PAGODE DE LA GRANDE CT.OCHT
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— PAGODE DE TCHAN-T'aN-SSE.
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trois clKiii'.lclles, que ]<■ t'ai tait los prostrations comniaiuloes. l\é[)Oiuls tlonc à ma LienianJo : Coininciu se fait-il que les chrétiens n('croi"nt pas en toi, n'ont pas jiem'de toi, n'ont pas de respect pour loi ^ Ah ! je t't-n conjure, tais leur st-ntir ta puissance. » A peine avait-il cpicsiionue son iilulc, (pTil loniha renversé, privé de sentiment, et. eu uieme temps, il s(; mit à parler comme s'il se répondait à Itn-mème dt.; la part de son dieu; M isi,'-ral)le ' pourcpioi te mêler des affaires des chrétien > (pa ne te concerncnî. pas ? Tu oses parler de tes sacntices, ils Ile soMt qu'uîi préte.xte pour t^xlorfiuer les s:ipèques des pauvres .L;ens !
('il de\-ine I i:ttet d'-ce~^ [jar.iles. Xul n en tut aussi ellra\é tpie le second administrateur de l.i jûiL^ode : il crut a une méprise de son " pou.s-^ali '■ et l'imaïqua à [ici: prés daii-> les mém(.;s ti'rnies : •' Moi au.s>i. iailiruli' les trois ImIous, l'ai allumé k;s trois chantlelle-, ]'ai lait ma pro.-itr.ilion. ne sois j)lus se\are [jour moi comnu: tu le tus pe/i.r ton or:ule, niais dis mo; ijourtpaoï. dans le pa\ s soumis à ta iuriiliLtioii. les re\'enus >\c- [on autel ne; cessent die diminuer, I. uiélis que s'augmente lenomhre des chrétiens. >' — .\ l'instant MH'ine !(ius les dioi^ts Leinocrent des m liiis die l'idoli-, et la même \e:x s erc\e plus niéi^ris uUt' encore : ... .\nimal. i)our(pi(.)i le mcl('r Lie la relie;(in. c e,.st i.i reli;i:i;i \-i'ritalde. l,i reliL^ioii par excellence; ;^ard('-lei d.e lui .-lU^citei' e.es oi .slacle.-.. ••
S:neiilur(,:s paroles '... (dles eurent le sort ordinaire des ;^^râces dii\ines: ii-s l'ons s^- con\ ertirent. h-s méchants devinrent p.ires,
.S//-.'/'.,': /.à (/: /,i hoi. — L'ne \'iei :e leinnie se conxcrtil au christi.uasme : c était un \rai oiiier e,e p^i^ode (pu ^,iL;'nait sa pauvre \-ie en se louant a ! i ie!.irn'''e [ni' :r [M'ier d.e\-ani les idoles. ,\près :i\e!r rei'u le i.apienie cl toat animée par la i;race dui .Sacierneiit. (dli- rexcnait elle id!e. Cl:e-min faisant, elle passa devant la [jrineipale pa:^c>!e tlu pa\s nase lrou\iiil, pour lemomeiu, une toule de ienimes i)L(:a[jees a prua^ ei a cri'aa idlcT lui di-^aieiu. au soux'caiir de son ancien ir.élier. \ leii.-.. nier'-. \-;ens avec nous uuoqiua- l'idole ;
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KN CHINE.
et elles lui expliquaient l'urgence de leurs supplications. — Le diable s'était emparé d'un homme et de sa fille ; ses deux victimes étaient à toute extrémité ; les bonzes promettaient bien de les guérir : mais ils exigeaient qu'on leur versât trente mille sapèques. Pour trouver cette somme, on avait mis en vente les champs possédés par la famille, mais ils ne trouvaient pas d'acheteur. Émues de pitié, les voisines s'étaient réunies dans le temple espérant que leurs prières fléchiraient le démon. Notre baptisée répondit : Je suis chrétienne et ne puis plus participer à vos superstitions. — On la pria de s'expliquer sur celte religion nouvelle. Vous la connaîtrez mieux, reprit-elle, à ses effets ; allons toutes ensemble visiter les malades. Lorsque tout ce monde fut réuni dans la famille affligée, la vieille femme dit encore: «Je suis une nouvelle chrétienne et je ne sais pas grand'chose de la religion, je sais cependant que celui qui croit au Dieu du ciel n'a rien à craindre du démon. Puis se mettant à genoux, elle dit à haute voix : Je crois en Dieu ; J'espère en Dieu ; J'aime Dieu ; puis, prenant de l'eau bénite, elle en aspergea les deux malades qui se trouvèrent guéris à l'instant même. Cette puissance de l'eau bénite et de la prière des chrétiens frappa heureusement les témoins de cette double guérison, et plus de deux cents païens demandèrent às'instruire des vérités de la religion. Défaite des bonzes. — La vierge Catherine, récemment convertie, est aussi une intrépide chrétienne, elle fut également invitée à se joindre à des prières publiques faites dans le voisinage pendant toute la journée sous la direction de bonzes pour obtenir la guérison d'une jeune fille de quatorze ans. C'était l'unique enfant de la famille, conduite à sa dernière heure, disait-on, par la malveillance de l'esprit du foyer. Accepter simplement cette demande était impossible ; Catherine proposa donc à la pauvre mère de renvoyer ses bonzes et de renoncer à ses pratiques superstitieuses. Celle-ci objecta que trop de monde était invité et son repas préparé. Eh ! bien, soit, reprit la chrétienne qui avait son dessein, j'irai
CHAPITRK IV. — L'KMPIRE DU DÉMON.
prier chez vous. La maison de la malade offrait un curieux spectacle. Les bonzes au lutrin chantaient toutes les invocations prescrites au génie du foyer ; les vieilles femmes répétaient ces invocations en psalmodiant ou en marmottant. Les curieux, en grand nombre, regardaient, causaient, se moquaient ; ils paraissaient prendre part moins à une cérémonie religieuse qu'à une comédie Et c'était bien une comédie lugubre et risible. Catherine, s'étant fait expliquer le sens des prières, ajouta, non sans mettre en belle humeur toute l'assemblée : «Je crois que vos dieux sont un peu sourds, criez et priez plus fort, ou bien la pauvre petite va mourir. » Les invocations continuaient sur un ton plus élevé, puisque le démon ou le dieu entendait un peu haut. Et la vierge de stimuler l'ardeur en disant ironiquement : «plus fort, plus fort !... » Chacune de ces invitations était soulignée par les rires des spectateurs et leurs quolibets à l'adresse du pauvre diable qui avait besoind'un culte aussi bruyant. A la fin, le chef des bonzes, dépité, se tourne vers Catherine et lui dit : « Toi-même, guéris la malade, nous te cédons la place. » La chrétienne répond : « Non, non, bonzes, je ne l'entends pas ainsi ; restez ici et vous tous qui êtes présents : témoins de l'impuissance de vos superstitions dont vous convenez vous-mêmes, vous ne savez pas encore ce que valent les prières des chrétiens. » Et alors, en quelques mots rapides, elle explique les grands principes de la religion, la toute-puissance de Dieu, l'impuissance du démon ; puis, saisissant tous les objets superstitieux, elle les brûle et dit ensuite à genoux l'acte de foi et l'acte de contrition. Prenant alors de l'eau bénite, elle la jette sur la malade en faisant le signe de la croix. Dès qu'elle est touchée par l'eau salutaire, la jeune mourante, dont on n'attendait plus que le dernier soupir, revient à la vie, et, le soir même, elle avait retrouvé toute sa santé. La famille demanda le baptême, et les bonzes en se retirant dirent : « Nous sommes vaincus par un pouvoir plus grand que le nôtre. »
KN CHINK.
Volontiers on continuerait ces récits ; ils abondent sous la plume de nos missionnaires ; mais quel que soit leur intérêt, ils ne présentent plus le même profit à la curiosité des enfants de l'Eglise ; le démon n'y revient que sous des caractères déjà manifestés, et tous nous avons conclu, avec le P. Pingrenon après la narration de faits semblables : Aimer et croire, c'est le privilège des fidèles ; les païens ne savent que craindre et détester ; puis, ému de pitié à la vue et au souvenir de tant de misères, il redit sur le peuple de Chine les paroles de saint Augustin pleurant sa mère ' : Si quis est grandi charitate pro peccatis ?neis fleat ad te Patrem omnium fratrum Christi tui. S'il semble à quelqu'un que le peuple de Chine est très mauvais, qu'il ne le méprise pas, mais plutôt, ému d'une grande charité, il pleurera sur tant de péchés et il redoublera ses prières auprès de Dieu, le Père des Croyants, afin que ce grand peuple, assis jusqu'ici à l'ombre de la mort, entre enfin dans la voie du salut !...
En Chine comme en Europe, le diable est l'ennemi acharné du nom chrétien et le persécuteur de l'Eglise ; ses instruments les plus actifs et les plus redoutables sont les sectaires affiliés aux sociétés secrètes. C'est à lui, écrivait en décembre 1899 le P. Isoré, que se dévouent les malfaiteurs qui ont fomenté les derniers troubles et qui méditent la ruine de nos chrétientés. Ils lui offrent des sacrifices, ils lui disent des prières, au milieu de cérémonies mystérieuses, ils se consacrent à lui par des rites secrets. Les profanes sont naturellement exclus de ces assemblées. — Dernièrement ils ont réuni dans les environs de Tchao-kia-tchouang une sorte de convent. Afin de n'être ni surpris, ni trahis, eux-mêmes préparaient leurs aliments et pétrissaient leur farine. On dit que le démon se rend visible à ses adeptes soit pour recevoir leur adoration soit pour les animer à la guerre ; ceux-ci proclament les merveilleuses immunités que le diable leur a promises. Les balles rebondiront sur la
I. Corresp. de Laval. Lettre du P. Pingrenon datée du 4 août 1859.
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