LATTES
Aux tourbillons faisons niche
Et moquons-nous de l’écueil ;
Le grand Patrick et Tienniche N'ont-ils pas un bon coup d'œil ?
Que leur importe la lame ?
Qui bouillonne follement ?
Ils manient si bien la rame
Que nous sautons carrément! (bis)
Ce couplet est suivi de trois vivats que nous poussons de toute l'énergie de nos
poumons pour nos deux rameurs en chef.
Puis, j'entonne le suivant à la gloire de
notre colosse :
Un rameur qui n’est pas chiche De ses grands coups d’aviron C’est l'énorme Thomachiche Qui vaut seul un escadron,
Si dans les prochains rapides Nous chavirons gauchement, Sur ses épaules solides
Je w'assierai carrément ! (bis)
Des hourras répètent le nom de Tho-
A ee
QUELQUES COUPLUTS 165
RE
machiche à tous les échos de la rivière.
Nous acclamons également Malec, Jean-
Baptiste et Paul, et pendant que les avi.
rons redoubleut d'activité, nous chantons
en chœur :
Dites, la jeune belle, Où voulez-vous aller ?
:s que La voile ouvre son aile, le nos La brise va souffler.
1 chef.
Après quelques fanfares de chasse, et ire de quelques coups de fusil que les canards
trouvent trop bien dirigés, nous revenons
aux boyts rimés. |
Jusqu'à présent, nous ne nous sommes adressé que des épigrammes, et il nous semble qu'il est temps de faire la part de l'éloge, et la faire aussi large que possible.... en vue de la postérité.
Tho- Voici donc les grains d’encens que nous
nous faisons modestement bruler sous le nez.
C’est toujours, M. de Foucault qui commence, et il paraît que c'est de moi qu'il parle ainsi :
Avec nous chante un poête Mélodieux et charmant ; L’entendre, c’est une fête.
Quand sous le beau firmament Il diten voguant sur onde Ses vers pleins de sentiment, Il enchante toutle monde
On l’applaudit carrément. (bis)
Ces vers me vont d'autant migux au cœur que le P. Lacasse et M. Jannet battent des mains. Je me sens pris de remords en me rappelant mes couplets sur les premiers échecs de chasse du Comte, et je répare mon injustice, en lui adressant cette nouvelle strophe :
Son esprit, quand on lui touche,
us le Est un fusil bien monté Qui toujours à sa cartouche, Et qui n'a jamais raté.
com-
Sa verve est intarissable qu'il Et pétille constamment, Et sa muse fort aim ble
Nous chansonne carrément ! (bis)
À ce moment, retentit au loin un chant bien autrement puissant et beau que toutes nos rimes, et nous prêtons l'oreille.
Quel concert d'acclamations et de plaintes étranges qui nous fait tressaillir ! Des
voix sourdes et terribles, d’autres voix
1x au claires et sonores, les unes joyeuses et annet éclatantes, les autres voilées et plaintives ris de mêlent leurs accords puissants dans une uplets confusion bizarre mais très belle.
se du
Qu'est-ce donc que cette musique dont en lui
les éclats ébranlent les collines, et font
vibrer les grands bois.
Nous approchons toujours, et bientôt nous apercevons devant nous une effrayante bataille de lames qui se brisent
en écumant les unes contre les autres !
Le concert, entendu de près, perd de son harmonie, et nous nous demandons qui pousse ces mugissements, ou plutôt ces
beuglements formidables ?
C'est la Vache-Caille.
ientôt le efrisent itres !
le son ns qui Ôt ces
La Vache-Caille et le Rapide Gervais.
La Vache-Caille est à la fois une chute et un rapide, dont le cadre, les proportions et le mouvement sont admirables.
Elle est formée par la réunion de la Grande et de la Petite Décharge, à l'extrémité Sud-Ouest de l'Ile d’Alma.
La Grande Décharge en y arrivant se précipite avec un fracas assourdissant dans une espèce d'escalier de rochers, et tel est le désordre avec lequel ses flots affolés se heurtent et se brisent les uns contre les autres, qu'au bas de la chute son énorme volume d’eau est entièrement ré-
duit en écume et presque en vapeur.
Mais là se trouve une espèce de palier où l’écume redevient de l’eau courante, et se rencontre tout-à-coup dans le même lit, que les flots plus tranquilles de la Petite Décharge. C’est alors qu'il se produit un singulier phénomène.
Cette espèce de palier en pierre qui termine l'escalier de la Grande Décharge interrompt les vagues au milieu de leur chute, et celles dela Petite Décharge venant s’y joindre, le palier ne suffit plus à l'écoulement. Il se produit donc un gon-
ant se it dans et tel affolés contre te son ent ré-
Fr.
palier inte, et ème lit, Petite duit un
rre qui charge de leur ge veplus à an gon-
lement prodigieux sur le bord même du palier, et la lutte s'engage entre les flots des deux Décharges pour savoir qui passera le premier.
Mais la masse d'eau tombée comme une avalanche de la Grande Décharge, est de beaucoup la plus considérable, et comme la Force est dans l’ordre physique la grande loi de ce monde, la Petite Décharge est obligée de retraiter, et, chose étonnante, le courant remonte sur une distince de quelques arpents.
Rien de bizarre et d’intéressant comme cette course ellyptique des flots de la
Petite Décharge, qui arrivent en sautil-
lant jusqu’au bord de la plate-forme et qui au moment de s'élancer en bas s’arrétent soudainement par ce que la place est envahie. Après avoir échangé quelques coups avec les flots de la Grande Dé-