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administratifs ou membres des Chambres de comï merce.
Constitution peu démocratique, comme on voit.
Le Sénat, ou pouvoir exécutif, se compose seulement de 18 membres, parmi lesquels il faut que 9 aient étudié le droit ou les finances et que 7 appartiennent au commerce. Deux sont choisis librement. Nommés à vie, ils ne peuvent décliner le mandat qui leur est confié sous peine de déchéance de tous leurs droits civiques et de toutes leurs fonctions publiques.
Ges 18 sénateurs, élus par l’autre corps constitué, la Bourgeoisie, ne peuvent remplir aucune autre fonction publique. Et même, contrairement aux mœurs politiques américaines encore en pleine barbarie à cet égard, les sénateurs ne peuvent devenir ou demeurer ni présidents, ni administrateurs d’affaires financières, commerciales ou industrielles, sans un vote du Sénat qui les y autorise.
Le premier et le deuxième bourgmestre sont obli- Sgatoirement sénateurs; leurs collègues les choisissent au scrutin secret pour deux ans, et ils doivent présider la République pendant un an chacun. Mais ils ne
peuvent être que des gens de loi. Les Hambourgéois | pensent qu'un négociant ne serait pas assez maître de sa langue...
F Les sénateurs sont payés, la Bourgeoisie non.
Les comptes administratifs sont présentés chaque ‘ année à la Bourgeoisie par le Sénat.
Fe: En somme, Hambourg est dirigé par 160 bourgeois
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sûr ainsi, me disait un Hambourgeois. Le pouvoir ne doit pas être trop éparpillé, et il faut qu’il soit permanent. Hambourgtel.qu'il apparaît aujourd'hur:est, on peut.le dire, l’œuvre du Sénat, Le port,les quais, les promenades, l'hygiène, ils ont pensé à tout.
Ces dix-huit potentats bourgeois font, en définitave, tout, décident de tout, des lois, dont. l'initiative. deur appartient comme à la Bourgeoisie, des nomimations, des travaux de: da ville et du port. Les Bourgeois vérifient, en fin d'année, les comptes et ne peuvent rien faire: sans le Sénat. Hambourg a un bureau des Affaires étrangères où, par parenthèse, les fonctionpaires sont des gens charmants, empressés, serviables au possible, et grâce à qui j'ai pu voir la vite dans tous ses détails, Un plénipotentiaire de la République de Hambourg est en résidence à Berlin, et la Prusse y a un ministre dont le poste, passe pour très envié, car, lorsqu'il le quitte, on lui donne généralement une grande ambassade. Actuellement, le. titulaire en est M.le baron de Heyking, ex-minisire à Pékin, où il se bia avee.M. Pichon, notre mimistre des Affaires étrangères. Parfait diplomate, aimable, cour-
4ois, souriant, dont:la femme, une des, plus intelli-
sentes et des plus séduisantes Allemandes que-j'aie rencontrées, excelle à faire valoir son pays.
Les deux assemblées siègent au Rathaus.
Au milieu de la place, et faisant face au monument municipal, s'élève une statue équestre de Guillaume [°° posée sur un bloc de:granit rouge, orné de bas-reliefs.
Reconstruit il y a-une dizaine d’amnées à la suite d’un incendie, le Rathaus est aujourd’hui un bel édifice despierre dans de style de la: Renaissance alle-
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mande, peuplé de statues, surmonté d’une tour de 119 mètres, harmonieux dans sa lourdeur.
À l'intérieur, le marbre abonde avec un faste bien oreucilleux. On sent que ces libres bourgeois 0statoires n’ont rien voulu se refuser, qu'ils affichèrent délibérément leur-richesse, avec l'arrière-pensée d’étonner les pauvres empereurs et les rois loqueteux de la Confédération. Et, de fait, sauf omission, je ne.vois rien, à part le Reichstag — et encore | — qui se puisse.comparer en Allemagne à ce. monument emphatique du Commerce enrichi.
Dans le grand hall du rez-de-chaussée servant de vestibule d'entrée, se voitau-dessus. d’une porte une horloge bizarre : statue de la Mort, lugubrement. drapée, qui frappe les heures avec un marteau de cuivre, et.un enfant souriant qui frappe les quarts d'heure. On est.un peu étonné de trouver ce spectacle macabre en cet endroit. Mais qu'importe, s’il vous force à, réfléchir, ne fût-ce: qu'un instant ?
Un somptueux escalier de marbre recouvert d'un tapis rouge, à la rampe. de marbre.noir, aux épais balustres de cuivre, conduit à la salle de la Bourgeoisie. : De l’autre côté, l’escalier de marbre. des Sénateurs est blanc.et or.
On traverse la salle.des séances de la Bourgeoisie, tout..eu. chêne, avec ses 160: fauteuils de cuir, , puis une longue galerie aux superbes portes massives. en marqueterie de cuivre, d'argent, d'ivoire, d'ébène, de nacre et d’écaille, qui donnent accès dans da salle.1rapériale dont les murs sont tapissés.de cuir repoussé ; du plafond à caissons dorés tombent d'énormes lustres de bronze. Des peintures représentent Venise, Amsterdam, Athènes et Rome. On vous fait admirer
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d'énormes colonnes d’onyx du Maroc (?). Du moins l’huissier le prétend. Une autre admirable porte de cuivre conduit dans une enfilade de salles où se succèdent, sur les murs, le cuir, le marbre, l’acajou, le velours de Gênes. Quelquefois de très mauvais tableaux gâtent la beauté de l'architecture et du mobilier. Le guide pourtant vous les explique, vous cite les noms des peintres avec la déférence qu’il aurait pour Albert Dürer ou Raphaël, et les gens les écoutent d'un air d’indifférence respectueuse. Ils s'arrêtent de même en passant devant un vase de Sèvres offert à Hambourg par un président de la République française, des lustres de cuivre jaune et rouge d'un joli dessin. La salle du Sénat, toute petite puisqu'il n’y a que 18 sénateurs, est tendue de Cuir. Les deux bourgmestres se placent sur des fauteuils surmontés d’une sorte de baldaquin de chêne sculpté,
La visite finit par la grande salle des Fêtes qui mesure #1 mètres de long sur 18 mètres de large et 15 mètres de haut, aux murs de marbre jaune veiné de blanc. Sous un dais de chêne, deux fauteuils de gala sont destinés aux deux bourgmestres. Trois grands lustres de cristaux taillés éelairent la salle. La porte centrale est de marbre. Quatre statues de bronze supportent le fronton, aidées de quatre colonnes de marbre noir.
Des ascenseurs conduisent aux bureaux situés aux étages supérieurs.
Au milieu d’une cour, à l’intérieur, une jolie fontaine de bronze.
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J'ai eu l'honneur de causer avec le président actuel du Sénat et de Ja République, le docteur Burchard, l'allié de Guillaume Il. Il habite, près de l’Alster, Klopstockstrasse, rue déserte, une maison éblouissante de blancheur. On m'avait prévenu :
— Le protocole exige que vous l’appeliez : « Votre Magnificence ». C’est le titre chinois des premiers bourgmestres de Hambourg.
Je suis donc entré, introduit par un valet en grande tenue, dans un salon orné de vieux portraits d’ancêtres. Et je compris qu’en effet ces bourgeois libres cultivaient le même orgueil que le plus fier aristocrate à regarder ces gens à perruques, à ruches et à jabots qui furent leurs pères.
Une fois déjà j'avais rencontré le docteur Burchard dans la rue, en landau découvert, habillé d’un costume de velours noir, le cou entouré d’une fraise, dans le
genre des personnages hoflandais du seizième siècle,
Et je me demandais si je n’allais pas me trouver devant un tableau de Rembrandt.
Mais non. Chez lui, le docteur Burchard est habillé comme vous et moi. C’est un homme de haute taille, qui ressemble un peu, avec sa grosse moustache tombante, à M. Picard, le directeur de nos Expositions universelles. Il est froid, d’une distinction simple, très maitre de ses paroles.
Nous parlons du Canada, du consul général de France, M. Lefaivre, qu'ilparaît estimer extrêmement,
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