AVANT-PROPOS
journaux de l'époque des articles écrits « de chic », qu'on aurait pu, n'y changeant pas plus de vingt mots, appliquer aux nomades du Sah'ra ou aux peuplades errantes de la primitive Amérique.
L'attention publique, un instant concentrée sur cette région pour nous si indécise, dévia bientôt vers la Serbie et le Monténégro, où s'engageait la lutte qui devait amener la conférence de Constantinople, le protocole de Londres, et finalement la guerre Turco-Russe de 1877. Au cours de cette guerre, l'attention de la France se partagea entre les deux principaux adversaires, et n'alla point jusqu'à ceux, sur le dos desquels on se battait, en attendant que, par un retour — peu fréquent — de la justice d'ici-bas, ils recueillîssent les bénéfices d'un duel dont ils avaient fourni, à la fois, le prétexte et le théâtre. Je ne crois pas qu'en dehors du monde des chancelleries, la constitution de la Principauté autonome de Bulgarie ait excité la moindre émotion, et qu'à l'exception des hommes d'affaires, curieux d'un terrain vierge à exploiter, mes compatriotes se soient inquiétés, outre mesure,