‹ En canot de papier de Québec au golfe du Mexique [microforme]Chapitre 31 sur 184 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Mont Marcy........ ... +... 5,402 65 pieds.

Haystack. ... 5. dico 5,006 73 Mac Inigre uso ce 0 5,201 80 PE cdot 4,977 76

Cette digression, que le lecteur ordinaire voudra bien pardonner, m'a empêché de satisfaire la curiosité de quelques-uns de mes amis les canotiers. Je vais donc extraire du rapport de M. Colvin sur la géodésie de l'Adirondack la description de son singulier canot, un des plus légers qu'on ait jamais construits, car il ne pèse guère plus que le fusil à deux coups d’un chasseur.

M. Colvin ajoute : « J'avais aussi construit un canot de toile de ma propre invention pour l'intérieur du désert, surtout pour les lacs des montagnes dont nous devions lever la carte et qui étaient inaccessibles aux bateaux ordinaires. Sa longueur était de douze pieds, et pour sa membrure il ne fallait pas plus de bois qu’on en pouvait abattre en trente minutes dans le premier taillis venu. L'avant était fait de feuilles de cuivre minces, rivées et disposées de manière à recevoir la quille et la proue. Le canot terminé, on le rendait imperméable avec une couche de caoutchouc, dissoute dans de l'huile de naphte. » M. Colvin nous apprend, par son rapport, combien ce bateau a admirablement répondu aux fins pour lesquelles ï: avait été construit. « Le 12 septembre fut consacré à un travail de nivellement et de topographie sur le lac Ampersand, lac solitaire enfermé dans les montagnes et rarement visité. N'ayant trouvé aucun bateau sur ses eaux et forcés par la nécessité, nous dûmes essayer, pour compléter notre travail géodé-

sique, de nous servir de notre canot portatif; je l'avais déjà plusieurs fois expérimenté comme tente et comme lit. À près avoir coupé des baguettes de bois vert pour en faire les membrures, les avoir garnies de notre toile et avoir renforcé celle-ci par d’autres branches qui formaient les plats-bords, il ne fallut pas grand’peine pour nous procurer des avirons rustiques, mais suffisants pour nos besoins. Le bateau se trouva construit en un instant, et il flotta bientôt, léger comme un bouchon. Les quides, qui n'avaient pas voulu croire que le petit sac qu'ils portaient le matin deviendrait un bateau, restèrent en extase. Bientôt nous glissimes dans notre canot, du poids de dix livres, sur les eaux d'Ampersand. Pour les guides, c'était quelque chose d’extraordinaire; ils ne

pouvaient pas s'empêcher de rire en voyant qu'il était

bien réellement sur l'eau, et ils montraient du doigt avec étonnement les vagues que l'on apercevail à travers la toile du èanot et qui glissaient sur ses flancs. Je pus

donc, grâce à mon sextant, à mes compas prismatiques | et à mon canot, réussir à dresser une excellente carte. | Puis nous p?.vinmes presque à nous emparer d’un cerf |

qui avau pris l’eau dans le lac, poursuivi par un chien

qui chassait pour son propre compte. Ayant perdu la piste, le chien arrive au bord du lac, et comme nous désirions le remettre sur la voie, nous nous dirigeons de é son côlé; il saute dans le canot avec un air de satisfac- À tion telle qu'on pouvait croire qu'il n'avait jamais voyagé À autrement. Dès qu'il a retrouvé la piste, il fait résonner & les échos de la montagne de ses aboiïements, ct re-|

prend la poursuite du cerf dans la forêt sauvage. Nous

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