VOITURE PARCOURANT LA VILLE POUR RECUEILLIR LES ENFANTS
AISANDONNÉS.
tombent point pendant le printemps, afin de protéger les arbrisseaux encore tendres ; de même les grandes crues d'eau ne permettent pas de pêcher dans les rivières, dans le moment du frai des poissons.
« Aussi, les illustres empereurs de la dynastie, prenant exemple sur le Ciel, ont-ils ordonné aux mandarins de fournir des nourrices aux enfants exposés, qui n'étaient plus vraiment orphelins, puisqu'ils avaient un père et une mère dans la personne du prince.
KN CHINE.
Cependant, on continue d'exposer les enfants, non seulement dans la ville où réside la Cour, mais encore dans les capitales des provinces, dans les pays de grand commerce, et jusque dans les lieux les moins fréquentés, et les plus humbles campagnes. Seulement, en ville les maisons étant plus ramassées, on y voit toujours un plus grand nombre de ces enfants. Quelques-uns, il est vrai, disent pour s'excuser qu'ils jettent leurs enfants dans le cours d'une rivière, et qu'ainsi on ne saurait leur reprocher leur cruauté, puisqu'ils n'entendent pas les cris de ces malheureux, et que d'ailleurs ils sont bientôt dérobés à leur vue par la rapidité des eaux ; mais, qu'ils réfléchissent donc que les tigres eux-mêmes, tout tigres qu'ils soient, comme le dit un de nos livres sacrés, ne déchirent pas leurs petits... J'espère donc que vous n'aurez pas moins de naturel que les animaux les plus féroces, et que vous me seconderez dans l'entreprise que j'ai conçue. Avant de vous l'exposer, je vous dirai encore, mon peuple, que la chair et le sang n'entrent pour rien dans ma résolution. Moi et ma famille, comme vous le savez, nous ne sommes pas de ce pays; il s'agit donc, non pas de sauver nos enfants, mais les vôtres...
« Quelle que soit l'excellence première des institutions, elles se corrompent par les abus qui ne tardent pas à s'y introduire. Ainsi, j'avais jadis ordonné de ramasser les restes des pauvres gens qui n'avaient pas de sépulture, et ceux des étrangers, de les enterrer décemment. Il avait même été question de proposer une récompense à ceux qui apporteraient une charge d'ossements. Mais non, j'ai fait réflexion que le désir du gain porterait les hommes sordides à déterrer les morts, à voler leurs ossements, à y mêler ceux des animaux, afin d'augmenter leur charge ; et, très loin de rendre par là aux défunts un devoir de piété, on serait cause, sans le vouloir, que leurs âmes pousseraient des cris lamentables.
J'ai donc pris toutes les mesures capables de prévenir les abus. Lorsque l'hôpital sera construit, derrière un grand portail et sur un