LE P. IGNACE MANGIN
reur et un chartreux sont capables d'entrer à son école, mais ils n'y recevront pas le même enseignement. La preuve que la méthode des missionnaires est bonne, n'est autre que celle de Notre-Seigneur, indiquée dans l'Evangile î ses fruits sont excellents.
Pressés de toute part, assiégés par la vérité divine, les retraitants ont comme une manifestation nouvelle de la religion catholique. C'est le témoignage que leur rend le Père Ignace Mangin. —
« Jadis, disaient les retraitants au sortir des Exercices, nous croyions être chrétiens : c'était une erreur ; nous n'avions de ctirétiens que le nom. Aujourd'hui, nos yeux sont ouverts, et nous voyons de nouveaux horizons
Pour exprimer par une image sensible leur joie de s'être bien confessés et de s'être pleinement convertis, ils comparaient l'édifice spirituel aux différents genres de construction usités dans leur pays : « Se confesser en temps ordinaire, disaient-ils, c'est construire avec de la terre ; se confesser en temps de mission, c'est construire avec de la terre et des briques ; mais se confesser en temps de retraite, c'est construire tout en briques ! »
Puissent les Exercices enflammer le zèle, et les chrétiens en sortir comme d'un cénacle, assez fervents pour fondre les glaces du paganisme. Un pauvre chrétien bossu et bancal, en de bien simples paroles, disait au Père Gaudissart ses justes pensées sur la doctrine de la prédestination : « Voyez si les Chinois ne sont pas insensés! Les Pères sont venus d'Occident pour leur montrer la vérité, ils ont traversé les mers, ils ont passé les montagnes, ils ne craignent pas de mourir dans un pays étranger, et les Chinois ne veulent pas voir ; ils ont tous devant les yeux une paire de sapèques ^ »
Pour faire tomber ces écailles ou ces sapèques, la main et la parole de l'homme ne suffisent pas. A la grâce divine seule il appartient de donner à l'homme le pouvoir et le vouloir nécessaires pour la conversion : ita tit possit et velit. Les flots les plus abondants de cette grâce descendent du Sacré-Cœur de Jésus. Le R. Père Maquet le disait en jetant le regard du Supérieur et du Père sur l'ensemble des travaux après une année révolue. « Il est un fait que je constatais il y a quinze ans et que je constate encore aujourd'hui avec beaucoup de consolation, c'est que partout où la