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DES LACS GEORCE ET CHAMPLAIN AU FLEUVE DE L'HUDSON

La découverte du lac George par le Père Jogues. — Voyage à pied. — L'ermite des Narrows. — Les Pères Paulistes. — Canal du Jac Champlain à Albany. — Bodfsh retourne au New-Jersey. — La petite flotte au port.

Dans le dernier chapitre, j'ai donné, d’après une autorié qui paraît être des plus compétentes, le nom de queue du lac à la partie sud du Champlain. En parlant du lac George, une autre autorité nous apprend que « les Indiens l’apselaient, pour la couleur de ses eaux, Horicon (eau argentée); ils lui donnaient aussi le nom de Canderi-Oit ou « la queue du lac », parce qu'il est en communication avec le lac Champlain ». Cooper, dans le Dernier des Mohicans, s'explique ainsi sur l’opportunité de cette dénomination : « Pour moi, le nom français du lac était trop compliqué, celui des Américains trop commun, et enfin le nom indien était beaucoup trop difficile à prononcer pour être employé familièrement dans une œuvre d'imagination. » Par suite, il l'oppela Horicon. L'histoire nous donne les détails qui suivent relativement à la découverte du lac. Remontant le Saint-Laurent avec une floitille de douze canots

pour aller voir ses alliés les Hurons, le Père Jogues et ses deux confrères, donnés par la mission, René Goupil et Guillaume Couture, plus un autre Français, furent faits prisonniers à l'extrémité ouest du lac Saint-Pierre par une bande d'Iroquois qui étaient en expédition de maraudage sur les bords de la rivière Mohawk, près du lieu où s'élève aujourd’hui la ville de Troy. Pendant la panique causée par une attaque soudaine des Iroquois, la portion non convertie des trente-six Hurons, alliés des Français, se sauva dans les bois, tandis que les convertis défendirent les blancs pendant un certain temps. Malheureusement, un renfort survenu à l'ennemi obligea ces derniers aussi à prendre la fuite, en laissant les Français et quelques-uns des Hurons entre les mains des sauvages. Cela se passait le 22 août 1642.

Suivant Francis Parkman, l'auteur des Jésuites dans l’Amérique du Nord, les sauvages mirent à la torture Jogues et ses compagnons après les avoir entièrement dépouillés de leurs vêtements, puis ils leur arrachèrent les ongles avec !°: dents et leur mordirent les doigts avec la furc:r de bêtes sauvages. Les soixante-dix Iroquois revinrent dans le sud, en suivant le Richelieu, les lacs Champlain et George, en route pour les villages Mohawk. Rencontrant une troupe de deux cents hommes de leur tribu, sur une des îles du Champlain, les Indiens se formèrent en deux lignes parallèles entre lesquelles les prisonniers furent f-rcés de courir, au risque de leur vie, tandis que les sauvages les frappaient avec des massues et des branches d'épine. Le

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