I . Pékin et ses environs, p
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capables de contenir trente mille religieux», du moins à ce que l'on prétend. Les Lettres édifiantes disent que les plus opulentes sont construites à la campagne et sur la pente des collines '. Les eaux, savamment conduites, alimentent des fontaines, des bassins d'où elles s'échappent en mille circuits, se répandent dansles bosquets, jaillissent à l'intérieur des édifices et, malgré la chaleur souvent accablante, y font régner la fraîcheur d'un printemps perpétuel.
La mer, amenée par différents canaux devant la pagode d'Emouy, y forme une nappe d'eau bordée d'un gazon toujours vert. Une statue colossale du dieu Fo, assis, les jambes croisées, occupe le premier portique : d'autres colosses taillés dans un seul bloc de marbre, tiennent compagnie à la principale divinité. Ensuite une cour cloîtrée avec quatre pavillons aux angles : dans le premier, la cloche frappée par un battant ou un marteau extérieur ; dans le second, le tambour, de grandeur démesurée, qui annonce les jours de la nouvelle lune et de la pleine lune ; dans les deux autres pavillons, des chambres pour ranger les ornements ou pour recevoir les pèlerins.
Le dieu tutélaire de la pagode, Poussah, un jeune enfant entre les bras, est assis sur une fleur de lotus, et domine, au milieu de la cour, l'autel central élevé sous une tour, elle-même couronnée par un dôme. Là sont suspendues les lampes qui brûlent perpétuelle ment, tandis que s'élèvent des nuages d'encens. Poussah compte aussi ses satellites ou sa cour de dieux inférieurs, rangés autour de lui comme des ministres présidés par leur souverain.
Viennent encore d'autres galeries, d'autres chambres, d'autres autels, des idoles rangées souvent sur les côtés du temple, ainsi que des chanoines dans leurs stalles. Les jardins et les bosquets grimpent sur la pente de la montagne ; dans ses cavités, on a pratiqué des retraites charmantes où les solitaires, à l'abri des chaleurs excessives du climat, vaquent, s'ils le veulent, à leurs méditations tempérées.