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Après quelques années de détente, l'entente, si elle doit se faire, se fera. Avec la France, qui est un pays très sensible, il faut beaucoup de tact, de modération et de patience. Le temps travaille pour la paix. Mais il ne faut pas d'incidents, naturellement, qui remettent tout en question.
Et il répéta encore, avec une insistance qui me frappa :
— Knormément de tact, beaucoup de modération et plus encore de patience.
— Cette question marocaine, si on n’y prend garde, est un nid à incidents, insinuai-je. Et je ne vous apprends pas, Excellence, qu’on craint chez nous que l'Allemagne ne nous suscite des embarras de ce côté.
— Vous pouvez être sûr, prononça le Ghancelier, que nous n’allons pas vous créer des difficultés ni susciter des obstacles au Maroc. Nous resterons fidèles à l'esprit de l'acte d’Algésiras. De votre côté, vous devez très franchement et sans arrière-pensée pratiquer la politique économique de la porte ouverte, open door, comme disent les Anglais. L'Allemagne ne vous en demande pas davantage.
— À part cette question marocaine, repris-Je, n'y at-il pas d’autres points sur lesquels la France et l'Allemagne pourraient s'entendre ?
— Oh! certainement, fit M. de Bülow. Et la conférence d’Algésiras aura prouvé, en définitive, qu'avec de la modération et de la bonne volonté on peu arriver à s’entendre sans troubler la paix. Vous avez dû constater, au cours de votre voyage, que personne chez nous n’a envie de faire la guerre. En France
non plus, d’ailleurs. C’est que vous êtes, au fond, le