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CHAPITRE III

RELIGIONS ET SUPERSTITIONS

les vieillards redisaient aux adolescents les lambeaux de ses livres qu'ils avaient appris dans leur enfance et la sai^esse de ses maximes frappait les esprits. S(jus la pression de l'opinion publique, un autre empereur fit, à la tombe du « Docteur lumineux », le pèlerinage de la dévotion et delà pénitence ; pour la première fois, il osa offrir à ses mânes les animaux réservés aux dieux.

Confucius n'avait que 2S3 ans depuis son départ de la terre : il était donc :

leiinc encore de i;l()ire et d'immortalilé !

\irsii 'l'K lii: .SUK\-II' lA-l C)V.

Ces hommages multiples olfusquèrent souvent les em[)ereurs. L'un d'eux, ]\Iing-the-tong, publia en 1531 un édit sévère et peutêtre jaloux -.

« Dans le sacrifice à Confucius. il ne convient pas d'employer le rite réservé au Ciel, ni même celui qui est en usage pour le Fils du Ciel. En conséquence on lui retirera le titre de prince royal ainsi que celui de parfait propagateur delà vérité. On se bornera à l'appeler docteur. De plus sa demeure funèbre sera nommée pagode et

non point palais. En outre, on enlèvera de ses temples les statues qui le représentent et on les remplacera par des tablettes en bois. Ce n'est pas tout ; sur les plateaux, on ne lui offrira plus que dix espèces de mets, et les musiciens et acteurs de pantomimes seront réduits au nombre de six. > Enfin on supprima les titres de duc, marquis, baron, donnés à ses premiers disciples.

Mais Ming-the-tong mourut, et son édit fut rapporté ou il tomba en désuétude. Les empereurs tartares mandchoux prirent à cœur d'effacer les paroles offensantes de lei:rs prédécesseurs de la dynastie des Ming, par des paroles réparatrices et vengeresses. Inscrites sur de grands tableaux, recouvertes d'un vernis éclatant, elles se balancent, suspendues gracieusement à la charpente des édifices élevés à Confiicius:

Il est le précepteur et le modèle de toutes les générations!...

Il est aussi grand que le ciel et la terre !...

Depuis que les peuples sont, il n'a pas eu son égal !...

Il réunit toutes les perfections dans sa sainteté !...

Aussi bien est-il redevenu l'habitant d'un palais. Le P. Gandar donne la description de celui de Man-hœi; dans ses grandes lignes, elle doit convenir à d'autres édifices élevés en l'honneur de Confucius d'après les mêmes principes et les mêmes règles architecturales et religieuses. Deux cours d'honneur, encadrées par les cellules des bonzes, égayées par des eaux vives ou stagnantes enfermées dans un bassin de marbre, conduisent au temple de la grande perfection que domine le trône ou l'autel de Confucius. Les sages éminents, représentés par leurs tablettes généalogiques, sont rangés,^ comme autant de satellites ou d'acolytes, sur les degrés inférieurs. Le temple de la grande perfection est relié par une cour intérieure à un autre de proportions aussi vastes, consacré aux cinq ancêtres de Confucius. Le directeur de l'instruction publique habite dans les dépendances du palais : r Hôtel des instructions lumineuses. C'est là qu'il réunit les jeunes lettrés pour leur enseigner « cette

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