I. //= Epit. S. Paul à Timothée,chaç. iv
L'Empire du démon.
Universalité de l'empire du démon, multitude de ses sujets. — Le vrai souverain de la Chine. — Critique des faits rapportés. — Précautions pour passer entre deux écueils. — Témoins et historiens : les missionnaires, les chrétiens, les païens. — Lumières empruntées à la théologie et à la liturgie. — Doctrine de Bossuet. — L'Évangile recommence. — Caractère identique du démon, sa puissance plus grande au sein de l'inAdélité. — Phénomènes divers.
— Le démon obligé de confesser la vérité de la religion. — Puissance de l'eau bénite et du rosaire. — Puissance plus grande du baptême. — Aveux du démon. — La Bienheureuse Vierge Marie terrible à Satan. — Punition soudaine d'un chrétien qui rejette le scapulaire. — Possessions après un péché. — Après une participation au culte démoniaque. — Influence maligne de certains aliments. — Un plat de cliampignons. — Illusions. — Repas et voyages. — Kxplication plausible de plusieurs phénomènes. — Récils détacliés. — Récit du Père Hilt. — Marie la possédée. — Difficultés de la délivrance. — 'L.'Ave Maria. — Chants. — Le diable converti. — Ses aveux. — Sa pénitence. — Il demande la permission de partir. — Diable boiteux. — Triomphe de Notre- Dame de Lourdes en Chine. — Récit du Père Tschepe. — Possession de Fo-nié.
— Dialogues terribles. — Sarcasmes. — Lutte prolongée. — Victoire. — Récits du Père Clavelin. — Apostat puni. — Le démon se moque des bonzes. • — Simplicité de la foi. — Défaite des bonzes, ou une vaillante catéchumène.
— Craindre et détester, triste apanage des fils de Satan.
A Chine ! c'est réellement et par excellence l'empire du prince des ténèbres, du père du mensonge. Pour fasciner ses sujets, il leur donne les titres les plus pompeux, mais les plus vains. Son nom, c'est le céleste empire ; son ^^^m^^m& chef, c'est le Fils du ciel, dont aucun mortel ne devrait voir la divine face, parce que, dans toute l'étendue de la terre, il n'a pas son égal. A l'empereur seul il appartient de sacrifier au ciel et à la terre. Il divinise les humains et les fait prendre rang au milieu des immortels. Ce sont des protecteurs qu'il donne à son empire et des idoles à ses sujets. Il se met en
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relation avec ses ancêtres décédés, les consulte, les prie de perpétuer sa dynastie A son exemple, tous les mandarins en charge
doivent, deux fois, se rendre avec escorte à la pagode et se prosterner devant le dieu tutélaire.
€ Naturellement le peuple imite ses chefs. Dans les villes, dans les campagnes, les temples des idoles pullulent. Chaque hameau a son pagodin et chaque famille, son diablotin. Les enfants ont un Poussah attaché à leur bonnet ou suspendu à leur cou. Beaucoup de jeunes gens portent à l'oreille gauche ou au cou un ou deux anneaux, indices de leur dévotion à quelque divinité. Il me serait impossible de rapporter toutes les superstitions par lesquelles ce pauvre peuple, qui possède du reste tant de qualités, est enlacé dans les filets diaboliques. Oui, vraiment, c'est bien ici l'empire du démon ; il règne en souverain, il préside à tout, rien ne se fait sans lui, il gouverne l'empereur et le peuple '. »
Ces paroles autorisées, écrites par un témoin, sont la préface du chapitre qui commence. Elles en éclairent la marche en même temps qu'elles en démontrent la nécessité. Nos remarques sur la Chine seraient trop incomplètes, elles résumeraient mal la correspondance de nos missionnaires si elles se taisaient sur toute intervention diabolique, sur les ruses, les pièges, les victoires, et, grâce à Dieu, les défaites du capital ennemi de la mission. Ne pas écrire ce chapitre est donc impossible , mais l'écrire est chose difficile et délicate. C'est une raison décisive pour nous attacher filialement aux recommandations de notre Mère l'Eglise, laquelle, tout en établissant des exorcistes pour chasser les démons du corps des possédés, en les choisissant et en les consacrant pour cette fonction spéciale, les avertit toutefois de ne pas croire facilement au fait même, ou à tel fait particulier de possession \ D'ailleurs toutes nos précautions sont prises pour éviter, autant qu'il est en nous, deux périls
1. Corresp. de Jersey, année i8S6, pp. 368-369. Lettre du P. Gandar.