‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 177 sur 284 · I. Corresp. de Jersey, mai 1S92, page · texte numérisé non relu

I. Corresp. de Jersey, mai 1S92, page

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Calamités et Difficultés.

Caractère différent des épreuves, les unes passent, les autres demeurent. — Les voleurs dans la mission du Tché-ly. S-E. — Voleurs de bonne maison et de bonne compagnie. — Le vol sur les fleuves. — Le vol patenté. — Le pavillon du grand royaume de France. — Un missionnaire détroussé. — Plainte au mandarin et l'effet qui suivit. — Facile victoire. — Autre aventure. — Les brigands se lèvent. — Les longs-cheveux entrent en campagne. — La terreur se répand. — Ruines, meurtres, incendies. — Le sac d'une grande ville. — Uimperaior ou le vicaire de Satan, sa nuit terrible. — Attaque de la Résidence. — Fuite nocturne. — Dispersion des bandes. — Fureur des paysans.

— Représailles. — Le typhus et la famine. — Années stériles. — Les champs abandonnés. — Les paysans émigrent en masse. — Scènes navrantes. — Morts de faim. — Pauvres qui n'ont plus même leur peau. — Enfant atrophié.

— 30 voleurs embarrassants. — Un cercueil économique et productif. — Décharnement d'un homme. — Insectes diaboliques arrêtés par l'eau bénite.

— Le ciel d'airain. — Sage jugement d'un mandarin entre voleur et volé.

— Munificence du gouverneur de Tien-Tsin. — Horrible incendie. — La colonie européenne. — Deuils répétés et douloureux. — Mgr Dubar. — Promenade du fleuve Jaune à travers 200 lieues. — Digues et travaux renversés.

— Tristes épaves. — La plante humaine très résistante en Chine. — Le pain chinois. — Opposition tenace des lettrés. — Le Baccalauréat presque inaccessible aux chrétiens. — Intervention officieuse du Consul. — Bons avis et raide parole du vice-roi. — La Chine en Europe — Elle écoute à nos portes.

— Logique irréfutable des Mandarins.

E chapitre que ces deux mots annoncent a sa place nécessaire dans l'histoire d'une œuvre et d'une mission catholique. Combien cette place est large ici! que d'épreuves, qOe de difficultés devant nos missionnaires : les unes qui passent mais qui se succèdent, les autres qui demeurent et s'aggravent; toutes effrayantes : les premières par leur violence, les secondes par leur durée. On comparerait justement les calamités à ces eaux furieuses qui se répandent soudain dans les plaines du Tché-ly S.-E. et les changent en une mer de désolation ; on

assimilerait les obstacles et les difficultés à un rocher qui, par sa seule masse, sans même se hérisser d'artillerie, arrête la marche d'une armée conquérante et paralyse ses efforts.

Dieu fait son œuvre dans la persécution et par la tempête — nos missionnaires ne l'ignorent pas — mais avec l' Église, ils demandent pour leurs travaux ces jours pacifiques plus utiles aux progrès de la religion que les jours de révolution et de guerre, les jours de peste et de famine. En lisant les pages qui racontent leurs épreuves ou qui découvrent les obstacles dressés sur leur chemin, nous dirons avec nos missionnaires et avec l'Église : Seigneur, à l'avenir délivrez votre mission du Tché-ly S.-E. de la guerre, de la famine et de la peste, de la foudre et de la tempête, de la colère et de la haine des hommes, de toute volonté perverse : A peste famé et

bello, a fulgui'e et tempestate ab ira et odio et onini ma/a

voluntate.

Parmi les hommes pervers, nos Pères ont trouvé de nombreux ennemis: les voleurs, les gens de police et les satellites des tribunaux, pires que les voleurs ; — les bandes et les armées de brigands, — les lettrés, plus redoutables à eux seuls par leur opposition savante et constante, que des légions de bandits.

Les voleurs, et en particulier certains voleurs, sont moins dangereux. Le P. Bataille les a rencontrés plusieurs fois : ce fut pour lui une occasion de les étudier '. On pourrait être plus malhonnête et surtout beaucoup moins poli. On est détroussé, il est vrai, mais on l'est suivant toutes les formes d'une étiquette raffinée. Le vol se fait sur les grands chemins et sur les fleuves, qui sont aussi des grands chemins. En 1896, quelques bandes pillaient les barques qui descendaient vers Tien-tsin ou en remontaient. Lorsque les voleurs surviennent, ils ne profèrent pas de menaces, ils ne brandissent pas leurs épées, ils n'effi-aient pas leurs

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