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De plusieurs vill Sraphes les plus
œuvres de mécanique lrés-compliquées, de à Musique, qui se Yendaient jusqu'à deux e francs.
Maintenant, il n’est sorte de trav TIC qui ne puisse tre Parfaitement achevé dans Ja forêt Noire, On compte dans cette D'ovince, sur une DOpuülation de (rois cent mille ämes, SCpl Cents maîtres horlogers, el l'on estime à Quinze millions de francs Par an la valeur de leurs produits. Les Principales fa= briques sont à Furtwangen, à Neustadt, à Triberg, à Lenzkirk, Mais dans les plus petits Villages, dans les Maisons bâties à l'écart sur un froid Plateau, on peut voir des Ouvriers qui incrustent dans un Cylindre les notes les plus harmonieuses de Rossini ou de Donizetti, qui disposent les ressorts d'une figure IMOuvante, On Peut entendre résonner à tout instant le joyeux cri du COUCou. Le vrai COUCou, dont Jes enfants de Ja Campagne interrogent le cri Pr'ophétique, ne Chante qu'au re- (our de là belle Saison, sur les rameaux des bois; mais celui des horlogeries de Ja forèt Noire chante toute l'année et Partout. On diriit Un printemps perpétuel, Les habitants de la forèt Noire, Comme ceux des Franche-Comté ct des Montagnes de Orvége, sont doués, en général, d'une intelligence les leçons de l'école, et d’une apre pour les œuvres d'art et de mécaniplus vif, plus éthéré de leurs régions
S pendules L'trois mille
ail délicat d'horloge-
sermer en eux ces facultés ? Est-ce leur ''élraite dans des habitations éparses
» leur isolement qui leur donne n même temps t l'instinct de cision ou de
ant les longues Soirées d'hiver,
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LA FORÈËT NOIRE. 349
pas même les noms, il est sorti des peintres, des sculp-
teurs, qui se sont fait par leurs œuvres une noble ré-
putation. Dans un de ces villages, à Donaueschingen, * j'ai trouvé un jeune homme vivant d'une vie modeste
dans le silence de son atelier, et qui nous parlait avec
une touchante expression de respect de nos grands ar-
tistes, d'Ingres et de Scheffer, dont il avait été le disci-
ple. Dans un autre de ces villages, situé au pied de
Feldberg, est né Winterhalter.
Gaiement j'ai commencé cette excursion, et gaiement je la continue au sein d’une population qui dès le premier jour m'a intéressé, à travers des coteaux et des ravins qui à chaque instant n'offrent un nouveau point de vue; tantôt on chemine au bord d’un ruisseau, le long d’une prairie si fraîche et si verte, qu’on voudrait y rester ; là, les tilleuls séculaires répandent, en été, sur les pas du voyageur, les parfums de leurs fleurs odoriférantes ; là, comme le vaste ombu de la Plata, le chène abrite, pendant les grandes chaleurs, le troupeau assoupi sous ses légers rameaux. Là, comme dans la vallée de Lods, s'élèvent, sur plusieurs lignes parallèles, les plantations de cerisiers, une des richesses de la forèt Noire. Là, sur la pente d’une colline, en face d’un divin paysage, un des heureux enfants du canton, enrichi par son travail, par son négoce en différents pays, est venu construire sa demeure et se réjouit de s'être créé ce dernier gîte sur le sol que nulle contrée étrangère n’a pu lui faire oublier. Puis voilà que de cette riante enceinte, qu’un classique ne manquerait pas de comparer à la vallée de Tempé, on remonte sur un de ces plateaux où il n’y à plus ni bois ni trace de culture. Le paysage est triste comme un paysage d'Islande; de quelque côté que l’on tourne ses regards, on ne voit aucune habitation, et l’on se croirait dans un désert. Mais, à l’une des extrémités de l'horizon, se dessine la pointe d’une humble chapelle, qui indique que près de
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là, dans les replis du terrain, sont cachées, comme des nids d’alouettes dans les sillons, les maisons d’une paroisse, et au bord du chemin s'élève un autre signe de communauté religieuse, une croix ou un oratoire. Ces eæ-voto de quelque àme pieuse, ces rustiques monuments, sont une des prérogatives, un des bienfaits du catholicisme, et je dirais même un des ornements du paysage dans les pays catholiques, si je ne craignais d'abaisser par une considération profane une idée surhumaine. Ils décorent les flancs du roc aride, ils animent la solitude silencieuse. Sur le sol étranger, ces croix semblent tendre les bras à celui qui n’a sur ce sol ni parents ni amis. Ces images de vierges réveillent un sentiment d’espoir dans le cœur de celui qui souffre. Que de fois le voyageur fatigué s’est arrêté sur les marches d’un de ces oratoires, et y a pris, par l'efficacité d’un pieux recueillement, une nouvelle force ! Que de fois une pauvre mère affligée s’est agenouillée là et a prié, pleuré, et s’est relevée consolée!
« Il y a, dit un écrivain populaire de la forèt Noire, une puissance profonde dans la manifestation du catholicisme. Partout où tu voyages, partout où tu t’arrêtes, les temples sont ouverts à ta foi, à tes espérances, à ton Dieu; partout la communauté s'incline avec les mèmes signes de dévotion, contemple les mêmes images, prononce les mêmes paroles ; partouttu te trouves aumilieu des frères et des fils du saint-père invisible de Rome. »
Çà et là aussi, dans la forêt Noire, à la pointe des montagnes, à la cime d’un roc escarpé, apparaissent des tours démantelées, des murailles en ruines, derniers débris d'anciens châteaux qui jadis dominaient ce pays. Les châteaux sont renversés, les fiers seigneurs qui asser vissaient les villages à leur pouvoir et quelquefois les appauvrissaient par leurs exactions ou les révoltaient par leurs cruautés, sont morts. Il en est dont la race est complétement détruite. Il en est d’autres
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dont les descendants occupent un rang modeste dans l'armée ou l'administration du duché de Bade, et n'aspirent qu'à obtenir, de degré en degré, un légitime avancement par la régularité de leurs services, Au pied de ces manoirs féodaux s'élève à présent te chalet solitaire du paysan, qui, pour utiliser dans toute son Ctendue le terrain qu'il occupe, doit accomplir tour à tour une lâche de laboureur, de peintre et de bûcheron. Ces chalets sont construits d’une façon toute primitive ; la base en picrre, le reste en bois, un toit très-allongé, sous lequel s'étend une galerie comme dans les chalets suisses. La plus grande partie du bâtiment est réservée aux bestiaux et aux approvisionnements de bois et de fourrage. La famille réside dans une salle où s'élève un large poële entouré de bancs, comme les isbas russes. Le plafond de cette salle est noirci par la fumée des torches de bois, qui, dans les veillées d'hiver, remplacent le bec de gaz et la lampe Carcel. Les fenêtres, petites et basses, sont toujours constamment fermées. Un de leurs carreaux seulement s’en détache, glisse sur une coulisse, s'ouvre comme un Was ist das. C’est par là que de temps à autre l'air frais pénètre dans l’intérieur de cette habitation. C'est par là que, selon l'expression vulgaire, le père de famille ou l’un de ses enfants met la tête à la fenêtre. Les habitants de ces maisons isolées ont conservé plus fidèlement que ceux des villages le costume, les mœurs domestiques et les pratiques religieuses de l'ancien temps. Les femmes y tissent et y façonnent, comme autrefois, les vêtements de la famille, et une cloche suspendue au-dessus de la porte tinte régulièrement l'Angelus, appelle matin et soir la petite communauté à là prière. On se tromperait, du reste, si l'on jugeait de la fortune de ces gens de la forèt Noire par leur chétif mobilier et leur salle enfumée. Il est tel paysan qui passe là toute sa vie sans s’accorder un objet de luxe, sans se permettre une
352 LA FORÈT NOIRE.
fantaisie, et qui possède un domaine considérable, dont il dispose d'une façon absolue, c'est-à-dire qu’en vertu d'un usage qui a survécu au régime de la féoualité, il peut le donner à son fils aîné ou à son fils cadet, en accordant selon son bon vouloir une indemnité pécuniaire à ses autres enfants. Il est vrai que le gouvernement du duché de Bade ne fait que tolérer cet usage, et que, si les enfants demandent à la justice un partage plus équitable de leur patrimoine, la loi le leur accoï”*e, Mais on dit que ces réclamations contre la décsi n paternelle ne portent point bonheur, et il est rarc que les tribunaux en aient une à juger.
Par leur construction rustique, par leur position au fond d’une allée ou au penchant d'une colline, quelq:tesuns de ces chalets ont un aspect si pittoresque, qu'un paysagiste ne pourrait rien inventer de micux pour compléter un de ses tableaux.
Mais la suprême beauté naturelle de lascontrée que je ne me lasse point de parcourir, c’est cette étendue de forèts qui lui a donné son nom et qui occupe plus de la moitié de sa surface, forût de chêne, de hôtres et surtout de sapins. Avec quel plaisir je les revois, ces sapins élancés et superbes, comme ceux dont j'ai contemplé dès mon enfance la sublime majesté! Dans le cours d’une existence un peu nomade, partout où Jai retrouvé leur dôme imposant, j'ai éprouvé la mème émotion. Au bord des fleuves du Nord, il m'a semblé qu'ils m'attendaient de la patrie lointaine. Ilm'’a semblé parfois qu’il y avait entre eux et moi je ne sais quel lien mystérieux, quelle affinité indéfinissable, peut-être une dryade invisible, qui, par un message porté sur les ailes du vent, me recommandait à ses sœurs de Suède, de Norvége, de Russie et du Canada. Mais,sans éprouver le charme d’un de ces souvenirs de jeunesse, qui ne les admirerait, ces beaux bois qui, par une des grâces de la Providence, s'élèvent si haut dans
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les plus àpres régions et gardent leur verdure dans les plus froids hivers? Par comparaison avec l'Amérique, tout est petit dans notre vicille et orgucilleuse Europe, fleuveset montagnes, plaines et chutes d'eau, Qu'est-ce que notre chétif Mont-Blanc comparé aux cimes des Andes? Qu'est-ce que le cours du Rhin ou du Danube comparé à celui du Mississipi? Nos cascades le plus renommées n'apparaîtraient que comme de pauvres faibles jets d’eau à côté des cataractes du Niagara; le Kio de la Plata, l'Orénoque ou le Marahino absorberait dans son embouchure, sans qu'il y parut, nos plus belles rivières. Le golfe du Mexique, qui ne fait pas grand bruit dans le monde, a l'étendue d’une mer, d'une mer presque aussi vaste que la Méditerranée, qui à vu s’accomplir les destinées des Phéniciens, des Juifs, des Grecs, des Carthaginois, des Romains, et dont l’histoire occupe toutes les écoles et toutes les académies, depuis qu’il y a desécoles et des académies, Mais, si l’on en excepte le Canada, on ne verra dans l'Amérique du Nord et dans l'Amérique du Sud rien de pareil au sapin; le sycomore n'est pas si grand, le palmier n’est pas si droit. Les forêts vierges, avet leurs entrelacements de lianes et leurs plantes touffues, ne produisent pas la mème impression que les forèts profondes de sapins. Sur leur sol s'étend une mousse fraîche, molle, veloutée, ou de longues bandes d’une petite herbe verte à trois feuilles, qu'on appelle en Franche-Comté le pain des oiseaux. De ce tapis plus net et plus brillant que ceux qui parent les plus magnifiques salons, s'élèvent, comme des piliers de marbre, comme des monolithes tels que l'Égypte n’en à jamais fait, les tiges arrondies des sapins, avec leur écorce grise et leurs nœuds brisés, qui v font de distance en distance, comme un cercle de clous d’or. A leurs cimes aériennes, les pointes lancéolées de leurs rameaux forment un réseau dentelé, à travers lequel
LA ST ee
354 LA FORÊT x DER
la lumière scintille comme une quand tout se lait, on éprouve émotion Pareille à celle ceinte d'un édifice religieux, Cog aux colonnes effilées d'une rayons du soleil Y brillent comme ges de couleur, a résine y répand u et, lorsque le vent souflle dans ces profondeurs, on croirait entendre le gémissement des grandes orgues. Il y à dans Ja forêt de Levier, entre Salins et Ponlarlier, des Sapins de cent quarante pieds de hauteur, et de trois à quatre pieds de diamètre. Ceux de la forét Noire n'ont pas la même Sr'andeur, mais il en est qui s'élèvent jusqu'à cent Vingt pieds.
Ces bois sont Ja Principale richesse de badoise, et ladis les possesseurs celle fortune en ont usé comme des Les Hollandais, en habiles négoci chercher des bois de Construction , l'appät des florins : lüillaient à droite diment à travers la forêt, Plus ürd, on à reconnu les funestes résultats de cette imprévoyance. Le prix des bois s’est accru, et, plus il s'accroît, plus on prend à lâche de les ménager, Maintenant, par suite de ces sages réflexions, il ne se fait là que des COUpes révulières, pour les besoins des habitants qu pays ES pays étrangers. Ce 'avail OCCupe dant plusieurs Mois de l'année une gr Population de Ja lorût Noire, de Charbonniers, des fabricants de des menuisiers el des ébénistes Penterie, de scierie, et des sur les rivières les bois que l'on appelle Clcore, en mémoire de ceux qui les pre-
miers sont venus le chercher, le bois hollandais (Ho. landisches Holz),
parure de diamant. Là, au sein de
ces bois une QUE saisit le con
dans l'en arbres ressemblent Cathédrale £othique ; Les à travers des vitrane odeur d'encens,
celle province inexpérimentés de enfants prodigues, anis, venaient ici el les Paysans, par el à gauche étour-
el pour au moins penande partie de Ja S bûücherons et des désine ct de potasse, » des ateliers de char- Mariniers qui font flotter l'on exporte au loin et que
amant, Là, 8 bois une dans l’en- ‘ssemblent hique ; les des vitrad'encens, deurs, on es orgues, ns et Pon- > hauteur, de la forêt en est qui
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Aussi les gens de la forêt Noire aiment ces bois, auxquels ils doivent en grande partie le bien-ôtre ma tériel, Hs n'en font point l'objet d'un culte mystéricux, comme les anciens druides; ils ne leur offrent point de sacrilices, comme jadis les Slaves de Wa Poméranie; ils ne les interrogent point, ainsi que les Grecs, comme des oracles; ils les aiment comme on aime ce qui est beau, grand , utile, et, par une idée touchante, ils y ensevelissent leurs morts. Près de plusieurs villages, sur la lisière du bois, la conmmmanauté chrétienne établit son cimetière ; elle l'entoure d’un mur, elle y plante une croix, elle y creuse des tombes. Le bûcheron qui a passé sa vie dans les forêts se complait peut-être dans l'idée de reposer après sa mort sous leurs verts rameaux. Celui qui s’y rend chaque jour avec sa hache et sa charrette ne peut manquer, en passant, de songer à ceux qui dorment là près de lui, tandis qu’il continue son labeur, et de s'agenouiller sur la fosse de ceux qu'il a aimés.
Dans ces mêmes forêts, on célèbre aussi plus d’une fôte joyeuse. J'ai vu là, par une belle matinée, défiler tout un cortége nuptial, et je me suis fait raconter les préliminaires du mariage. Ils ressemblent à ceux de la Bretagne. Voici, me disait un honnête paysan que j'interrogeais, voici comment s'est décidé le mariage qui vous occupe. À deux lieues d'ici, est un laboureur nommé Fahrmann, qui a un fils, un fort et grand garçon appelé Clément, Aux fêtes patronales et aux jours de foire, Clément a vu Gretle, la fille d’un des bons propriétaires de notre village; il sait qu'elle est sage et laborieuse, et qu’elle aura un jour un assez joli petit bien; il a résolu de Pépouser, et ses parents l'ont approuvé. Il s’agit alors d'obtenir l'assentiment du vieux Thiel, le père de Gretle. Chez vous, à ce que j'ai entendu dire, pareille chose se traite directement et promptement. Mais ici nous employons, depuis un
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temps immémorial, d'autres procédés. Clément confie ses projets à deux hommes expérimentés, qui se chargent de plaider sa cause. Ces deux plénipotentiaires se rendent à la demeure de Thiel, frappent à la porte. Le vieillard, qui s'attend à cette visite, ouvre son Was ist das et leur demande ce qu’ils veulent. Les messagers se gardent bien de lui dire de prime abord le motif de leur démarche. Îls répondent qu'ils ont entendu parler d’un de ses chevaux, qui, à ce qu'il paraît, est superbe, ct qu'en passant par hasard dans le village ils s'étaient proposé de voir ce magnifique animal. Le vicillard descend, les conduit dans son écurie; ils regardent attentivement le cheval, les bœufs, les vaches, font un pompeux éloge de ce bétail, et, pour les remercier de leur courtoisie, Thiel les invite à entrer dans sa maison et à prendre un verre de kirsch. Gretle apporte du pain, des verres, salue les étrangers sans la moindre apparence d'émotion, quoiqu'elle sache bien aussi quelle est leur mission.
Les trois hommes s’asseyent à table, allument leur pipe et se mettent à parler de toute espèce de choses, des nouvelles du canton, de la grèle qui est tombée il y à quelques jours, de la foudre qui à éclaté sur la cloche; pas le moindre mot qui se rapporte à une idée matrimoniale, La conversation se prolonge ainsi tant qu'il reste une goutte de vin ou de kirsch dans le flacon. Thiel attend que les messagers abordent la grande question; et ceux-ci, jaloux de conserver la dignité de leurs mandataires, ne veulent pas hasarder une proposition décisive sans s'être d’abord à peu près assurés qu'ils n’essuieront pas ur refus. Enfin, on en vient à parler du produit des bestiaux, du prix des bois, de la valeur des récoltes. Alors Thiel dit tout ce qu'il a vendu au marché, et tout ce qui lui reste encore dans son étable et dans sa grange. Ensuite, comme s'il se plaisait tout simplement à montrer à des étrangers l'éten-
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due de son domaine, il va chercher un rouleau de papier sur lequel sont enregistrés ses champs et ses pâturages. C’est là, enfin, le signe de bon vouloir désiré par les avocats de Clément. Le plus âgé des deux, après avoir contemplé et admiré la feuille du cadastre que le vieillard vient de lui présenter, s’écrie : « Ah! voilà de belles et bonnes terres, mais j’en connais d’antres près d'ici qui ne valent pas moins, ce sont celles du père de Clément. Qu'en dites-vous? ajoute-t-il en frappant sur la table, comme s'il concevait une idée subite, si ces terres Claient jointes les unes aux autres, cela ne ferait-il pas un beau bien?
— Eh! eh! reprend Thiel en souriant et en rallumant sa pipe, on pourrait y songer. »
Puis alors il remarque que la bouteille est vide, appelle Gretle pour qu’elle en rapporte une autre.
Gretle revient, et le messager lui dit : « J'ai oublié de vous saluer de la part de Clément. C’estun brave garçon, Clément, voulez-vous boire à sa santé avec moi? »
Si la jeune fille prend le verre qui lui est offert et le porte à ses lèvres, le mariage est résolu, ct le dimanche suivant les deux fiancés doivent diner ensemble.
Quelques jours avant la noce, un char attelé de quatre chevaux, parés d’un harnais neuf, s'arrête à la porte de Thiel. C'est le char de Clément qui vient chercher le trousseau de Gretle. Les domestiques de la maison et les amis de Gretle y placent, en grande pompe, un large lit surmonté d’un baldaquin, des coffres dont on a soin d'ouvrir les couvercles, pour faire voir aux curieux tout le linge qu'ils renferment, des ustensiles de ménage, une quenouille chargée de lin et ornée de rubans, et un balai de rameaux blancs, indice de la propreté qui doit ètre entretenue dans la maison.
Le jour de la consécration nuptiale, dès le matin, les amies de Gretle se réunissent autour d'elle pour laider
dans sa toilette. Elles lui nattent les cheveux avec des tresses de coton rouge, elles lui enveloppent le col et la poitrine dans une gaze de soie, elles lui nouent à la ceinture un tablier en soie noire et un jupon qui tombe à larges plis sur des souliers à hauts talons. Enfin, elles lui mettent sur la tête une couronne ornée de paillettes et de grains de verre de différentes couleurs.
Puis, enfin, on se rend à l'église, et alors la fiancée, si heureuse qu’elle soit, doit un peu pleurer, car on dit que le mariage qui n’a point le premier jour cette consécration de larmes sera un malheureux mariage. En Finlande, les jeunes fiancés doivent se soumettre au même usage; mais je n'ai point retrouvé ici ces élégies naïves, ces strophes touchantes, que lon adresse en Finlande aux mariés. La lointaine région du Nord est plus poétique que la forêt Noire.
Après la cérémonie religieuse, Gretle est montée sur le char à quatre chevaux, conduit par un postillon ct précédé d'un courrier. Derrière elle est un autre char où s’assoit Clément, tenant à la main une bourse rouge pleine de petites pièces de monnaie, qu'il distribue aux passants. Au son des coups de fusil, des violons et des clarinettes, ce cortége se dirige vers la maison des jeunes époux. Là est préparé un grand banquet, auquel sont conviés tous les parents et les amis; là, on danse jusqu’au milieu de Ja nuit. Puis, le lendemain, on va se promener dans les Bois.
C'est à cette promenade que j'assistais avec curiosité, Mais ici il faut que je me décide à faire une triste, une pénible révélation, qui m'a plus d'une fois préoccupé dès le commencement de mon excursion, que je voudrais pouveir supprimer de ce récit, et à laquelle pourtant l'amour de la vérité, l'un des devoirs du voyaeur, me condamne. Gette r'vélation, la voici : les femmes et les filles de la forêt Noire sont laides! Le grand mot est enfin lâché. Elles sont laides, réellement
EUX avec des ent le col et I nouent à Ja on qui tombe . Enfin, elles de puillettes rs.
‘ la fiancée, rer, Car on T jour cette IX IMariage,
* Soumettre
UVÉ ici ces
l’on adresse
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montée sur postillon et autre char urse rouge | distribue es violons la maison | banquet, lis ; là, on ndemain,
ec curio= ne {riste, IS préoc- 1, que je laquelie du vovaici : les ides! Le lement
laides. Hebel, l'aimable poëte, a “Anne \üichter ax dessiné, Auecrbach à nas Sr : . . figures qu'ils aient connues où di e bannir:
celles-là, je n'ai pas eu le bonheur e me hâlés Je n'ai vu que de gros traits berne { ces femmes sans expression, La laideur eut bros Fri he sont affliocées . eg sure ss monte jus habillent : des robes dont la ti PSE à araître bossues, des mouchoi È à Fu sr ten le col jusqu'aux oveilles, et ss cure quelles coiffures ! Des DAPeane du de blanforme, mais tous également Diagraute ve bon pes noires chis à la chaux et surchargés de grosses si ire en laine, d’autres, qui sont ronds Mr va fer tx d'hommes, peints en jaune, roides et > si ne étaient forgés avec des lames de tôle, w . < ne ailes plissées sur les côtés comme pair | 1 Fe à la pluie. Non, jamais, en aucun be Le L'aréisle de si lourd, et, pour tout dire, 7e . “ : EE ns le plus intrépide se déciderait ne pi nn .
crayons, pour faire une exquisse de . . É ie coutrements, etje ne sache pas ‘n pe A ma nr idéale ne s’affaisse en face de ces it si ; .. [I faut croire que ces femmes, qui es “ jar une ment des grâces extérieures, ont | ar Ex compensation providentielle, se ne ed h chrote. car elles sont estimées et | désiries nique scandaleuse n'a que bien fes tot des verlignes furtives à glaner dans la ne domestique tueux habitants de la forèt nd ix à larges bords, Les hommes, avec leurs Ne be sur les talons leur longue redingote qui leur . le ms Lc je oilet, orné d’une double ligue de NOR | M à leurs culottes en peau, PL agréables à voir. Mais quelles braves gens, intellig