LE P. EDEL
jeunes condisciples. Ils ont pour lui, non seulement de l'estime, mais de la vénération. Tous l'aiment comme on n'aime que les saints,
Lesplusjeuness'attachentparticulièrementànotre aveugle comme lui-même s'attache particulièrement à eux : ses préférences sont bien justifiées : « Ne sont-ils pas, dit-il, l'espoir de la mission ?» Aussi en prend-il soin comme d'une semence très précieuse. C'est plaisir de le
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EN CHINK.
voir aux heures de la récréation entouré de ces jeunes têtes, d'ordinaire espiègles et mutines, mais immobilisées quand il parle, quand il exhorte, quand il enseigne, et plus encore lorsqu'il raconte. Heureuse la bande qui l'obtient comme compagnon de lapromenade, et aura leprivilège de le guider sur les chemins tortueux des environs; par les plus beaux récits du monde, elle reçoit la récompense de sa charité. Plusieurs enfants païens, l'année précédente, grâce à ces exhortations appuyées par l'exempleduprédicateur.ont faitdegrands progrès en piété. Joseph a fondé au milieu de nos élèves deux congrégations : l'une de la Bienheureuse Vierge Marie, l'autre des Saints Anges ; sa pensée constante est que la Chine a deux besoins : le premier d'être engraissée par le sang des martyrs, le second d'être évangélisée par les Saints, mais par de grands saints, féconds en prodiges, et après leur mort, placés sur les autels... Aussi, le conseil le plus ordinaire qu'il donne à son jeune auditoire est de se faire canoniser. En d'autres occasions, fidèle encore à la tradition des saints et au souffle de l'Esprit sur les grandes âmes, il dispose ses congréganistes au martyre. « Surtout, leur dit-il, ne vous troublez pas devant les mandarins, et ne préparez pas à l'avance votre réponse. Lorsque vous serez devant eux, l'Esprit du Seigneur vous mettra dans la bouche ce que vous devrez dire. » Ne sont-ce là que de simples récréations ? il en est assurément de plus dangereuses pour l'âme et pour le corps, et il n'en est pas de plus efficaces pour enflammer le désir de la vertu.
Les enfants que notre Joseph édifiait ainsi sont ceux que la Mission élève pour en faire plus tard des catéchistes, et quelquefois, mais plus rarement, des prêtres et des religieux. Une telle institution occupe une place d'honneur entre les œuvres des missionnaires ; tous sont unanimes à reconnaître que ces auxiliaires indispensables tiennent entre leurs mains le sort de nos chrétientés. Telle est l'opinion que le R. P. Becker, Supérieur général de la mission en 1892, exprime dans une lettre adressée au F. Hamann, procureur
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CHAPITRK V. — L'ŒUVRK APOSTOLIQUE.
de la mission, et par lui à tous nos bienfaiteurs de France ; en la lisant, ils auront les notions les plus précises sur le travail apostolique et sur ses principaux instruments :
Mon bien cher Frère, P. C.
Nous ne cessons de recevoir des marques de la générosité de nos bienfaiteurs d'Europe ; notre mission est soutenue par leurs prières et par leurs aumônes. Il est juste que nous soyons empressés à leur témoigner notre gratitude : saint Ignace veut que ses enfants ne se bornent point à éprouver au fond du cœur les nobles sentiments de la reconnaissance religieuse, mais les expriment par des témoignages sensibles.
C'est dans ce but que nous vous adressons le tableau ci-joint, avec prière de l'envoyer comme hommage de respectueuse gratitude à nos généreux bienfaiteurs ; en le parcourant, ils pourront d'abord connaître quel est le chiffre du personnel de la Mission ; en second lieu, ils verront quels sont les principaux fruits obtenus dans l'année précédente ; en troisième lieu, quel est l'ensemble des œuvres établies.