‹ En canot de papier de Québec au golfe du Mexique [microforme]Chapitre 75 sur 184 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

1 forme ct le plus apprécié des deux. La largeur véritable du Sinepuxent est seulement d'un mille. Quand je tournai à l’ouest autour de la pointe sud et que j'entrai dans la baie d'Assawaman, la nappe d'eau s’élargissait entre 1 les marais à l’ouest et la plage sablonneuse de l'ile à : l'est, jusqu'à plus de quatre milles.

L'entrée du ruisseau Newport est à l’ouest de South- 4 Point. Là, les marais sont très-larges. Je remontai le { Newport dans l'après-midi, pour aller faire une visite au 4 docteur Purnell, qui a essayé d'introduire les coqs de | bruyère et les perdrix de la Californie sur sa plantation. 4M. Charles Hallock, éditeur du Forest and stream, 4 s'est occupé de ces essais d'acclimatation, ct je lui ai pro- 4 mis, si la chose était possible, d'étudier la qnestion sur 4 les lieux. Cette partie du Sinepuxent-Neck a un intérêt 4 historique, car on sait que le régicide Édouard Whalley À y est enterré. À quatre milles de South-Point, j'atteignis les marais 4 qui bordent la grande plantation du docteur Purnell; et È remontant ensuite avec mon canot un bra; étroit de la 1 petite rivière, je traversai à gué des herbes en partie sub- | mergées, et j'arrivai sur la terre ferme, où le docteur m'aitendait. Sa maison était tout près de là; je passai la 1 nuit sous son toit hospitalier. La propriété a une su- 3 perficie de quinze cents acres, qui longent les rivages du \ Newport. Depuis la guerre civile, les terres sont affer- { mées. La plus grande partie se compose de bois et dc { marais salants. Cinq ans avant ma visite, un habitant de 1 Philadelphie avait envoyé au docteur quelques couples de poulets des prairies, et deux couvées de perdrix, l’une de

la montagne et l'autre de la vallée. Maintenant je vais aborder les choses pratiques. Les grouses étaient venues d’un État de l'Ouest, et les perdrix de la Californie. Les perdrix furent tenues en cage pendant quelques semaines, puis mises en liberté. Elles ne tardèrent pas à disparaître dans les bois, à l'exception d’un couple qui revenait tous les soirs, à la porte de la cuisine, demander à manger. Ces deux oiseaux avaient fixé leur domicile dans un jardin, tout près de la maison; ils élevèrent une belle couvée, qui ensuite s’éloigna et dont on n’entendit plus parler depuis, qu'une seule fois. Ces oiseaux avaient pris leur vol du côté de la rivière, où probablement ils ont péri sous les coups des chasseurs. Les poulets des prairies s’acclimatèrent d'eux-mêmes dans leur nouvelle demeure, d'une manière satisfaisante, et ils s'apprivoisèrent très-facilement. Leurs nids, bien remplis d'œufs, se trouvaient dans les clôtures des champs, et près des marais, pour lesquels ils paraissent avoir une srande prédilection. Ils se multiplièrent rapidement. On les rencontrait dans les écuries et dans les granges de la piantation. La législation du Maryland avait voté une loi pour favoriser l'introduction des grouses daus l'État. Mais un nouveau danger vint menacer ces malheureux oiseaux. Une bande de chasseurs aux tortues arrivèrent du New- Jersey par la passe Chincoteague et battirent les rigoles et les petits fossés du marais. Pendant cette chasse, les jolies grouses qui picoraient tranquillement dans le voisinage se laissèrent découvrir facilement par les chasseurs, qui les prirent presque toutes. Un fermier de la plantation me raconta qu'il avait vu dix-huit de ces

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