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cieuses. D’où vient donc la rage des peintres d’aujourd’hui ?
Je risquai ma théorie de l'éducation et de l’habitude :
— Je crois, fis-je, qu’on peut très bien expliquer l'aversion de l'Empereur et la vôtre. Jusqu'à vingt ans, on ne Vous a montré probablement que de la peinture ancienne au bitume et très finie. Votre œil à pris l'habitude de ne considérer 1a peinture qu'avec ces qualités — ou ces défauts. Vous l'avez connue et aimée ainsi. Et le jour où on vous à présenté une peinture plus aérée et plus claire, votre goût, c'est-àdire votre conception habituelle des tableaux, s’est révolté. Vous avez cru qu'il fallait choisir entre l’ancienne et la nouvelle et vous n’avez pas hésité. La preuve, c'est que, aujourd’hui, on vous obligerait à vous décider entre la manière de Manet et la dernière école, vous choisiriez l’école de Manet. Pourquoi ? Parce que, tout de même, voilà vingt ou trente ans que Vous y êtes habitué. Vous le disiez vous-même tout à l'heure : « le deuxième... passe encore... » Et les tableaux de 1830 que vous admirez aujourd’hui comme de bonnes peintures, n’oubliez pas qu'ils ont élé conspués pendant de longues années après leur apparition par des gens qui n’avaient pas plus mauvais goût que d’autres, mais qui, comme l'Empereur sans doule, et comme vous-même. Magnificence, étaient des gens d'habitude...
Sa Magnificence hocha la tête d’un air de doute, et me répondit :
— Allez les voir, allez les voir. C’est inexplicable,
Puis il me parla de l'Empereur :
— Vous devriez le voir, me dit-il, Il est si intelli-
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