‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 104 sur 284 · PP · texte numérisé non relu

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habits et entourée de dévots très attentifs à leurs oblations, il s'informa près du supérieur des bonzes du sens de ces prières et de la divinité que représentait l'idole. Le supérieur répondit qu'à la vérité il n'en savait rien, mais que la chose était de nulle importance; il ne considérait dans la religion que le profit qu'il en retirait. Quelques bonzes présents à cet édifiant entretien approuvèrent fort par leurs rires la réponse de leur père abbé '.

Tous ne prennent point si facilement leur parti de cette incrédulité et ne trouvent pas que le scepticisme ou le doute soit un oreiller commode pour dormir.

Le P. Petiifils ^ passant près d'une pagode, fut invité par un bonze à la visiter. La conversation s'engagea polie et sincère. Croyez-vous, demanda le missionnaire, à la puissance de vos divinités? — Le bonze répondit: Depuis vingt ans je suis au service de ces idoles : pendant dix-sept aas, j'ai eu foi en leur pouvoir ; depuis trois ans j'ai cessé d'y croire. Je vaux mieux que ces idoles; elles ne sont que terre et bois, moi j'ai une âme. Je n'ai pas eu de doute aussi longtemps qu'elles ont été solides ; mais aujourd'hui qu'elles menacent ruine et que leur restauration nous coûtera bien des sapèques, j'ai perdu toute ma confiance. Comment puis-je adorer le bois et la pierre ?... moi j'ai une âme, répétait-il. Mais ces dernières paroles, il les disait à voix basse et en jetant un œil inquiet sur un vieux bonze qui, d'un air défiant, surveillait la conversation.

Plusieurs ressemblent à cet infortuné ; ils ont assez d'intelligence pour reconnaître l'erreur ; ils n'ont pas assez de courage pour confesser la vérité. Si nous les suivons encore dans leurs bonzeries, leurs pagodes, en face de leurs idoles, au milieu de leurs jongleries et de leurs superstitions, cène sera plus dans l'espoir d'y trouver un enseignement sur Dieu ou sur l'âme, sur le ciel ou sur l'éternité; ce

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