‹ En canot de papier de Québec au golfe du Mexique [microforme]Chapitre 15 sur 184 · LES ATTERRISSAGES DU NOUVEAU CONTINENT · texte numérisé non relu

LES ATTERRISSAGES DU NOUVEAU CONTINENT

Île Saint-Paul. — Atterrissage du golfe du Saint-Laurent. — L'ancien Auk.— L'ile Anticosti. — Montagnes de glaces. — Superstitions des marins. — Éstuaire du Saint-Laurent. — Tadousac. — Le Saguenay. — Les baleines blanches. — Québec.

Lorsqu'il va chercher les ports du Saint-Laurent, le navigateur reconnaît d’abord la petite île de Saint-Paul, située entre le cap Ray, pointe sud-ouest de l'île de Terre-Neuve, au nord, et le cap North, pointe nordest de l’île du Cap-Breton, au sud. A cette entrée du golfe du Saint-Laurent, de cap à cap, la distance est de cinquante-quatre milles géographiques ; à environ douze milles est-nord-est du cap North, s'élève l'île de Saint- Paul, avec ses trois pics, ses deux phares et de: eaux profondes de tous les côtés. Cette grande entrée dans

le golfe peut s'appeler le passage du Milieu, car, à l’extrémité nord de Terre-Neuve, entre la grande île et la côte du Labrador, il existe une autre entrée connue sous le nom de Bel’ -Isle et qu’on désigne quelquefois comme « le passage le plus court en venant d’Angleterre ». Plus au suc. il est encore une autre route, mais celle-là plus étroite; c'est le ras de Canso, qui sépare ‘ile du Cap-Breton de la Nouvelle-Écosse, mais où les courants de marée, resserrés cntre les terres, sont trèsviolents.

Il y à une centaine d'années, quand le navigateur approthait de la dangereuse entrée de Saint-Paul, aujourd'hui éclairée pendant la nuit par des phares, il était charmé par la vue d'immenses troupes d'oiseaux de mer d'une espèce particulière, maintenant perdue. Dès qu’il apercevait sur l’eau le grand auk (alca impennis) qu'il appelait pingouin par erreur, il savait que la terre était proche, et que s’il pouvait rencontrer d’autres espèces d'oiseaux très-loin au large, le grand auk, son pingouin, ne se trouvait que dans le voisinage de la côte. Non-seulement cet oiseau, dont l'espèce a disparu, annonçait la proximité de la terre, mais si étranges étaient ses habitudes, et si innocente était sa nature, qu'il se laissait prendre par centaines et ravitaillait les navires à peu de frais, sans la moindre peine. De peu

de valeur il y a un siècle, un grand-auk empaillé

vaut aujourd'hui six mille cinq cents francs en or; il

n'existe plus que soixante-douze spécimens de ces ! oiseaux dans les musées de l'Amérique et de lEu-

rope, quelques squelettes et soixante-cinq de ses œufs.

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