‹ En canot: petit voyage au lac St-JeanChapitre 6 sur 22 · DE LA MALBAIE · texte numérisé non relu

DE LA MALBAIE

ne se fassent pas payer plus exactement que votre ancien avocat !

Mon cher ami, dis-je à M. Jannet, vous rappelez-vous tjue M. Tabbé Louis Paquet nous racontait hier soir, avec un enthousiasme qu*il s'efforçait de rendre calme, ses chasses merveilleuses des Pèlerins ?

— En effet je m'en souviens.

— Eh bien, ces trois rochers énormes qui se suivent et se ressemblent — comme se ressemblent les moines — et qui paraissent cheminer à la file vers un but qu'ils n'atteignent jamais — ce sont les Pèlerins.

C'est donc dans ces eaux que notr^ spirituel ami, M. l'abbé Paquet, s'est montré — à ceux qui l'ont vu — excellenj chasseur, et canotier hors-ligne !

Au moment ou je parle ainsi, des canards se lèvent à l'avant du bateau,

A TADOUSSAG 17

comme si le nom seul de leur grand ennemi les eut réveillés, et ils s'enfuient à tire d'aile. Peut-être aussi est-ce de l'ironie, et battent- ils des ailes pour me prouver qu'ils sont encore de ce monde, et que leur vie est belle, en dépit des prouesses des chasseurs ! Si telle est leur intention, gare à eux Tannée prochaine, car l'abbé se propose bien d'y retourner.

La Rivière du Loup est grande ! • . . .

Comiiient l:i p!i«>or )ns nois ?

dit la chanson populaire. Aujourd'hui l'on ne se pose plus cette question, et plusieurs ponts ont remplacé

Le petit bateau d'ivoire,

On la traverse même en chemin de fer.

Lorsque j'étais avocat à Kamouraskai

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