‹ En canot de papier de Québec au golfe du Mexique [microforme]Chapitre 43 sur 184 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

casse convenable, composée d’une quille, de deux préceintes et d’une cloison, en un mot de toutes les pièces qui composent ordinairement un bateau de bois, sauf les membrures, que l'extrême rigidité du bordage rendait complétement inutiles, tout l’ensemble dela construction fut rendue imperméable avec des couches de vernis, et l'œuvre se trouva complète. L'expérience prouva que, primitif comme était ce premier essai, comparé à l'élégante embarcation que l’on obtient actuellement avec le papier, ce bateau avait néanmoins des mérites particuliers, parmi lesquels il faut citer sarigidité remarquable, la symétrie de sa coque par rapyort à la longueur de son axe, et enfin l'extrême poli de sa surface, en contact avec l’eau.

Une personne très-compétente, et qui a une longue expérience de tout ce qui a rapport aux bateaux de papier, me fournit les renseignements suivants, qui, je n’en doute pas, intéresseront le lecteur.

Voici comment il faut s’y prendre pour construire un canot de papier : Les dimensions étant fixées, la première chose à faire est de construire un modèle en bois, ou forme, qui est un fac-simile exact du bateau sur lequel on appliquera l'enveloppe ou la peau en papier. Pour cela, il faut avoir le dessin du bateau de la grandeur voulue, et c’est d’après ce croquis qu'on exécutera le modèle. Sur ce plan, on le construit avec des planches de sapin bien sèches et soigneusement soudées ensemble pour former un tout solide ; après quoi, ayant été amené mathématiquement aux dimensions requises, il est raboté, travaillé avec soin, jusqu'à

ce que sa surface soit rendue parfaitement unie et que sa largeur et sa profondeur soient exactement celles du bateau pris pour modèle. Dans le cours de l'opération, il faut ménager des entailles pour y placer plus tard la quille, les préceintes, l’étrave et l'étambot ; quand toutes ces pièces sont en place, elles doivent être façonnées de manière que leur surface corresponde avec celle du modèle, de telle sorte qu’elles .en forment comme une partie intégrante. Il esi très-important que toutes ces pièces soient solidement soudées à la peau ; quand le bateau sera complété, il faut que la surface de la construction soit recouverte avec une préparation énergiquement adhésive.

Maintenant, le modèle est prêt à être recouvert de papier; pour y arriver, on emploie deux espèces de procédés : on se sert, ou du meilleur papier de Manille, ou d'une pâte provenant de chiffons de lin écru, les feuilles étant de la même longueur que ke canot, quelle que celle-ci puisse être. Si l'on se sert du papier de Manille, la première feuille sera mouillée et appliquée doucement sur le modèle et bien maintenue en place au moyen de solides attaches appliquées à la surface extérieure. D’autres feuilles sont ensuite superposées sur celle-là, placées l’une sur l’autre et bien collées. Le nombre des feuilles dépend des dimensions äàu bateau et de la rigidité qu'on veut obtenir. Si l'on préfère le papier de lin, une seule feuille peut suffire, à la condition qu'elle ait l'épaisseur, les dimensions et le poids voulus, quand la peau sera complétement sèche. Si le modèle est concave dans certaines par-

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