Lettre du P. Labourey, /oc. cit
2. Corresp. de Laval, Lettre, du P. Eetitfils, avril 1890, p. 2.
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sera pour connaître mieux le malheur d'un peuple assis et plutôt couché dans la mort. Quel autre profit pouvons-nous espérer parmi ces ruines de religion et ces monuments d'erreur et de mensonge ?..,
Les temples les plus nombreux sont érigés en l'honneur de Confucius, Des édits impériaux ordonnent que toute préfecture et toute sous-préfecture aura le sien. Mais il serait bien difficile de décider si, au regard des Chinois, le fondateur de la religion des lettrés est un dieu ou s'il n'est qu'un homme.
C'est un dieu, pourrait-on dire, non seulement parce qu'il a des autels, des prêtres, des musiciens et des mimes — ces preuves ne seraient pas absolument concluantes en Chine — mais surtout parce que le porc, la chèvre et le bœuf, animaux réservés par les rites religieux à la seule divinité, lui sont ofïerts en sacrifice.
Preuve encore insuffisante. Bien des morts fameux par les services qu'ils ont rendus reçoivent des hommages semblables. La Chine a également sa manière de canoniser sinon les saints, du moins les grands hommes. D'autres part, s'il est dieu, il ne l'est pas toujours et il n'habite pas dans une gloire inaccessible. En effet Confucius est monté dans la gloire et il en est descendu '.
Pendant les 227 premières années qui suivirent sa mort, arrivée 479 ans avant J.-C, la paix de son tombeau ne fut pas troublée ; mais un conquérant "-, celui qui fonda l'unité de l'empire, se déclara l'ennemi du grand philosophe. Importuné du bruit qui se faisait autour de Confucius, il ordonna que ses écrits fussent détruits, etsesdisciplesjetésaufeu, s'ils persévéraient dans leur opposition et leurs éternelles discussions. Ces mesures violentes amenèrent une réaction. Confucius, persécuté, vivait dans le souvenir populaire,