A MES AMIS D’ ALSACE-LORRAINE
En Alsace-Lorraine , il n’y a pas de chemin que je n'aie suivi , il n’y a pas de monument que je n’aie étudié , — non pas une seule fois (hélas! qu'est-ce qu'une seule fois ? une seule fois ne saurait compter !), mais à maintes reprises, chaque année, plusieurs fois par an.
J’ai interrogé les villes et les villages , j’ai étudié ce ciel et cette terre d’ Alsace-Lorraine, avec un esprit toujours nouveau et, pour ainsi dire , avec des yeux toujours renouvelés .
Aussi, je comprends de plus en plus la belle et tragique contrée! Elle m'a dit son secret, autant qu' elle peut le dire à un homtne.
D’ ailleurs , j’ai tant parlé d’elle avec tant d'atnis qui sont les siens et les miens.
Les uns habitent aujourd’ hui la France. Ils y ont apporté , dans leur âme, les qualités de leur pays natal , et, par le souvenir toujours vivant, leur pays natal lui-même tout entier. L^es antres sont restés là-bas. Je vais les voir chez eux. Ils viennent me voir à Paris, fraternellement .
C’est aux uns comme aux autres que je dois la meilleure partie de cet ouvrage .
Ouvrage qui me fut à la fois si délicieux et si difficile ! Le sujet se transforme sans cesse, et se transforme sous un voile. Il présente sans cesse une double énigme à deviner.
J’offre mon livre aux Alsaciens-Lorrains : à ceux de là-bas et à ceux d'ici. Chacun d’eux, à quelque détail, verra que je connais l’A Isace- Lor raine. A l’ensemble, tous sentiront que je l’aime.
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