‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 101 sur 284 · LITURGIE · texte numérisé non relu

LITURGIE

Les officiers, les acolytes ne manquent pas aux offices célébrés ■en l'honneur des idoles. A voir les salutations, les génuflexions, les prostrations, les processions ; à entendre les avertissements du héraut ou de l'officiant, tantôt au peuple, tantôt aux prêtres ; à suivre les prières, les bénédictions données à l'encens, au sel, plusieurs se croiraient revenus dans un cloître du moyen âge et y prennent leur part d'un office cartusien ou bénédictin.

Un ancien missionnaire observait d'ailleurs avec raison qu'il ne serait pas toujours juste de conclure d'une similitude à un plagiat. On peut se ressembler sans s'imiter. Le sens religieux est inné chez

1. Lettre du P.Labourez, 30 décembre 1885, Corresp. de Jersey.

2. Le P. Royer et le P. Rossi, ciiés par le P. Pfister dans la Corresp. de Jersey, nov.1882, pp. 273-274.

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EN CHINK.

tous les hommes et chez tous les peuples, il a pu et il a dû s'exprimer par les mêmes signes.

D'autres remonteraient plus loin que l'antiquité chrétienne et ils trouveraient dans les rites chinois des emprunts à la législation de Moïse et aux sacrifices offerts par les patriarches. De fait, l'Église, la Synagogue, les traditions primitives ont inspiré des oblations, des supplications semblables à celles-ci.

Après avoir examiné l'état des victimes, la veille du sacrifice, le jour venu, le grand sacrificateur, son coadjuteur, ses assistants se rangent sur le signal donné par le maître des cérémonies. Les prières commencent après les neuf prostrations ; elles sont fréquemment interrompues par les prescriptions de la liturgie: Fléchissez le genou. — Levez-voîis. On chante diverses antiennes : Voici la paix, la paix apparaît... accomplissons le premier sacrifice. Le Maître des cérémonies règle l'ordre des oblations. On offre, entre plusieurs dons: le vin et le calice, la soie, le sorgho, le riz, le millet... ^ N'est-ce point l'usage biblique rappelé par Racine :

Et tous, devant l'autel avec ordre introduits,

De leurs champs dans leurs mains /^-'/■/(Z/Vw/ les nouveaux fruits.

Les animaux sont aussi présentés : le porc, la chèvre, le bœuf... Hélas ! les bonzes ne savent pas ce sang inutile ou plutôt, ils trouvent singulièrement utile un sacrifice qui les enrichit et les approvisionne à peu de frais.

Le P. Ravary, après avoir étudié des documents semblables remontant à la plus haute antiquité, juge raisonnable d'admettre ^ « une connexion intime entre les livres religieux de la Chine et nos livres sacrés. En plusieurs passages, on se reporte naturellement aux prescriptions inspirées par les législateurs de l'ancienne loi au peuple de Dieu».

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