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(les salles rectangulaires atteignant jusqu'à deux cents mètres de longueur sur dix, vingt et même quarante de hauteur; on donne même à lune d'elles cent mètres sous plafond, mais le cliifTre nous semble exagéré. Certaines aussi sont fermées par des sortes de balustrades et à leur entrée veillent en général des moines et religieux. Elles sont bizarrement décorées de figures des plus variées d'aspect et des plus curieuses, représentant des Bouddhas plus ou moins ventrus, debout, assis ou couchés. Dans cette accumulation de statues, il yen a de peintes on couleurs plus ou moins vives, de dorées, d'habillées plus ou moins richement. Qiu^lques-unes sont en marbre et même en albâtre. Dans le nombre, quelquesunes sont coiffées d'une sorte de mitre tandis que d'autres portent un bonnet
plus simple. Des verroteries ajoutent à l'ornementation ; mais nous n'en
finirions pas. Avec les longues aiguilles pendant à la voûte ou surgissant du sol, c'est un spectacle féerique, véritable évocation des « Mille et une Nuits ». Ces stalactites et stalagmites s'éclairent étraugement et ces accidents de la nature sont l'œuvre des siècles due à un sable métallifère qui s'est infiltré à travers les fissures du rocher et a été déposé par l'eau, d'un tel éclat que l'on croirait la voûte et les parois incrustées de pierres fines. On ne sait littéralement de quel côté se tourner, tant les jeux d'ombre et de lumière sont singuliers et tant ils donnent à ces lieux mystérieux un aspect fantastique bien fait pour impressionner. C'est toujours avec une nouvelle surprise mêlée d'admiration que l'on contemple ces œuvres merveilleuses de la nature.
Plus au sud que Moulmein est Tavoy. une ville de 16 («rO habitanis située sur la rivière de ce nom à environ trente milles de son embouchure; c'est un port mal commode et d'un accès difficile, où la marée se fait fortement sentir, au point qu'à certain moment la mer inonde presque certaines parties de la ville. Aussi beaucoup de maisons sont sur pilotis, ce qui donne un caciiet pittoresque au pays, qui par contre est fort insalubre. Les pagodes et les monastères ne présentent du reste aucun intérêt spécial.
Au long de la cote l'archipel des îles Mei'gui, difficile d'accès et manquant de moyens de communication, est fort pittoresque avec ses îles aux cotes décou- [lées et la sauvagerie de ses beautés naturelles peu couuues. On y trouve des mines d'étaiu incouiplètement exploitées, lue pai'lie de ses habitants s'y li\ l'e à la pèche productive des huîtres perlières ou à l'exploitation tl(>s nids d'oiseaux. Mal heureusement le manque des moyens de transport et le temps nous ont euijirelit' (le \i>iler ces îles iniparfailcnioiil connues.
j^uliu, si l'on remonte la côte Je la Birmanie au uord, dans la direction du fend du golfe du Bnigiile, ou trouve encore comme villes nuM'ilant d être uu'Ulionnées : Kyaukpyu. pavs très nuilsain et sans intéièl . ef Akyab. Cette (K'iiiièi'e. clii'l-lii'u de la province d Ai'aUan, est nue cil»' d nue certaine importance, avec ses 40(100 habitants et le troisième port de Birmanie. On peut y voir des nu)ulins à ri/, niais peu ou point de monuments. l'Ile est dt>nc au
({g EN lURMANME
n'siimi' d'un inliM-.M ImiI iclalir. Non loin csl Myohaounji;, ancionno capilalo i\o la jnovini-'c d'Arakan. où suloislcnl encore les vosli|^os d'une aiilique cité et les ruines de palais (|ui pourraienl peul-èiro lenler im voyageur el surloul un arehéologue à la rccliciclie de nnUNcaulé.
A (|naranle milles |)lu> loin est la pagode de « INlahammi », ainsi que celles d' « Andaw Sliillaoung » el de u Dukhanlein ». Citons égalenienl pour mémoire le nom de celle de « Palelwa » située dans une chaîne de montagnes, habitée par des tiiluis encore indépendantes, au milieu descjuelles il serait peut-être impiudenl de s'aventurer.
Laissant à d'autres le soin de compléter ci'tte desci'iption d'un pays intéressant, peu connu, et dont nous avons voulu donner une idée générale, nous nous croirons largement récompensé, si nous avons pu captiver tant soit peu l'attention du lecteur. Notre intention a été également de lui prouver que la Birmanie («lait un |>ays digne d'intérêt et, à notre avis, trop négligé, non seulement au jinint de vue commercial, mais aussi au simple point de vue tourisme. Le voyage au résumé, dans les grandes lignes du moins, y est facile et suffisamment confortable, et de plus relativement peu coûteux. Aussi nous serons très heureux si quelque « glohe-trolter » veut aller vérifier ce que nous avons dit, de pouvoir lui fournir de précieux renseignements par cette narration puisée dans notre carnet de route.
La meilleure saison est de novembre-février, et dans le nord du pays particulièrement à cette époque on y trouvera une température agréable et des nuits fiaîches.
Il va sans dire que l'on s'y fera difficilement comprendre en anglais; aussi fera-t-on mieux de prendre un « boy » domestique-interprète, l)i(Mi que l'on puisse à la rigueur s'en [)asser.
Et maintenant il ne nous reste plus qu'à souhaiter bon voyage au touriste d(''sireux d'aller voir !
Eugène r.AI.LOIS.
F, VREtX. IMI'HIMKHIE UK CHARLES HÉRISSE V
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DS Gallois, Bupene
485 2n Birmanie