‹ En AllemagneChapitre 282 sur 294 · US TC A · texte numérisé non relu

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pays du bon sens et de la raison. Vous avez vu aussi

que le Français est très bien reçu en Allemagne et qu’on le regarde plutôt avec sympathie ?

— Parfaitement vrai, acquiesçai-je, et Je le reconnais volontiers.

Nous marchions, nous marchions toujours. Nous étions depuis longtemps descendus sur la plage et nos pas s’imprimaient sur le sable élastique. De temps en temps se présentait un ruisseau d’eau de mer et il fallait sauter, ce que la princesse elle-même faisait avec une aisance juvénile.

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Quant à moi, je n’avais de regards ni pour la mer ni pour l'horizon. Je me contentais d'écouter et j'entendais merveilleusement la voix nette et bien timbrée du prince de Bülow, qu’accompagnait la rumeur du flot tout proche.

— Et quels seraient les points sur lesquels la France et l'Allemagne pourraient se mettre daccord? insistai-je.

Le Chancelier parut réfléchir. Et il dit :

— Je crois que sur le terrain économique la France et l'Allemagne ne manqueront pas d'occasions de s’entendre.

— Vous connaissez M. Cambon, Excellence, fis-je. Il m’a parlé de vous dans les termes les plus flatteurs !

— Qui, je l'ai très bien connu autrefois à Paris. Cest un homme très fin, très intelligent, très capable. Sa nomination à Berlin fut fort bien accueillie, et je crois fermement qu’il est venu avec les meilleures

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= Ft M. Pichon, notre nouveau ministre des Affaires Étrangères, ne le connaissez-vous pas ?

— Non. Mais j'ai lu ses discours. Chaque fois qu'il a eu l’occasion de parler, il a très bien parlé.

Le moment me parut venu d'aborder des quesLions plus générales, et je dis au Chancelier :

— Beaucoup d’esprits, parmi lesquels des hommes d'Autat, envisagent que, sans toucher le moins du monde à la personnalité des peuples, l'Europe pourra un jour faire une politique européenne où le libre développement de chaque nation ne risquerait plus de se heurter à des conflits brutaux. Par exemple, ne serait-il pas souhaitable que le mouvement colonial égoiste et fermé, en usage jusqu'ici, ne fût plus désormais qu’européen, c’est-à-dire altruiste et ouvert, chaque peuple en profitant en proportion de ses moyens et de ses forces économiques ? Ainsi se crée raient les premiers véritables liens entre les diverses nations d'Europe, qui les rapprocheraient au lieu de les séparer. Chacune allant chez les autres à titre égal, il y aurait équivalence et justice dans cette espèce de concurrence librement consentie.

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