‹ En Chine au Tché-ly S.-E. [microform]Chapitre 237 sur 284 · Voyage autour du 7no)ide · texte numérisé non relu

Voyage autour du 7no)ide

2. Citations de M. l'abbé Constant, miss. apos. Prédication contemporaine ; sermons decirco7istancc. II.

3. Document traduit par le P. Adigaid, S.J. Etudes, no du 5 mai 1S97.

donnant la mort. Leurs âmes reviendront vous tourmenter, l'une ou l'autre entrera dans le corps d'un garçon qui tournera mal. » Le préfet ici fait allusion à une croyance superstitieuse ; d'après elle il est permis aux victimes de se venger en revenant dans la maison paternelle ; la petite assassinée donnera son âme au garçon qui aura, — suprême déshonneur ! — un esprit de fille et un corps d'homme !...

Si le mot de l'Ecriture est vrai d'un peuple aussi bien que d'un homme et que la bouche, pour l'un comme l'autre, donne la mesure du cœur, on plaindra les fonctionnaires chinois de dire de telles paroles, et on plaindra la multitude de les entendre. L'Église inspire d'autres sentiments aux nations qu'elle a baptisées, et elle leur tient d'autres discours.

La vie intime du Chinois, dans son cours ordinaire, n'offre pas de remarquables particularités. Tous ceux qui le connaissent sont d'accord pour admirer sa patience, sa sobriété, son instinct religieux au milieu des ruines religieuses, son respect pour les traditions, sa déférence pour un pouvoir absolu, mais en même temps, royal et paternel. Le champ ouvert à l'intelligence n'est pas très vaste, mais il est bien éclairé ; malgré les fables grossières qu'il accepte trop facilement, l'esprit public reste fidèle au bon sens, et la raison conserve sur lui un grand empire. Le Céleste se pique de politesse, et le plus grave défaut, à ses yeux, serait de pécher contre la courtoisie. Toutefois, les règles de la civilité ne sont pas les mêmes en Orient et en Occident. Par suite d'une opposition persévérante entre les usages, entre les manières de voir, telle interrogation qui serait très indiscrète en Europe, est tout à fait de bon ton au Céleste Empire. « Avant d'aborder les affaires, écrivait en avril 1899 ' le Comie Charles d'Ursel, on pose les questions les plus inattendues : « Etes-vous riche ? me demande-t-on. — Combien

I. Une mission à Pékin. RevJte des deux ynondes, i" avril 1899.

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