‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 112 sur 115 · LES FORTOHES ET LA TERRE KI · texte numérisé non relu

LES FORTOHES ET LA TERRE KI

r-&tra particuliers décident des niouTemeiiU vers telle ou. telle ré^on. Il y a quelques années tout le monde parlait de la Patagonïe sana la connaître. On la connaît, maintenant. Oo sait que ses terres les meilleures ne peuvent nourrir plus de 3,000 montons par lieue carrée. C'est le chifGre maximum dans le Chubut, Sanla-Gruz et le Rio-Negro. Et pourtant l'hectare de ces terres pauvres 'vaut anjourd'hui 5 piastres et même davantage, alors que celles formidablement riches d'Oran se payent 13 piastres. Cette différence inadmissible ne s'explique que par l'ignorance et Tesprit moutonnier.

J'ai pu constater d'antres anomalies dans des zones plus restreintes. Aux environsdeRosario,par exemple, la terre, qui est de tout premier ordre, se paie actuellement 1,700 piastres l'hectare (3,740 francs) et ce n'est pas trop cher pour ce qu'elle produit*. IfaiSf à , six ou huit lieues de U elle se paye exactement la moitié, et k dii lieues, 5 ou 600 francs an maximum. Or, toutes ces terres sont identiques, par leur composition et par les conditions d'esploitation. Si la proximité du port et de la ville légitime une différence dans te prix, elle n'expliqoe pas un écart pareil.

Des faits du même genre peuvent s'observer sur tonte la surface de la République.

Donc nous constatons, d'un cdté, one survalorisation excessive, de l'autre, une moins-value inexplicable.

n est certain qne peu i peu le nivellemuit se fera par la hausse des bonnes terres éloignées. Et la spé* culation qui apparaît aujourd'hui la plus sûre est.

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à mon aris, — que j'ai ea soin de Tériâer près des geiulesplugcompétents — Facltat des fécondes lems centrales déjh valoriiées.

Les gens tiabiles achètent dans ces régîoiu, et en même temps, pour une spéculation i plus long teinM, dau les tones iotntaiDes et (TaTenir.

M. de la Torre, président de ta Société renie de Rosario, me racontait quelques ol)servations faites par loi lors d'un récent voyage daas l'Amérique du Nord, au sujet de la valeur comparative de ta terre dans lei deux pays.

— Notre terre est meilleure qu'aux États-Unis, ne disait-il. Même nos régions arides valent mieux qne celles da Texas et de l' Arizona, vrais déserts de pierre où il faut 4 hectares à une vache pour presque mourir de faim, et où l'eau est bien plus rare encore que chez nous. Gatamarca et la Rioja, qui passent pour des provinces maudites, sont surtout pauvres d'babi> tants. Il est bien vraiqae la population, très clairsemée, est fortement métissée d'Indiens et n'a aucune initiative. Mais on y trouve beaucoup de pAturages natorels, de l'eau dans des coins ignorés et une terre viei^e qui produit d6i qu'on la remue. Les régions que, chex nous, on déclare arides, ont souvent une terre excellente qu'on ne connaît pas et de l'eau souterraine, ce qui n'est pas le cas des États de l'Ouest américain ni de l'Australie, oA les déserts sont de vrais déserts.

f En réalité, conclut H. de la Torre, nons ne connaiss(His pas notre pays. Quand j'étais enfant, — ceci se passait en 1870, — mon père et ses amis, gensd'afaires pourtant, et pas sots, disaient, en parlant de erres situées i cent kilomètres de Rosario : « Ça ne

LES FORTUNES BT U lERBB BIS

vaudra jamaûrienl t On vendait alors la lieue carré« 6,000 francs'. Quant i la Pampa centrale, encore au pouvoir des Indiens, on pensait que c'étaii de l'espace inuiile qu'on aurait bien pu leur laiâa«:, mais qu'il valait mieux les chasser pour la sécurité du pays.

Ce que disait U. de la Torre de l'Amérique du Nord, me faisait penser à l'Australie que l'on oppose souvent à t'Argentioe. Je me souvenais qu'un jour eu entrant dans le bureau de H. Labitle, un compatriote charmant et un, devenu chef du bureau des statistiques au ministère de l'^riculture» je me croisai avec un homme à large chapeau et au teint de brique, qui paraissait très animé :

-~ C'est un colon australien, me dit M. Lafaitte, venu pour étudier les ressources du pays, et qui se montre enthousiasmé des récoltes qu'il a vues et du prix des terres. Il vient de me dire qu'en Australie des champs produisant comme les nôtres, se vendent couramment cinq fois plus cher. U va s'installer ici et écrire â ses parents et amis pour les inviter à suivre son exemple.

Donc, entre l'aveuglement des timides et l'enthousiasme irréÛéchi des optimistes, il y aurait un juste milieu à adopter. Depuis vingt ans, les pessimistes vont annonçant toujours la c Crise 1 1 Cependant les années passent, la fortune générale s'accroît, malgré bien des récoltes moyennes ou mauvaises, les cultures s'éleodent, l'élevage progresse partout; la valeur des exportations augmente chaque année. Ces Jérémies, au

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lieu de gémir, eussent mieux ^t de s'enridiîr. Vais ib manquent de décision et d'initiative et, poor légitimer leur excès de prudence, ils continaent à prédire des catastrophes. C'est un état d'esprit bien eonoa qui s'appelle : la peur.

Je préfère pour ma part le point de me de te c<wfiince.

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