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mieux 6tre nombreux'. Seulement, je pense qae monsîear et madame ne aéraient pas heureux ici, parce que la vie est bien dure.
Je 1< crois sans peine. L'alh Spre de CM hautett», l'oppression de l'altitude, cette morue «t sèche grt* saille, Tont de cet ehdroit l'un deS points les plus inhospitaliers de la terre.
En toruut de chez l'Indienne, nous rencdntroni, at^ dans ta ponsâière, un homme qui ehante m s'ftccompagtiant du tambotn-in. Oe ohant grave et mootH totie me rappelle lès mélopées des fetltifas txtt Htm dQ nil.
Toici M qn'il dit :
Celte petit» boit* a ana boiicke pour pirisr...
(Il s'agit du tambonrin.)
Hais il loi manque do T«tu pwur m'*id«r i pleurer.
Prés de lui, une TJeille Indienne tricote. On l'appelle, elle s'en va, laissant U son tricot. Ha femme le prend et essajfe de continner te Iravail commença,
La bonne vieille revient, regarde tes derniers pointa faits et dit, sur u& ton de douceur cbafmante:
— Là déflora s'est trofnpéë, oui, vraiment, (ottt à fait trompée.
En elTet, etle piss6 sa laine autour du cou, et tient son ouvrage à l'envers. Il lui faut donc défaire ïei points de l'éirangëre. Elle pourrait s'en modtrer mécontente et hargneuse. Hais elle sourit avec bien* veillance.
t. n T 4 lG(r luliltuitt h u QaMes.
Noufl sommes si prds de la Bolivie, qa'il Taot bïea ftller y mettre le pied. Nous prenons une voiture qui, en cahotaot sur les cailloux, nous conduit eu oioins d'uD quart d'heure de l'autre c6té de la frontière argentine. Elle est indiquée par une énorme borae p<»ée de guingois au milieu des rocs. Désolation. Solitude. Au moins, du côté argentin, aTons-noos une gare, des rails, un peu de mouvement et de bruit, un village. Ici, sur le dur désert minéral sans atténuation, le sileuce impressiounaot, l'immobilité de toute cette pierre sans vie. Rien ne peut pousser dans ces granits roux : des prospecteurs ont trouvé sous les carapaces grillées des rocs, du cuivre, du fer, du plomb, du zinc, de l'or, de l'argent, de l'utimotne, presque & fleur de terre I
Tout, jusqu'aux formes affreuses et rébarbatives da granit, vous repousse.
L'oppression qui vous vient de l'altitude, cettesorta d'angoisse sourde qui bourdonne à vos oreilles comme ane menace, se projette sur le décor silencieux et en augmente la tristesse.
Les richesses endormies qui se défendentaree cette Apreté ne sont pas pour uous. Nos eofonts viendront peut-être voir un jour, sur ce plateau saccagé, des usines haleter et ronfler au bruit des broyeurs.
Une église se dresse lA-bas. C'est un hangar ea torchis, au toit de bambous; les grosses poutres qoi soutiennent le toit et forment le fronton triangulaire de la façade sont nouées à la coroiche par des lanièm de cuir de vache où persistent des poils roux. Dans
'!e clocher i jour, la petile cloclie pend i un fîl de fer. L'é^se est fermée. Oa va chercher rhomme qui en a la clef. II noua apprend que la messe n'a lieu que tous les deux ans, au hasard des tournées d'un moine bolirien qui se promène k travers le pays. Le « sanctuaire > fut élevé par les soins d'une femme des environs, très dévote, qui, en échange, obtint d'un couvent les quelques tableaux de piété qui l'omet aujourd'hui. Nous entrons.
Des murs de terre soutiennent le toit de bamboue pas de plancher : le sol, débarrassé de ses cailloui L'autel : une grande caisse de sapin brut qui servit amener des marchandises à la station. Deux bougeoii bas et larges, sans bougies. Au milieu de la calsat une poupée habillée d'une robe bordée de galons d'oi la tête coitTéa d'une petite couronne de euivn Quelques chromolithographies sans cadre sont posée çà et là. Une demi-douzaine de vieilles peinture espagnoles, également sans cadres, ornent les mut d'aigle. Elles représentent sanla Inès, sauta Barban sauta Gatarina, la Viet^e ; les autres, trop rongéei écuUées, percées, déchirées, demanderaient des ren toilenrs et des réparateurs de génie, et je n'en pu déchiffrer le sujeL
Quelques-unes d'entre ces toiles ont peut-être de 1 valeur. Elles me parurent dater toutes du seizièm siècle et furent sans doute apportées d'Espagne a: Pérou, et de là en Bolivie, par les premiers moine qui accompagnaient toujours les conquistadores.
En revenant, nous trouvâmes sur notre route un almacen bolivienne, pauvre cabane de terre san fenêtre, où l'on ne vendait guère que des herbes méd: cinales. Il j en avait pour le torticolis, pour la fiëvn
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pour la coqueluche, ainû que des étoiles de mer séchées pour guérir Tvirticaire et la migraine, et des feuilles de coca que les iudigànea consommeDt en graade quantité pour empêcher la soif et tonifier le cœur. Les Boliviens la mâchent continuellement. Nous achetâmes quelques poupées faites eu pulpe de pêcbe sécliée et serrée sur laquelle on a dessiné des yeux, une houche et un nez. J'^rfus, dans un coin, uo vieux livre : Les Trois Mousquetaires, en espagnol, de l'édition Garnier.
La bûutiquière faisait sa cuisine dehors sur deux briques, abritant un feu alimenté de crottin d'âne. Je remarquai des chiens couverts de petites loques multicolores, les oreilles peintes en rouge ou en Ueu ou en vert. Que signifiait ce carnaval? Voici. La l%te de Saint-Roch venait de passer, et telle eSt Ici la &qob de fêter les chiens le jour de la fête de leur patron. Quand nous repariimes, un grifTon suivit loi^temps notre voiture en agitant d'une façon comique sa qoese ornée d'un ruban rose.
Qu'apprendre encore? Retournons à la gare. N^re train apportait une voiture et un piano de Paris, pesant 1,300 kilos, à l'adresse d'un sehor Arce, estanciero bolivien enrichi par le commerce des batab avec Salla, et qui habite à cent cinquante kilomètres d'ici, à Tarija. 11 lui faut une calèche pour éblouir les mineurs et un piano pour son âme isolée. Omment transportera-t-on ces colis d'un tel volume el d'un tel poids â 150 kilomètres d'ici, dans un pays de monta^^nes, sans route ni sentier tracé? Très simplement. Quarante Indiens sont réunis. Dix par dix, et se relayant, ils les porteront sur leur dos. Le traïuport coûtera 6,000 A-ancs.