Letti'cs édif
2. 3. 4. Extraits des Lettres édifiantes, t. XX\'I. Lettre du P. Premare au P. Chaiset. - Lettre du P. de Tartre à ?iL de Tartre, son père.
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époque en évoquant devant elle ces souvenirs d'un passé lamentablement disparu. C'est le passé d'une France chrétienne, mettant un plein accord entre sa politique et sa croyance : ses missionnaires et ses marins étaient les serviteurs d'une même cause, et tous en avaient le sentiment.
De telles réflexions sont à leur place au milieu de ces récits qui racontent des traversées apostoliques. Les voyageurs dont nous suivons les traces regardent autre chose que la ligne des rivages qui s'enfuient, et leur première curiosité est de savoir pourquoi le nom de Notre-Seigneur n'est pas encore écrit, ou pourquoi il s'est eftacé sur le front des peuples de la Malaisie, des Indes et des mers de Chine ?... Bientôt l'interrogation sera plus précise et il faudra y répondre.
Nous laissons Ceylan, malgré la beauté de ses sites, l'incroyable fertilité de son sol, le plaisir de parcourir l'une ou l'autre de ses opulentes forêts au trot de deux petits bœufs qui n'ont rien de commun avec la race flamande ' ; au contraire vifs et mutins comme nos poneys. Ceylan, aujourd'hui, est pour nous une terre de famille. Par un acte récent du Saint-Siège, deux de ses diocèses furent confiés à la Compagnie de Jésus : le diocèse de Galle, aux Pères de la province de Belgique ; le diocèse de Trincomali, aux Pères de la province de Champagne.
Les îles de Malaisie retiennent peu les bateaux des messageries. A-t-on l'occasion de visiter l'une ou l'autre, l'on trouve exacte l'aimable description que le P. Bouvet, écrivant au XVI I^ siècle, nous a laissée d'Achen.
« Imaginez- vous une forêt de cocotiers, de bambous, d'ananas, de bananiers, au milieu de laquelle passe une assez belle rivière toute couverte de bateaux ; mettez dans cette forêt un nombre incroyable de maisons faites avec des cannes, des roseaux, des