par un petit perron, sont abritées de vignes vierges et de glycines en fleurs. Les cor-
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beilles de géraniums, d’anthémis, de fuchsias, qui ornent, comme dans la plupart des villes, fenêtres et balcons, font dans les rues des perspectives de jardins Suspendus où se marient harmonieusement la verdure et les fleurs.
De Jolies promenades remplacent les anciennes lortifications, des cygnes se proménent sur l’eau paisible des lacs qui baignent les monticules verdoyants où se dressent quelques moulins à vent. Mais la promenade favorite des Brêmois, celle pour laquelle les citoyens riches prodiguërent les dons, est le Burger Park, situé à quelque distance de la ville. Planté de toutes pièces dans les prairies marécageuses où paissaient autrefois de grands (roupeaux, c’est aujourd’hui une forêt magnifique aux essences les plus variées. De belles routes, habilement tracées, permettent de se promener pendant des heures à l'ombre des sapins, des cyprès, des bouleaux, des chênes et des épicéas. De temps en temps, apparaît une pelouse immense, à l'herbe haute, la savane! On traverse un pont rustique et l’on se trouve devant une vaste pièce d’eau bordée de buissons de rhododendrons, d’azalées mauves ou jaunes: un toit de tuiles rouges perce au milieu de la verdure : c’est une maisonnette où les femmes se donnent rendez-vous pour prendre le café au lait de l'après-midi, non loin d’un grand restaurant de style moscovite où les bourgeois de la ville offrent de nombreuses fêtes.
Il ya seulement trente ans, on venait patiner ici l'hiver et les paysans extrayaient la tourbe des maré- Cages. Une généreuse émulation entraîna les Brémois. L'un offrit 500,000 francs pour tracer des routes et autant pour planter des arbres, un autre construi-
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sit à ses frais des ponts, d'autres bâtirent les immeubles publics dont jar parlé...
On cite à Brême des gens très-riches, des fortunes de 30 à: 60 ‘millions inconnues; du moins: les-plus grandes, à Hambourg. Je note des noms : M:: Woet-
tateur et importateur, propriétaire : du
jen, .expoi yacht qui battit celui de l'Empereur ; M. Schutte, roi dupétole; la famille des Melchers, exportateurs, dont la maisonest fière de ses centans d'existence, qui fait tout son commerce sur ses propres bateaux. Les agents d'émigration édifient des: fortunes scandaleuses;, on m'encité un qui, à mal soigner les malheureux émioyants qu’il va chercher jusqu'aux Karpathes, s’est fait une fortune de 10:milhons.
— Les impôts à Brême: arrivent à 11 pour 400 du revenu, me dit un Brêémois. Et nous en sommes beaucoup-plus fiers-que mécontents... La fierté brémoise-est connue et nous coûte quelquelois -un peu
cher... Quand il s’agit de décider la rectification. du:
cours dela: Weser,; nous: avions naturellement demandé à la Prusse. une: participation. importante: Mais le gouvernement se faisait tirer! Foreille, retardait, temporisait sans fin. Si bien:qu'un jour: notre Chambre de: commerce se: fâcha et dit: «-Eh-bierr! nous-payerons nous-mêmes la totalité des frais ! » On
fitainsi. Etla-Prusse-gagna, sur notre impatience et,
notre orgueil, une vingtaine de millions.
On voit à Brême de beaux restes d’architecture-privée, notimment l’Alterbremerhaus qui, .avecsa façade sculptée, témoigne d’une belle floraison: artistique.
Le musée, encore jeune; promet de devenir tres intéressant: Dirigé-par-:un homme d'un: goût. parfait,
M. Pauli, il renferme déjà de-beaux morceaux, entre: