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CHAPITRE VIII. — MŒURS ET COUTUMES

mondices, prêts à être dévorés, ou à s'éteindre dans une terrible agonie, aujourd'hui ils ont trouvé des mères '. »

Un marin : Le célèbre Dumont d'Urville porte au chiffre absolument effrayant de 30.000, le nombre des enfants qui périraient chaque année dans la seule ville de Pékin.

Un soldat: Après l'expédition de Canton, en 1858, un soldat écrivait à sa mère : « Le premier jour de 1 attaque, on a trouvé contre la muraille deux grands paniers remplis de petits enfants d'un mois à peine. Chaque panier pouvait en contenir une quarantaine ^ »

L'autorité mandarinale tolère habituellement de semblables abus; quand elle les proscrit, d'une part elle constate leur universalité, de l'autre elle avoue sa propre impuissance. Récemment encore, en 1896, un édit paraissait dans la capitale du Kang-si. La pièce, laborieusement écrite, est intitulée^ : « Edit contre la coutume de nover les petites filles. » Le mandarin entré en possession de sa charge, a étudié les mœurs de la province dont il est le père et la mère, elles sont toutes vertueuses, sauf cet usage de noyer les enfants du sexe féminin. Plus heureux que ses prédécesseurs qui n'ont pu réussir à extirper cet abus, le nouveau mandarin en espère la destruction ; ses intentions sont bonnes, mais combien ses arguments sont faiblés ! il n'osa même invoquer les lois, qu'en interprétant leur silence. Enfin, il dit à son peuple : « Vous vous plaignez que les petites filles coûtent cher à nourrir, mais, dans les premiers mois, les mères ont du lait qui ne leur coûte rien, ensuite, elles peuvent céder ces enfants à des familles qui les achèteront volontiers pour les donner en mariage à leurs jeunes gens. Vous n'avez donc pas à craindre en leur laissant la vie, au contraire, vous auriez à craindre en leur

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