‹ En campagne avec la Légion étrangèreChapitre 19 sur 33 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Où sont rapportés les récits officiels de Tatt^ique — Un article de Maurice Barrés,

Il m'est peut-ôtre pas inutile 4e reproduire, ici^ certains des récits des grands journaux.

Dans le Petit Parisien du 15 mai, sous la signa^ ture du lieutenant-colonel Rousset :

HOMMAGE A DES BRAVi;S

Je ne ferai poi la paraphrate de$ communigué$ qui se iueciient de demi^joumée en detni^joumée et ap» portent 4 noi cœurt le$ foriei émotiom de la victoire. Ce serait en déflorer le rigoureux laconisme^ qui n'a besoint pour être compris^ d'aucune explication.

Dans cette lutte formidable qui dure depuis cinq iours^ nQus avons pris décidément la supériorité sur un ennemi qui ne recule devant aucun crtme, comme a dit M. Uillerand^ d'un mot lapidaire, et qui a opposé à nos efforts une résistance farouche^ eelU de la bêiê aux abois. Nos troupes admirables, conduites par dee chefs dignes d'elles, ont renversé tous les obstacles, brisé des remparts de moellons, des murs de béton et de ferraille, culbuté les masses qui, de jour et de nuit^

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égayaient de rompre leur élan. Et^ dans le réduit de Carency y fortifié comme une citadelle, quatre bataillons ennemis ont été exterminés ou pris. C'est, comme dit le communiqué général, ^^ qui ne parle encore, il ne faut pas l'oublier, que de la journée de dimanche, — le plus grand succès obtenu dans la guerre de tranchées entamée il y sept mois.

Et je ne sais vraiment ce qui se recommande le plus à notre attention^ de la préparation si minutieuse^ si prudente et si parfaite de cette opération, — c'est-à' dire le mérite des chefs, — ou de Vétonnante vigueur de l'exécution, — c'est-à-dire la valeur des soldats.

Quand on suit t attaque pas à pas, à travers le dédale des fortifications, qui faisaient de ce champ de bataille une sorte de cité de castors aux lignes tortueuses et enchevêtrées, on est émerveillé à la fois et de l'adresse avec laquelle a été conduit le bombardement ment préparatoire, qui, négligeant les points secondaires, s'occupait surtout de paralyser le défenseur sur ses saillants importants, et de l'habileté d*un dû* positif quiy pour débusquer l'ennemi de sa position principale à Notre* Dame^de-Lorette, le menaçait brus^ quement sur eee deuw flancs en même temps.

Mais quand on lit le récit de la conquête dîes Ouvrages blancfl, par exemple^ alors on sent passer i^n frisson d^orgusil^ à penser que les auteurs d0 H fières prouesses sont de notre terre et notre sang. « Cest un flot qui roule, nous dit^on. Les hommes, avec un mépris prO'* digieux de l'adversaire, ne s'arrêtent pas aux tranchées qu'ils débordent. Tout au plus murent^ils parfois, dans les abris dont elles tentent de sortir, des sections en- ^tiéres d'Allemands, Au passage, à la baïonnette, ils en-

foncent ceux det ennemis qui leur barrent la route, et toujours ih continuent. Les « Ouvrages blancs » sont loin derrière eux... »

Bien que tout le monde ait pu lire ce passage épique^ qui ne serait point déplacé dans les immortels Bulletins de 1 806, je le cite tout de même encore^ car c'est un morceau de littérature militaire qu'il faut que nos petits- enfants sachent par cœur.

Et Vexemple donné par les officiers fut également superbe. Voici un régiment qui perd trois chefs de bataiU Ion sur quatre. Le colonel, le général de brigade tombent à leur tour,

(officiel).

Les combats qui se sont livrés depuis dimanche^ au nord dArras^ ont valu aux troupes françaises un succes particulièrement brillant.

L'ensemble de nos attaques entre Loos et Neuville* Sàint-Vaast a fait tomber en nos mains plus de 3.400 hommes^ une douxaine de canons et une soixantaine de mitrailleuses, plus de 50 officiers, dont un colonel. Le dénombrementde notre butin n'a pu d'ailleurs être achevé.

Parmi ces attaques, celle qui a été menée sur la partie du front qui s'étend du nord de Carency au nord de Neuville a été particulièrement heureuse* Elle a valu au corps d'armée qui en avait été chargé une citation à Vordre de Varmée. Jamais récompense ne fut mieux méritée.

le terrain.

On a souvent parlé de Carency dans les comptes rendus des derniers mois.

ï)e ce village^ il He réïte ^ûe des rkifi^s, inàis des

ruines trèi fortement organisées par Vennemi, gui, poussant une pointe dans nos lignes y se reliait à son système général de défense par la route de Carency à Souchez^ puissamment protégée par des tranchées creu^ sées au sud de cette route.

Le front descendait ensuite du nord au sudj dédale inextricable de tranchées^ d'ouvrages^ de boyaux, dont les principaux points d'appui étaient constitués, à Vouest de la route d'Arras à Béthune^ par le village de la Targette,

A Vest de la Targette, le village de Neuville était pot^ les Allemands un second centre de résistance aussi solide que le premier.

Enfin, la route de Neuville à Givenchy-en-Gohelle^ à test de la route de Béthune, à peu près parallèle à elle, formait, sur la crête qui domine la plaine jusqu'à Douaij un dernier et formidable retranchement.

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