‹ En canot de papier de Québec au golfe du Mexique [microforme]Chapitre 166 sur 184 · LA RIVIÈRE SAINTE-MARIE ET LES SOLITUDES DU SUWANEE · texte numérisé non relu

LA RIVIÈRE SAINTE-MARIE ET LES SOLITUDES DU SUWANEE

Portage jusqu’à Dutlon. — Descente de la rivière Sainte-Marie, — Fête donnée par les habitants au canot de papier. — Projet de canal à travers la Floride. — Portage jusqu’au Suwanee. — Discours d'un noir sur l'électricité et le télégraphe. — Sermon d’un ancien esclave.

Je remontai la belle rivière de Sainte-Marie, qui sort du grand marais Okefenokee. L'État de Géorgie était à ma droite, la Floride à ma gauche. De gracieux bouquets d'arbres parsemaient les marais, et le pays, en général, offrait un caractère particulièrement intéressant. À quatre milles du Sound Cumberland, je vis devant moi la petite ville de Sainte-Marie, située sur la rive géorgienne de la rivière. Je descendis à terre pour me renseigner sur la route à suivre à travers le marais Okefenokee.

Je voulais me procurer des informations sur le Sainte-Marie, dont je me proposais de suivre le cours supérieur jusqu’à sa source même; puis, après avoir fait un portage de trente-cinq à quarante milles dans l'ouest, jusqu'au Suwanee, descendre enfin dans le golfe du Mexique. Mes efforts pour obtenir des renseignements

positifs à Sainte-Marie et à Fernandina sur le Sound Cumberland (Floride) furent infructueux; un petit établissement à Trader-Hill, soixante-quinze milles en remontant le Sainte-Marie, était la limite géographique du savoir local, tandis que je voulais suivre la rivière encore pendant une centaine de milles au delà de ce point.

Je craignais, en m’aventurant à explorer les sources du Sainte-Marie, d’être obligé de revenir à mon poini de départ, faute d’avoir trouvé sur ses bords quelque colon qui pôt m'aider à faire un portage jusqu'au Suwanee, et j'abardonnai l’idée de remonter cette rivière. Dans ce dilemme, une aimable lettre sembla devoir me tirer d'embarras. MM. Dutton et Rixford, deux hommes du Nord, qui possédaient de grands moyens de transport pour le service de leurs manufactures de résine et de térébenthine soit à Dutton, à six milles de la rivière Sainte-Marie, soit à Rixford, près du Suwanee, me donnaient le bon conseil de transporter mon canot par le chemin de fer du Sound Cumberland à Dutton. De cette station, M. Dutton m'offrait de conduire le canot à travers les solitudes jusqu’à la rivière Sainte-Marie, qui de ce point pourrait être aisément descendue jusqu’à la mer. Le chemin de fer me conduirait à Rixford, et en suivant le Suwanee, j'arriverais sur la côte marécageuse du golfe du Mexique.

L'honorable David Yulee, président et propriétaire pour un tiers de la Compagnie du chemin de fer de À. G. et W. J.T. C. qui relie la côte de l'Atlantique avec les Cayes-Cedar, sur le golfe, m'offrit un parcours

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