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CHAPITRE QUATRIÈME

lesquels les vagues viennent expirer doucement, diraient, s'ils pouvaient parler, comme le Ruisseau de Tennyson : Go on for ever. La nature semble avoir créé le lac Gcorge dans un de ses jours les plus heureux. Le lac a trentequatre milles de long, et sa largeur varie d'un à quatre milles. Sa plus grande profondeur est à peu près la même que celle du Champlain. Comme tous les lacs américains où il est de mode d'aller prendre des bains, il possède, lui aussi, ses trois cent soixante-cinq îles.

Débarqué du Mayela, je suivis, dans une route côtoyant la montagne, un sentier étroit qui me conduisit au milieu d’une forêt. Dans un vallon désert habitait un certain Levy Smith qui me conduisit à travers les bois jusqu’à Hague ; je dinai à l'hôtel et repris ma route par la côte jusqu'à la pointe Sabbath Day. A quatre heures du soir, le bateau à vapeur qui fait le service de Ticonderoga me ramenait à l'extrémité sud du lac.

Dans cette direction, de hautes montagnes ferment le lac, et l'on est forcé d'avancer dans les « Narrows », au milieu de beaucoup de charmantes îles. Sur l’une d'elles M. J. Henri Hill, artiste ermite, a fixé sa modeste demeure, où il travaille depuis le matin jusqu'au soir, hiver comme été. Trois chèvres et un écureuil lui tiennent seuls compagnie dans ce lieu solitaire.

Par un hiver des plus froids, lorsque la glace sur les lacs avait deux pieds d'épaisseur, et que les forêts portaient un manteau de neige, le frère de M. Hill, ingénieur civil, vint aussi dans ces régions glacées. Les deux frères étudiérent les « Narrows » et dressèrent une carte de cette partie du lac George avec ses îles parfaitement

dessinées; la carte, terminée et gravée, est entourée d’une bordure artistique qui représente les objets les plus intéressants de la localité.

IL était tard, lorsque le bateau à vapeur me débarqua à Crosbyside, sur la rive orientale, et j'allai me reposer à l'ombre des bosquets, d’où l’on jouit d'une des plus charmantes vues du lac. Le lendemain, de bonne heure, je m'installais chez M. Lockhart, cultivateur gai, excentrique, et parent du gendre de Walter Scott. La petite habitation de M. Locküart est à un demi-mille au nord de Crosbyside et près de la haute colline dont M. Charles O'Conor, avocat distingué de New-York, a fait présent aux Pères Paulistes qui ont leur principal établissement dans la cinquante-neuvième rue de cette grande ville. C’est là que les membres du nouvel ordre viennent passer leurs vacances d'été avec leurs élèves.

Les Paulistes sont d’énergiques travailleurs, qui entretiennent des missions au Minnesota, en Californie et dans d’autres contrées des États-Unis. Ils semblent sentir vivement la vérité exprimée dans ce passage de l'Insptration de la nature, livre écrit par le Père Hecker : « L'existence n’est pas un rêve, meis une réalité solennelle. La vie ne nous a pas été donnée pour être gaspillée en misérables sophismes, mais pour être employée à une sérieuse recherche de la vérité. »

M. Lockhart m'offrit gracieusement de me. conduire au monastère de Sainte-Marie, situé sur le lac. Après avoir suivi ensemble le sentier de la montagne pendan. un quart de mille, nous entrions sur les terres om-

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