‹ En Argentine. De Buenos-Aires au Gran ChacoChapitre 93 sur 115 · LS LABOUR ET U MOISSON 1S · texte numérisé non relu

LS LABOUR ET U MOISSON 1S

l'infini dd cette plaine sans clocher, ai de chants rythmés des glaneuses s'entraînant i ramasser sur la glèbe les javelles dorées, mftlées de fleura. Les machines grondent et grincent, et leur rythme haletant accompagne le grain depuis les semailles jusqu'à la moisson.

Sans aocan doute, une noarelle poésie naîtra à la longue dans l'esprit des jeunes Argentins, de l'espace fascinant, de la monotonie grave et de la grandeur de ta terre déserte, de la docilité et de la puissance des machines qui la fécondent et l'eiploiteot. Hais nous autres avons besoin, pour peupler un paysage campagnard, des longues ailes d'un rnonliD, du son des angélus s'envolont de la cime d'un clocher, et iiousexigeons,aui différentes heures du jour, uadécor et DQ mouvement de vie différeiits.

Le jour d'été où j'admirais le spectacle colossal de la moisson dans une estancia de la province de Cordoba, je me mis à songer, par contraste, i la douce et riante vie champêtre de chez nous.

t La campagne, pour moi, me disais-je, ce tont des champs de quelques hectares entourés de haies vertes, ce sont des routes bordées d'arbres et de fossés aux talus verdoyants où le chemineau repose ses jambes lasses. C'est, à la fine pointe de l'aube, le pas des chevaux sur le pavé de la cour, les crJs, les jurooset les coups de fouet des charretiers mal éveillés, ' puis le silence dans le jour levé, la ferme tranquille, tes poules et les coqs picorant dans le tas énorme de fumier doré, les porcs immondes et roses groînant dans les mares et soulevant les ordures en reniOanl; la fermière équipant dans sa voiture à âne les paniers d'œufs, de beurre et de fruits qu'elle porte au marché.

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le déjeuner, la large tasse de lait crémeax et U longue tartine de pain dense, glacée de beurre jaane. L'été, ce sont les oiseaux voletant au-dessus du empouilles dorées ou faisant leurs nids dans les chaumes; les moissonneurs au soleil, entourés de l'éclair rythmique de leur faux, puis le repos au pied des gerbes ceinturées de paille et le goûter de quatre heures, le morceau de lard et le cidre apporté dans la haute cruche de terre; puis l'apaisement du cr^ puscule, le tent retour & travers champs ou sur les routes bordées d'ormes ou de peupliers, cAte i eH» avec les bœufs fatigués, traînant

Les grandi chui géndiMDls qui rerieBnnt le aoir.

Je revoyais dans ma rêverie solitaire la rentrée des aumailles à la ferme des environs de Boulognesur-Mer, qu'évoquait mon souvenir attendri, leun meuglements d'appel devant la barrière de la pltnre fermée, la pose à l'abreuvoir, puis les sonnailles d« troupeau de moutons sur la route, le pasteur et a longue houlette et ses chiens vigilants, la poussée stupide au bercail des béliers qui se cessent. Enfin, le souper i la chandelle, la conversation, toujours U même, avec les fortes plaisanteries, autour de la jatte de soupe épaisse. Et le silence delà nuit coupé d'aboiements de chiens.

Et encore, comment retrouver aussi dans ctite industrialisation de l'agriculture les idées riantes de nos mj-thologies ? Comment Gérés se tresserait-elle ses I couronnes avec ces épis sans chaume'? 0& se cache-

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